L'alimentation de la mère durant la gestation influe sur le poids de naissance et la viabilité des chatons. De la naissance au sevrage, l'alimentation du jeune se résume au lait maternel. Sa qualité et sa quantité sont donc des facteurs déterminants de la croissance et de la santé des chatons. Il faut considérer à la fois l'alimentation maternelle et l'alimentation du jeune.
La chatte qui allaite a des besoins très augmentés. Durant la gestation, la chatte a accumulé des réserves. Au début de la période d'allaitement, les réserves maternelles sont utilisées à la formation du lait. L'organisme maternel étant d'abord orienté vers la production de lait, si la chatte est sous-alimentée, elle commence par perdre du poids. L'effet suivant est une diminution de la quantité de lait produit. Une chatte nourrie à volonté durant la période de gestation et de lactation retrouve son poids initial (d'avant gestation) au moment du sevrage (6 à 7 semaines après la naissance des chatons). Lorsque la chatte ne reçoit que 50 % de ses besoins depuis 5 semaines avant la mise bas jusqu'à la fin de la lactation, elle perd jusqu'à 33 % de son poids initial. La conséquence de cette malnutrition maternelle est, en premier lieu, un manque d'attention envers les chatons, la chatte est plus irritable lorsqu'ils essaient de téter...
Cette altération du comportement maternel, ajouté à la malnutrition des jeunes par manque de lait, compromet l'avenir de la portée.
La malnutrition des jeunes, durant la période d'allaitement, peut avoir plusieurs causes : la malnutrition de la mère, nous venons de le voir, mais aussi une lactation très insuffisante (portée très nombreuse, mère produisant peu de lait) ou des tétées insuffisantes (mère ne laissant pas téter suffisamment, chatons trop nombreux, environnement stressant, pas assez calme ...).
Dans tous les cas, les chatons dépérissent rapidement. On observe une déshydratation, une hypoglycémie, une diminution de la température corporelle, puis la mort survient. Plusieurs phénomènes expliquent ce dépérissement très rapide :
Le foie du chaton n'est pas encore mature, il est donc dépendant d'une source de sucre extérieure, issue de la digestion du lactose qui fournit du glucose. Lors de sous-alimentation, l'hypoglycémie est inévitable et peut entraîner le coma.
Les reins du chaton sont immatures à la naissance. Le nouveau-né n'a donc pas encore la capacité de réguler les flux d'eau et de minéraux. Il lui faut par conséquent boire souvent de petites quantités. Tout facteur limitant la tétée l'expose à une déshydratation rapide.
Le jeune chaton, et a fortiori le nouveau-né, ne possède pas de réserves graisseuses permettant de lutter contre des températures trop basses, et est incapable de réguler sa température corporelle. L'ingestion régulière et suffisante de lait et les soins maternels pendant la tétée (léchage) et au nid (chaleur de la mère) sont autant de facteurs indispensables pour éviter l'hypothermie. La température rectale des chatons doit être surveillée, en particulier si leur poids stagne d'un jour à l'autre.