Le recours systématique à l'ocytocine (hormone stimulant les contractions utérines) libérée naturellement par la post-hypophyse est formellement déconseillé. En effet, l'usage inconsidéré de cette hormone en l'absence de tout diagnostic précis risque :
de provoquer des déchirures utérines si l'inertie est secondaire à un obstacle ;
de favoriser l'asphyxie de tous les chiots en attente par constriction prématurée des vaisseaux afférents du cordon ;
d'être complètement inefficace sur l'utérus qui présente naturellement une période réfractaire à l'ocytocine pendant les périodes de repos utérin (environ une demi-heure après chaque expulsion) et donc d'agir uniquement par ses effets secondaires (diarrhées notamment) ;
d'entraîner la mise au repos de la post-hypophyse perturbant par la suite l'excrétion lactée ;
de conduire à des éclampsies secondaires.
L'inertie utérine primaire (c'est-à-dire sans obstacles anatomiques) se rencontre fréquemment chez certaines chiennes prédisposées :
les chiennes de petit format (Yorkshires, Caniches nains, petits Lévriers) ou, au contraire, de race géante (Bullmastiff, Dogue de Bordeaux) ;
les femelles très calmes (Basset Hound) ou, à l'inverse, trop nerveuses (Cockers) lors du travail ;
les chiennes obèses ou âgées ;
les mères à portée nombreuse ;
Dans ces cas, l'apport de gluconate de calcium en perfusion, sous contrôle du rythme cardiaque, est généralement suffisant pour permettre une reprise des contractions utérines. Le massage des mamelles provoque par réflexe une décharge d'ocytocine endogène préférable à l'apport externe.