Biologie du parasite
La giardiose (ou lambliose) est une maladie parasitaire commune à de nombreuses espèces de mammifères dont l'homme et le chien. Elle est due à un parasite unicellulaire flagellé de l'intestin grêle : Giardia duodenalis ou intestinalis, encore appelé Lamblia sp. La giardiose est une maladie commune sur tout le territoire français, qui persiste à l'état endémique dans les zones les plus humides.
Le chien se contamine en ingérant des oeufs qui survivent dans le milieu extérieur, sous une forme enkystée. Les kystes étant sensibles à la dessiccation, ils sont surtout présents dans les endroits humides (jardins potagers). Ils peuvent alors résister plusieurs semaines dans le milieu extérieur : 2 mois à 8°C, 1 mois à 1°C, 4 jours à 37°C.
Une fois ingérés par l'hôte, les oeufs donnent naissance à des parasites qui adhèrent en tapis à la surface des portions antérieures de l'intestin grêle. Ils provoquent une irritation de la muqueuse, et perturbent la digestion et l'absorption des nutriments. Une semaine après la contamination, des oeufs commencent à être émis de façon intermittente dans le milieu extérieur qu'ils contaminent. La dissémination du parasite se fait par :
- les animaux ou les hommes porteurs sains c'est-à-dire ne présentant pas de symptômes particuliers, - les vecteurs passifs (bottes de l'éleveur, pelage des chiens), - et surtout par l'eau ou les aliments souillés par des matières fécales.
Diagnostic de giardiose
Signes cliniques de la giardiose en élevage
Du sevrage à l'âge de 2 ans environ, la giardiose provoque des troubles digestifs semblables à ceux observés lors d'insuffisance pancréatique exocrine (IPE) :
- augmentation du volume et de la fréquence des défécations, - selles décolorées, d'aspect luisant, gras et mastic, - odeur aigrelette des selles (pH souvent inférieur à 6), - amaigrissement malgré augmentation de l'appétit et de la soif.
A la différence de l'IPE, ces symptômes ne s'observent cependant que par intermittence (alternance de périodes de diarrhées et de rémission), prennent une allure pseudo-contagieuse et surtout peuvent affecter également l'éleveur et sa famille (zoonose). L'état général des chiens n'est pas gravement atteint.
Mise en évidence du parasite
Les formes actives de Gi
ardia sont difficiles à trouver dans les selles, hormis lors d'un examen direct de selles fraîches (scotch-test sur l'anus). En revanche, il est plus facile de mettre en évidence les kystes de Giardia, à condition de réaliser une analyse coproscopique collective en mélangeant les selles de plusieurs chiens suspects.
Traitement médical
Le métronidazole (Flagyl NDH, Rozex NDH, Stomorgyl NDV), a longtemps été utilisé pour le traitement de la giardiose. Cette molécule est cependant aujourd'hui délaissée, au profit d'autres plus efficaces, mieux tolérées et moins coûteuses.
L'albendazole (Valbazen ovins NDV, Zentel NDH), faiblement absorbé par l'intestin, est efficace contre les Giardia à la posologie de 25 mg / kg pendant 2 jours consécutifs. Cette molécule s'est avérée 50 fois plus efficace que le métronidazole dans le traitement de la giardiose humaine.
Le fenbendazole (Panacur 250 Chiens NDV) est tout aussi efficace, à la posologie préconisée par le laboratoire lors de traitement anthelminthique classique, soit 25 mg / kg deux fois par jour pendant 3 jours consécutifs.
En pratique, lors de giardiose confirmée dans un élevage, il est conseillé de traiter tous les chiens sauf les chiennes gestantes.
Prophylaxie sanitaire
Pour que le traitement médical soit efficace, il faut traiter l'environnement et les vecteurs potentiels.
Les cages seront nettoyées à l'aide d'un détergent (type HD3 NDV) puis rincées à l'eau bouillante et désinfectées aux ammoniums quaternaires (ex : TH4+ NDV) pendant au minimum 3 jours. (L'eau de Javel s'avère peu active sur les kystes de Giardia ainsi d'ailleurs que sur les ookystes de coccidies). On veillera particulièrement à l'hygiène de l'eau : les gamelles seront placées en hauteur pour interdire toute contamination fécale pendant la période de traitement.
En début et en fin de traitement, les chiens susceptibles de porter des kystes dans leur pelage seront toilettés à l'aide d'un shampooing, et rincés avec de l'eau additionnée de Stéricide NDV (15 ml / 5l d'eau) et séchés à l'air chaud.
Conclusion
Une semaine de vigilance (et de surcroît de travail pour l'éleveur) suffit généralement pour s'affranchir de cette protozoose. Les échecs de traitement sont souvent liés à une recontamination par omission d'un maillon du cycle parasitaire.