Les tableaux de Philippe de Champaigne (les Pèlerins d'Emmaüs, 1602-1674) et de Charles Le Brun (le Sommeil de l'Enfant Jésus, 1655) introduisent des chats au premier plan de leur composition.
L'un des thèmes récurrents comportant un chat est celui de l'Annonciation. Souvent indifférent à cet événement majeur, le félin semble attiré par les forces du Mal. Le Tintoret devait partager cette ambivalence à l'égard du chat car, dans son Annonciation, celui-ci pose un regard malveillant.
Jérome Bosch lia également le chat de son Jardin des délices terrestres au Mal de l'Enfer, mais de façon très anecdotique et naturelle parce que c'était sous cette forme qu'il peignait le démon. Ce rôle maléfique apparaît fréquemment dans les représentations de la Sainte Famille, comme chez Baroccio (1563) ou dans Portrait de famille de Georg Pencz (1541), où le félin guette un chardonneret. Or cet oiseau passait pour aimer particulièrement les chardons, allusion à la couronne d'épines du Christ. En épiant l'oiseau, l'image du Christ rédempteur, le félin incarne le Mal menaçant le salut de l'humanité.
Chez de nombreux peintres, la représentation de la Sainte Famille montre également des chats, mais cette fois sans chardonneret : Léonard de Vinci, Giulio Romano, Vermeyen, Murillo, Rembrandt, Frans Floris de Vriendt.
En outre, le chat apparaît dans la vie du Christ à l'occasion de festins : les Noces de Cana de Giuseppe Mazzuoli, le Repas chez Lévi de Véronèse, ou, plus traditionnellement, à nouveau complice du Mal dans l'ultime repas, la Cène où il sommeille aux pieds de Judas.
L'affrontement chien-chat, allusion imagée au combat du Bien et du Mal, est repris dans plusieurs tableaux dont la Cène (1481), peinte dans la chapelle Sixtine par Cosimo Roselli.
La présence du chat dans les scènes ultérieures à la Résurrection symboliserait le Christ ressuscité, désormais éternel. D'après Valériano, l'animal incarnerait la lune et donc signifierait le commencement et la fin de toutes choses.
La vie de la vierge est aussi prétexte à de nombreuses intrusions de chats (la Visitation de Théodor van Loon).
Les peintres religieux ont, quant à eux, peu figuré les chats comme compagnon, à l'exception du chat présent dans la cellule de saint Jérôme.
Dans la thématique des Vanités, le chat a symbolisé le sens de la vue. À cette allégorie se sont ajoutées les métaphores de la beauté féminine et de l'amour terrestre (Allégorie de la Vue, 1616 de Jan Saenredam ; la Vue, 1666 de Barent Fabritius ; Portrait de jeune femme tenant un chat de Bacchiacca (1525) ; ou Vanité attribué à Pietr Wtewael).
Illustrant la fuite du temps, le thème du "coup de griffe" annonce la brièveté des plaisirs de ce monde (Enfants jouant avec un chat de Jan Miense Molenaer ; le Coup de patte du chat de Prud'hon ; Charité de Cornelis van Haarlem).
Parallèlement, un univers imaginaire issu du bestiaire médiéval donna naissance à des concerts parodiques d'animaux. Un engouement pour ce genre fut réel, surtout chez les peintres flamands : Concert de chats de David Teniers le Jeune, gravure de Jan Brueghel, où des chats remplacent les notes sur une partition musicale.
Durant l'époque baroque, Rembrandt ne peignit le chat que dans un seul tableau, le Ménage du menuisier.
Devenu animal familier, même chez les classes moyennes, le félin entre dans les compositions campagnardes de Jacques Callot, d'Abraham Bosse ou de David Téniers le Jeune (le Concert des chats). Quant au peintre Jordaens, il l'intègre à ses scènes de beuverie.
Gerard Terborch l'introduit également au sein de la Famille du rémouleur, et Vélasquez dans celle de ses Fileuses (vers 1657), et certains y verront le symbole de la liberté.
Dans la gravure de Pierre-Paul Prud'hon exposée au Salon de 1798, celui-ci dessine un gros chat aux pieds de sa Liberté foulant ses chaînes.