La puce du chat (Ctenocephalides felis) est peu spécifique : elle peut prendre son repas de sang sur les mammifères les plus variés (le chat en premier lieu, mais aussi le chien bien sûr, des herbivores ou l'homme). Dans un nombre de cas non négligeables chez le chat, la présence de puces est très bien tolérée. Parfois, cependant, des signes de dermatite par allergie aux piqûres de puces (ou DAPP) apparaissent. Cette allergie se traduit surtout par une dermatite miliaire, autrement dit par l'apparition de multiples papules et de croûtes sur le dos et autour du cou. La peau prend un aspect sableux. L'animal se gratte continuellement et peut même se blesser avec ses griffes. L'irritation liée à la présence de puces induit pour certains animaux un comportement de toilettage et de léchage excessif ; il en résulte une perte de poils sur l'abdomen, les cuisses, les flancs ou la queue. Les puces ont aussi un rôle pathogène indirect : elles assurent la transmission d'un ver plat et de la bactérie responsable de la maladie de la griffe du chat.
Des études portant sur la biologie de la puce du chat ont permis de décrire de façon très précise son cycle de développement. La parfaite connaissance de ce cycle est un préalable indispensable pour une prévention efficace de l'infestation.
On sait aujourd'hui que nombre d'idées concernant la puce du chat sont fausses. La première de ces idées reçues est que la puce adulte est un parasite transitoire qui n'est présent sur le chat qu'au moment des repas sanguins. En fait, la puce adulte demeure toute sa vie sur le même animal. Seule une toute petite partie des puces présentes sur un chat passe sur les autres animaux domestiques à son contact. Le risque de contamination, à proximité d'autres animaux, dans la salle d'attente du vétérinaire ou en exposition, bien que très souvent invoqué, est donc presque nul.
Les puces adultes se reproduisent très rapidement et chaque femelle est capable de pondre jusqu'à 50 oeufs
par jour sur plusieurs semaines. Ces oeufs de couleur blanche et de forme ovale mesurent un demi-millimètre de longueur ; ils ne sont pas fixés sur l'animal, mais tombent sur le sol au gré des déplacements du chat. Dans des conditions de température et d'humidité favorables, les oeufs éclosent en quelques jours pour donner naissance à des larves vermiformes de quelques millimètres de longueur. Ces larves ne sont pas parasites ; elles se nourrissent dans le milieu extérieur de divers débris organiques, en particulier des déjections des puces adultes. Les larves s'orientent vers l'humidité, mais fuient la lumière. Au bout de quelques jours à un mois, chaque larve tisse un cocon dans lequel se déroule une métamorphose qui aboutit au stade adulte en une dizaine de jours. Si les conditions sont favorables, autrement dit si des animaux sont présents dans l'environnement, l'émergence des adultes est instantanée.
Dans le cas contraire, les puces adultes sont capables de survivre, protégées dans leur cocon pendant plusieurs mois. Ces adultes non émergés constituent une source importante de parasites immédiatement disponibles si un hôte passe à proximité. Ils sont relativement protégés de l'action des insecticides. Les puces nouvellement émergées recherchent activement un animal. En conclusion, il faut retenir que la puce adulte est un parasite permanent mais que les formes immatures vivent libres dans l'environnement, que le cycle de développement est très court (trois semaines sont souvent suffisantes), que le principal risque est représenté par les puces nouvellement érnergées et non par les puces déjà présentes sur un autre animal.