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Accueil  >  Encyclopédie  >  Santé / Prévention  >  Prévention en élevage félin  >  Principales maladies infectieuses  >  Les zoonoses et leur contrôle
23/09/2000
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Les zoonoses et leur contrôle


Les zoonoses ou anthropozoonoses sont des maladies communes à l'homme et à l'animal. Aucune d'entre elles ne représente actuellement un problème majeur dans les chatteries gérées selon les recommandations en cours mais il est important de connaître leur existence et d'apprécier le danger potentiel qu'elles représentent.

 La rage

C'est une encéphalomyélite virale mortelle affectant tous les animaux à sang chaud et l'homme : c'est l'une des zoonoses les plus redoutées dans le monde. Le chat peut être infecté à l'occasion de la morsure par un animal contaminé. La période d'incubation est d'une trentaine de jours. La mort survient en 3 à 6 jours. La maladie est "réputée légalement contagieuse" (soumise à déclaration obligatoire). La vaccination est obligatoire dans certaines circonstances.

La toxoplasmose

L'infection féline par ce parasite est fréquente, mais le chat ne développe qu'exceptionnellement une maladie. Le problème posé concerne la santé humaine : il est représenté par le risque que fait courir à une femme enceinte exempte d'anticorps la cohabitation avec un chat. Ce risque est bien maîtrisé par l'application des mesures sanitaires qui ont été édictées pour le contrôler.

La maladie d'Aujeszky

C'est une encéphalomyélite devenue très rare et évoluant sauf rares exceptions vers la mort en 48 heures chez le chat. La transmission à l'homme est exceptionnelle (10 cas répertoriés) et entraîne une maladie bénigne. Le fait de soustraire les chats du contact avec les porcs et de la consommation de viande et de viscères de porcs suffit à contrôler le risque.

La tuberculose

Maladie bactérienne de traduction clinique variée, la tuberculose est devenue rare. En raison d'un passage possible à l'homme, les animaux atteints doivent être euthanasiés.

La maladie des griffes du chat

Cette infection du chat est abusivement classée parfois parmi les zoonoses puisque si le chat est bien porteur d'un agent pathogène, il n'est pas lui-même malade. Les puces semblent jouer un rôle important dans le transfert de la bactérie responsable (Bartonella henselae) chez le chat. Le chat peut transmettre à l'homme cette bactérie par griffure. L'infection humaine est souvent asymptomatique mais elle peut se traduire par la forme classique (réaction et ulcération du ganglion desservant la région griffée) ou des formes plus graves mais rares.

La pasteurellose

Comme pour la maladie des griffes du chat, le chat est souvent porteur de la bactérie Pasteurella multocida, mais n'est pas malade. C'est à l'occasion d'une griffure ou d'une morsure que la contamination humaine se fait. Dans les heures qui suivent apparaît un gonflement et une douleur importante. Sans un traitement antibiotique rapide et adapté, des complications peuvent survenir.

Les teignes

Ce sont des mycoses cutanées très contagieuses provoquées par le développement de champignons (dermatophytes) dont le principal est Microsporum canis. Elles se traduisent chez le chat par des dépilations non prurigineuses. Les mesures de contrôle préconisent de traiter aussi l'environnement; elles doivent être appliquées avec rigueur et persévérance pour s'avérer efficaces.

La teigne (encore appelée dermatophytose) est une maladie infectieuse due au développement d'un champignon microscopique (un dermatophyte) à la surface de la peau, dans les poils et parfois dans les griffes. Cette affection est décrite chez la plupart des mammifères. Le chat est fréquemment infecté par un champignon dermatophyte appelé Microsporum canis. Les poils parasités sont littéralement rongés de l'intérieur; ils deviennent très fragiles et se cassent spontanément.

Les lésions de dépilation qui en résultent sont généralement bien circonscrites. Le plus souvent présentes sur la tête (sur le museau, sur le bord des oreilles), ces lésions s'étendent de façon centrifuge.

Elles peuvent guérir spontanément en quelques semaines, mais d'autres zones de dépilation sont susceptibles d'apparaître ailleurs. Pour les races à poils longs, la teigne peut simplement se traduire par une dépilation diffuse, certaines zones du corps apparaissant moins "touffues" que d'autres. Généralement, l'animal ne se gratte pas, mais il n'est pas rare d'observer des cas de teigne féline avec une forte inflammation de la peau.

