Parmi les facteurs influant sur la croissance et le développement du chaton, les facteurs intrinsèques sont dominés par la génétique (race, sexe, génotype des parents, mécanismes hormonaux eux-mêmes sous dépendance génétique) et les facteurs extrinsèques constitués par l'environnement au sens le plus large, représentés essentiellement par l'alimentation de la mère puis du jeune, modulée par les conditions sanitaires et sociales (conduite d'élevage, cadre de vie et qualités maternelles).
Les facteurs génétiques
Ils incluent la race, le sexe, les facteurs familiaux et les facteurs génétiques individuels.
La race : comme pour la plupart des espèces vivantes, plus la race est lourde, plus la vitesse de croissance est élevée.
Le sexe : plus ou moins net à la naissance, le dimorphisme sexuel s'accroît avec l'âge, les mâles devenant significativement plus lourds que les femelles entre 6 et 12 semaines d'âge. Le mâle présente ainsi un potentiel de croissance supérieur à la femelle mais apparaît plus tardif, sa croissance se prolonge de quelques semaines par rapport à celle des femelles. Les femelles peuvent avoir une vitesse de croissance plus élevée que les mâles durant la première semaine.
Les facteurs familiaux : le chaton reçoit initialement un matériel génétique issu pour moitié de sa mère et pour moitié de son père, le tout étant plus ou moins remanié. Les caractères familiaux peuvent donc, au sein d'une même race, amener des individus de corpulence, de format ou de type morphologique (phénotype) différents, utilisés largement dans la sélection.
Le poids de la mère : ce paramètre n'est pas indépendant de la race et des facteurs familiaux. Plus la mère est lourde (à la fois de grand format et en bon état corporel), plus la vitesse de croissance est élevée, cela étant expliqué en partie par les qualités laitières de la mère.
Les facteurs génétiques individuels
Le mélange des génotypes maternel et paternel aboutit à la formation d'un individu unique, ce qui amène, au sein aussi d'une même portée, à des variations individuelles, à la fois dans le développement squelettique et musculaire, mais également dans la vitesse de croissance. C'est ainsi que pour une meilleure estimation de la croissance du jeune, par rapport à ses ascendants directs, il est préférable d'utiliser la moyenne des mensurations des parents.
La participation des facteurs intrinsèques (génétiques) à divers paramètres concernant le nouvel individu peut être caractérisée par l'héritabilité. L'héritabilité d'un caractère représente le rapport de la variance de la génétique (héritage) sur la variance phénotypique (extériorisation individuelle). L'héritabilité est une valeur comprise entre 0 et 1. En d'autres termes, plus l'héritabilité d'un paramètre est grande, plus la génétique liée à ce paramètre est importante, comparée à la variation individuelle et à l'influence du milieu, donc plus il est prévisible. Malheureusement, ces valeurs n'ont pas encore été estimées dans l'espèce féline.
Les facteurs hormonaux
Après la naissance, certaines hormones dirigent la croissance, tel un chef d'orchestre dirigeant ses musiciens. Ces hormones étant synthétisées par le jeune, elles sont indirectement sous dépendance génétique.
Contrairement à ce que l'on observe dans l'espèce humaine, les troubles hormonaux endogènes venant perturber la croissance sont rares chez le chaton. Le diabète juvénile est plutôt marqué par des troubles métaboliques que par des troubles de la croissance. L'hypothyroïdie congénitale est très rare, le nanisme hypophysaire, exceptionnel. Enfin, les rares anomalies responsables d'une sécrétion anormale des hormones sexuelles semblent peu perturber la croissance chez le chaton. D'ailleurs, la castration précoce, si elle peut modifier le type de croissance, n'altère ni la croissance pondérale ni la croissance staturale, c'est-à-dire le format adulte définitif. En revanche, l'utilisation thérapeutique d'hormones chez le chaton peut perturber grandement l'équilibre endocrinien naturel, et donc modifier la croissance. Elle est donc à pratiquer avec grande prudence.
Hormones intervenant dans les mécanismes de croissance : définitions et rôles relatifs
Hormone de croissance : encore appelée hormone somatotrope, Growth hormone ou GH. Elle est synthétisée par l'hypophyse, sous l'influence de nombreux facteurs à la fois endogènes (stimulée ou inhibée par d'autres hormones, des neurotransmetteurs...) et exogènes (inhibée par le stress).
Les somatomédines ou Insulin Like Growth Factor ou IGF : ces hormones sont synthétisées à 90 % par le foie, sous le contrôle de l'hormone de croissance et, dans une moindre mesure, des autres hormones.
L'insuline : synthétisée par les cellules ß du pancréas, elle agit de manière indirecte en stimulant la synthèse d'autres hormones, et directement par ses effets sur le métabolisme.
Les hormones thyroïdiennes : hormones synthétisées par la glande thyroïde, elles agissent à la fois sur les autres hormones et directement en stimulant le métabolisme.
Les hormones sexuelles (testostérone, oestrogènes...) : leurs rôles sur la croissance sont biphasiques : à faible dose, elles la stimulent, à plus forte dose, elles la freinent. L'interaction entre la maturité sexuelle et la croissance est à noter.
Effet de la puberté sur la croissance staturale : l'augmentation des hormones sexuelles entraînant à court terme l'arrêt de la croissance, les facteurs retardant la puberté agissent indirectement sur la croissance.
Influence du stade de croissance sur l'apparition de la puberté : l'apparition de la maturité sexuelle dépend plus du stade de développement de l'individu que de son âge. L'augmentation de FSH (Follicule stimulating hormone), premier signe de la puberté, semble corrélée avec l'âge osseux et un poids corporel se situant à 60-65 % du poids adulte. La puberté chez la femelle ne survient que lorsqu'un poids minimal est atteint (par exemple, 2 kg 300 à 2 kg 500 chez la chatte de type européen).
Les corticoïdes : les glucocorticoïdes sont synthétisés par les glandes surrénales. Ils exercent des effets métaboliques et jouent un rôle complexe sur la croissance, stimulant les autres hormones à faible dose, et deviennent inhibiteurs à dose forte.