Quelques définitions
L'entretien sanitaire du bâtiment est une lutte permanente contre des ennemis (bactéries, virus, moisissures, parasites) menaçant les chats, l'aliment, l'eau de boisson ou les bâtiments eux-mêmes ; ces nuisibles sont transportés par des vecteurs (excréments, chaussures, vent, insectes, rongeurs...).
Il est possible de les combattre à l'aide de moyens physiques (chaleur, rayons UV, haute pression...) ou chimiques (détergents, désinfectants), préventifs ou curatifs.
Il existe, ce faisant, de nombreux moyens de barrer la route à la contamination.
Il n'est naturellement pas question de maintenir en permanence les structures stériles (absence totale de germes), mais seulement d'aboutir à un équilibre entre le microbisme ambiant de l'élevage et les capacités de défense des chats, en s'attachant à entretenir un milieu défavorable au développement des agents pathogènes.
Quand le milieu leur est favorable, les bactéries se fixent aux surfaces (facteurs d'adhésion) et se multiplient très rapidement (chaque bactérie se divisant en deux à chaque génération).
Le nettoyage consistera à désincruster les matières organiques à l'aide d'un détergent et d'"huile de coude".
Suivra alors l'étape de la désinfection visant à combattre le développement des germes restants (effet bactériostatique, virustatique...) ou à détruire la majorité des germes sensibles (effet bactéricide, virucide...).
Le simple fait d'omettre une séquence de nettoyage (repos du week-end, par exemple) peut permettre un développement dangereux de germes pathogènes.
Les principes de l'hygiène
La connaissance des principes suivants peut aider le lecteur à mieux appréhender l'hygiène de son élevage :
une surface lisse (lino, carrelage) est plus facile et plus économique à nettoyer et désinfecter qu'une surface rugueuse (bois...) ;
l'ensoleillement (UV), le froid, le chaud, l'assèchement... limitent la prolifération des bactéries.
On ne peut désinfecter que des surfaces propres (mieux vaut un bon nettoyage sans désinfection qu'une désinfection sans nettoyage). En effet, beaucoup de désinfectants perdent de leur efficacité en présence de matières organiques (excréments, souillures) qui hébergent et protègent les germes contre l'action du désinfectant.
L'emploi d'un produit mixte (détergent et désinfectant) limite les étapes mais diminue l'efficacité de l'hygiène. Il est préférable de procéder en 3 étapes distinctes : détergence, rinçage, désinfection.
Choisir des désinfectants homologués virucides par le ministère de l'Agriculture.
Il faut bien connaître leur spectre d'activité et leur mode d'emploi (temps de contact, température d'emploi...). À titre d'exemple, des produits comme les ammoniums quaternaires sont peu actifs en eau calcaire.
Ne jamais mélanger désinfectants, désodorisants et insecticides (risques d'inactivation).
Alterner les produits limite l'apparition de germes résistants.
La plupart des désinfectants sont plus actifs en eau chaude (même l'eau de Javel).
Les iodophores, actifs à faible température, font exception à cette règle et peuvent ainsi être utilisés dans les pédiluves.
Respecter le principe de la "marche en avant" : aller du "moins sale" au plus contaminé (quarantaine) ; le circuit de nettoyage débute par les bâtiments à risques (maternité) pour se terminer par les zones suspectes de contamination (quarantaine) en passant par les locaux hébergeant les adultes à l'entretien.