La dermatite miliaire féline qui se traduit par l'apparition de papules et de croûtes sur le dos ou autour du cou peut également faire partie des signes cliniques. De façon beaucoup plus exceptionnelle et uniquement pour certaines lignées de chats persans, Microsporum canis est rendu responsable de la formation de nodules dermiques. Les lésions, qui peuvent atteindre la taille d'une noisette, ne sont pas douloureuses et sont localisées sur le dos ou à la base de la tête. Les chats atteints peuvent présenter par ailleurs des lésions classiques de teignes ou au contraire n'avoir aucun antécédent connu de dermatophytose.

Les teignes ont la particularité d'être très contagieuses. Ce sont les fragments de poils parasités qui assurent la contamination des animaux sains. Ces éléments infectants sont présents sur les animaux porteurs de lésions bien sûr mais aussi dans l'environnement. Un contact direct n'est donc pas indispensable et un chat peut très facilement se contaminer dans un environnement souillé; un tapis sur lequel un chat contaminé s'est couché quelques jours auparavant, un panier ayant servi au transport d'un animal contaminé, une brosse ou une tondeuse sont autant de sources de contamination. Les éléments infectants sont très résistants et l'on estime que Microsporum canis est capable de survivre plusieurs mois (une année peut être...) dans le milieu extérieur.

Une autre particularité des champignons agents des teignes est leur faible spécificité : Microsporum canis est retrouvé préférentiellement chez le chat, mais ce champignon est également rendu responsable de lésions de teigne chez le chien, le lapin, les rongeurs, les primates (y compris l'homme) et même les herbivores. Un chat contaminé représente donc un danger pour tous les animaux vivant avec lui mais aussi pour son propriétaire. Chez l'homme, le développement de Microsporum canis sur la peau glabre se traduit par l'apparition de lésions circulaires le plus souvent sur les avant-bras, le visage ou le cou. Contrairement à ce que l'on observe chez l'animal, l'inflammation et la démangeaison sont marquées.

Le diagnostic de la teigne du chat tient compte de l'aspect des lésions cutanées mais aussi de la mise en évidence d'une contagion aux autres animaux ou au propriétaire. Pour confirmation, d'autres examens peuvent être réalisés comme l'observation en lumière de Wood ou la mise en culture.

Le traitement des chats infectés nécessite l'administration d'un antifongique par voie orale (la griséofulvine ou le kétoconazole) et par voie locale (l'énilconazole, éventuellement la chlorhexidine à forte concentration). Le traitement doit être poursuivi pendant au moins 6 semaines. Les antifongiques administrés par voie orale ne sont pas dénués d'effets secondaires; leur toxicité pour les foetus rend ainsi leur utilisation impossible pendant la gestation. La tonte du chat peut être conseillée en préalable du traitement médical.

Les échecs thérapeutiques ou les rechutes ne doivent pas être attribués à une résistance du champignon vis-à-vis des antifongiques utilisés. En fait, les échecs sont souvent dus à une erreur de posologie : sous-dosage, rythme d'administration inapproprié ou arrêt prématuré du traitement. Une rechute est parfois liée à une désinfection insuffisante de l'environnement. L'utilisation régulière de l'aspirateur sur les tapis, les moquettes ou les coussins permet d'éliminer une bonne partie des spores de dermatophytes. Par ailleurs, il existe des spécialités vétérinaires, sous forme de solution ou de fumigation, adaptées au traitement de locaux très contaminés.

La guérison d'un seul animal ne pose pas de problème. En revanche, l'élimination de la teigne dans un élevage contaminé (notamment un élevage de chats persans) s'avère extrêmement difficile. L'attitude la plus pragmatique consiste à considérer que tous les animaux sont contaminés, qu'ils soient porteurs de lésions ou non. Le traitement local s'applique pour tous les chats alors que seuls ceux qui sont porteurs de lésions reçoivent en même temps un antifongique par voie orale. Pour vendre des chatons indemnes, il convient d'isoler les femelles gestantes avant la mise bas, de les tondre et de les traiter par voie locale. Après la mise bas, les mères sont traitées par voie orale. Les chatons une fois sevrés sont traités par voie orale et locale.

Les moyens de prévention de la teigne du chat sont assez limités. Un vaccin est actuellement disponible aux États-Unis, mais son efficacité fait encore l'objet de controverses... Pour éviter tout problème dans un élevage indemne, il convient de respecter les règles sanitaires habituelles lors de l'introduction d'un nouvel animal. Une culture mycologique de contrôle indique si le nouvel arrivant représente un danger. Une exposition féline, et de façon plus générale tout regroupement d'animaux d'origine diverse, doit également être considérée comme un risque de contamination. Un traitement local au retour dans l'élevage pourrait être conseillé pour tous les chats préalablement présentés en exposition.



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