Les aliments sont constitués de trois types de molécules : les glucides, les protides et les lipides. La digestion de chacun d'eux met en jeu des mécanismes et des enzymes différents à des endroits distincts du tube digestif. Il est intéressant de noter à ce niveau les différences qui existent en relation avec le format du chien : ainsi, si le tube digestif d'un chien de petite race représente 7 % de son poids corporel, ce chiffre n'est que d'environ 3 % pour un chien de grande taille, rendant ce dernier globalement plus " fragile " au plan digestif.
L'estomac
Il est situé à gauche de la cavité abdominale, derrière le volet costal, et dépasse légèrement du sternum. Son volume est important par rapport à celui des intestins à cause du régime carné du chien. Cependant, lorsque le chien vient de manger, son volume augmente : totalement distendu, il peut occuper la moitié de la cavité abdominale. Dans l'estomac, les aliments subissent une digestion à la fois mécanique et chimique. Les contractions des tuniques musculaires permettent un brassage qui entraîne le mélange des aliments avec le suc gastrique. Une digestion chimique importante s'y déroule.
L'intestin grêle
Les digesta sont ensuite propulsés par le pylore dans le duodénum, première partie de l'intestin grêle. Cependant, l'intestin est fragile et la vidange gastrique ne s'effectue que lentement, contrôlée à la fois par le pylore et la portion initiale du duodénum.
Les glandes digestives
L'ensemble du bol digéré transite alors dans l'intestin grêle où il subit la poursuite de la digestion chimique par l'intermédiaire des sécrétions pancréatiques et hépatiques qui sont délivrées dans le duodénum par des conduits sécréteurs.
Le pancréas est un organe très allongé, en forme de " V " chez les carnivores. Cette glande est constituée d'un ensemble de cellules appelées acinis, qui fabriquent et déversent dans le canal pancréatique des enzymes digestives : c'est le suc pancréatique. Cette sécrétion ne s'effectue que lors des repas.
Les enzymes sont déversées sous forme inactive (sinon elles détruiraient les organes traversés !) et sont activées par des processus chimiques dans l'intestin. Ces enzymes sont ainsi des précurseurs de protéases, de lipases et d'amylases. Le suc pancréatique est par ailleurs constitué de bicarbonates qui permettent de neutraliser le contenu de l'intestin acidifié par l'estomac.
Le foie est un organe à multiples fonctions dont une digestive. Il se situe derrière le diaphragme, sur la droite. Les cellules du foie sont organisées en lobules hépatiques. La bile qu'elles sécrètent est guidée par les conduits biliaires. Ils rejoignent la vésicule biliaire dans laquelle la bile est stockée en dehors des repas. Ainsi, la sécrétion de bile est continue pendant toute la journée. Lorsque les digesta parviennent dans le duodénum, la vésicule se contracte et provoque la chasse biliaire.
La bile se retrouve ainsi en contact, dans le duodénum, avec les aliments prédigérés. Elle est constituée d'eau, de sels minéraux, de pigments biliaires et de sels biliaires. Les pigments biliaires n'ont aucune fonction dans la digestion (ce sont les produits de dégradation de l'hémoglobine) et sont en fait excrétés par le tube digestif. Les sels biliaires ont, eux, un rôle tout à fait fondamental dans la digestion des lipides.
La microfibre digestive
L'intestin du chien, comme celui de toute espèce animale, est peuplé d'une importante microflore, constituée de micro-organismes essentiellement bactériens, qui participe activement aux phénomènes de digestion. Cette flore intestinale est très sensible aux variations de la qualité de l'aliment (le chien est un carnivore), ce qui fait que, contrairement à l'homme (qui est omnivore), le chien ne peut changer d'aliment à chaque repas sous peine de destruction de la flore et de diarrhée.
Ce phénomène explique :
- la nécessité impérieuse d'une transition alimentaire sur huit jours lorsqu'on change d'aliment, - le fait que certaines bactéries lactiques, mélangées à l'aliment, montrent des vertus digestives très positives pour le chien (on parle de " probiotiques ").
La digestion des glucides
Les glucides sont présents dans l'alimentation sous plusieurs formes plus ou moins complexes. La molécule de base est appelée ose : glucose, fructose, par exemple. Les autres molécules sont un enchaînement de ces oses. L'amidon est ainsi une énorme molécule constituée d'une grande quantité de molécules de glucose.
La digestion des glucides permet de simplifier les grandes molécules afin de faciliter leur absorption. Des enzymes participent à cette réaction chimique : ce sont les amylases fabriquées par les glandes salivaires (en petite quantité) et par le pancréas. La simplification des glucides s'effectue donc en grande majorité dans l'intestin grêle.
La digestion des lipides
Les produits de la digestion des lipides sont les triglycérides. Ces molécules sont digérées grâce à la lipase pancréatique (enzyme spécifique des lipides) et aux sels biliaires du foie. Ces derniers forment une émulsion avec les triglycérides, ce qui augmente le contact avec les lipases. Celles-ci hydrolysent partiellement les lipides pour donner naissance à des micro-gouttelettes lipidiques appelées micelles.
La digestion des protides
Les protides sont des enchaînements plus ou moins importants d'acides aminés. Seuls ces derniers peuvent être absorbés : des enzymes dans des conditions particulières permettent de simplifier des molécules.
Dans l'estomac, l'acidité et les protéases (enzymes spécifiques des protides) du suc gastrique débutent la digestion des protides. Elle se poursuit dans l'intestin grâce aux protéases pancréatiques.