La zone de neutralité thermique ou d'homéothermie correspond à l'intervalle de températures où le chien dépense le moins d'énergie pour maintenir sa température interne constante (soit 38 à 39 °C chez le chien). Pour le chien, cette zone s'étend entre 10 et 20 °C suivant les races. Les variations tiennent compte de la diversité des pelages rencontrés. Dès que l'on passe en-dessous de cette zone de neutralité thermique, le besoin énergétique du chien augmente.
Evolution des besoins énergétiques avec la baisse de la température
(d'après Blaza, Decombaz, Hill, Hinchliff)
Notons d'emblée que les petits chiens sont ceux qui dépensent le plus d'énergie pour lutter contre le froid : ce sont en effet eux qui ont la surface corporelle la plus élevée par rapport à leur poids. Ils consomment proportionnellement plus d'énergie que les grands chiens pour leur thermorégulation.
Mécanismes de la thermorégulation
Pour lutter contre le froid, les chiens disposent de plusieurs mécanismes physiologiques, qui visent d'une part à diminuer les pertes caloriques, d'autre part à produire de l'énergie.
Diminution des pertes
Adaptation du pelage
Le pelage d'hiver est plus long et plus dense que le pelage d'été, surtout chez les chiens vivant à l'extérieur. Lors de froids intenses, le pelage se hérisse, ce qui emprisonne une couche d'air isolante.
Dépôt de tissu adipeux
Il constitue une couche isolante au niveau sous-cutané.
Vasoconstriction des vaisseaux
Elle diminue le débit sanguin au niveau de la peau et ainsi les pertes d'énergie.
Modifications comportementales
Le chien se met "en boule ", afin de protéger les parties sensibles et de minimiser la surface exposée. En chenil, les chiens se regroupent.
Production d'énergie
Déclenchement de frissons
Lorsque la température diminue, ces contractions musculaires contribuent à produire de la chaleur.
L'activité physique
75 % de l'énergie consommée au travail se dissipe sous forme de chaleur. La chaleur produite par l'effort musculaire vient donc en déduction du besoin énergétique requis pour la régulation thermique.
L'utilisation des réserves de matières grasses
Pour renouveler ces réserves, le chien doit manger un aliment plus concentré en énergie.
Intérêt d'un régime riche en matières grasses pour lutter contre le froid
Les acides gras sont le principal substrat énergétique pour reconstituer les réserves stockées dans le tissu adipeux. Le rendement d'utilisation est intéressant puisqu'aucune transformation chimique n'est nécessaire. C'est pourquoi les régimes riches en matières grasses sont reconnus pour être les plus efficaces dans la lutte contre le froid.
Ce type d'aliment est particulièrement recommandé pour les chiens devant affronter des températures froides, même s'ils n'ont pas d'activité physique intense. Surtout :
les chiens à poils ras (ex : braques) ;
les chiens en chenil qui ont souvent à affronter : froid + humidité + courants d'air, 3 facteurs qui maximisent les pertes caloriques.
Conseils pratiques
En hiver, 2 repas par jour sont mieux qu'un seul : l'approvisionnement énergétique de l'organisme est ainsi plus régulier. A ne pas oublier non plus : abreuver les chiens de manière fréquente (attention aux abreuvoirs gelés !). Contrairement à une idée fausse, la déshydratation menace aussi les chiens l'hiver : l'air est souvent sec et le froid stimule l'élimination urinaire.