L'agression prédatrice est, en général, déclenchée par la faim. Le chien saute à pieds joints sur sa proie, queue et oreilles dressées, poils de la région dorso-lombaire hérissés, et laisse retomber sur elle ses deux antérieurs, puis il la saisit avec les mâchoires et la secoue vigoureusement, ce qui a pour effet de provoquer la fracture du rachis. L'agression prédatrice est décrite chez des chiens qui sont rassasiés. C'est le cas du chien qui rentre dans une basse-cour et tue toutes les volailles, ou du chien tueur de bétail. Ce sont des comportements physiologiques et il n'existe pas de moyens efficaces pour lutter contre ce type d'agression.
De temps à autre, des cas d'agression prédatrice ayant l'homme comme cible ont été rapportés. Ces actes de prédation sont le fait de chiens errants organisés en bandes. L'homme est alors considéré comme une proie car ces chiens n'ont pas été socialisés à celui-ci. Parfois, ce sont des chiens de compagnie qui vont avoir, en présence d'enfants qui ne marchent pas, ce type d'agression prédatrice. Il s'agit de chiens qui n'ont pas été mis en contact avec des enfants de cet âge.
L'agression par peur survient lors de situations d'où le chien ne parvient pas à se soustraire, et lorsque toute tentative de fuite est impossible. Il va alors agresser soit les autres chiens, soit l'homme, sans phase de menace. L'attaque est directe et imprévisible. Les blessures infligées sont violentes car il n'y a pas de contrôle de la morsure. La disparition d'une des phases (menace et apaisement) peut aussi résulter d'un apprentissage de type conditionnement opérant. Si l'on prend l'exemple de l'agression hiérarchique, on sait que les chiens vont présenter des épisodes agressifs lorsque certaines prérogatives de dominant vont être remises en question.
Au début, la séquence d'agression est complète et l'on a les trois phases. Puis, si les affrontements se répètent sans qu'il y ait de modifications dans la relation homme-chien, le chien, lui, va modifier progressivement sa séquence d'agression, et c'est précisément la fuite des maîtres après la morsure qui constitue alors l'élément renforçateur indispensable au développement du conditionnement opérant. La phase d'apaisement diminue, puis disparaît. La phase d'intimidation sera modifiée et quasi synchrone de la morsure. Puis elle aussi disparaîtra. Ce seront des morsures graves, non prévisibles. Le chien sera alors un animal dangereux.