Le diabète est un trouble du métabolisme du glucose dû à une sécrétion et/ou à une activité insuffisantes de l'insuline. L'un des rôles de cette hormone est en effet de permettre l'utilisation du glucose par les cellules. Il existe deux formes principales de diabète :
- le diabète insulino-dépendant (DID), caractérisé par une déficience absolue en insuline. On doit alors injecter tous les jours de l'insuline au chien. Dans cette forme de diabète, le chien est souvent maigre, bien que mangeant beaucoup ;- le diabète non-insulino-dépendant (DNID) : l'insuline est sécrétée, mais en vain, car les cellules sont insensibles à son action. Ce diabète est très fréquemment associé à un état d'obésité : le risque de diabète est multiplié par 10 chez les chiens obèses.
Le diabète est rarement réversible : les mesures diététiques conseillées ci-dessous visent à stabiliser l'état diabétique et à assurer au chien une bonne qualité de vie.
Apport glucidique
Dans tous les cas, il faut proscrire les sucres dits "rapides" : toute friandise sucrée est donc exclue. En revanche, les sucres "lents" sont les bienvenus : l'amidon des céréales, extrudé ou surtout floconné, est digéré lentement, ce qui évite le danger de l'apparition brutale d'un pic de glucose dans le sang après le repas. L'amidon peut représenter entre 40 et 50 % de l'aliment sans problème.
Les aliments semi-humides sont formellement déconseillés car ils contiennent souvent beaucoup de sucres rapides qui aident à la conservation du produit.
L'aliment d'un chien diabétique doit contenir une proportion importante de glucides indigestibles, les fibres alimentaires. Celles-ci ont pour avantages de :
- ralentir la vidange de l'estomac et des processus de digestion de l'amidon,- favoriser le sentiment de satiété chez le chien toujours affamé (DID),- limiter l'ingéré énergétique, donc favoriser l'amaigrissement (DNID).
Apport lipidique
Le déficit en insuline a aussi pour conséquence une accumulation anormale d'acides gras dans le sang (hyperlipidémie). Le niveau de matières grasses de la ration ne doit donc pas être trop élevé. Lorsque le chien souffre d'un excès de poids, (DNID), le niveau de matières grasses sera encore plus réduit. Suivant les cas, ce niveau oscillera entre 6 et 12 % de l'aliment.
Apport protéique
L'apport protéique ne doit pas être restreint chez un chien diabétique, sous peine de voir s'aggraver la fonte musculaire accompagnant l'amaigrissement dans les formes graves de diabète.
Modalités pratiques d'alimentation
Chez un chien diabétique, le rythme d'alimentation compte autant que la composition de l'aliment lui-même. Il faut respecter des horaires les plus réguliers possibles dans la distribution des repas.
Diabète non-insulino-dépendant
Pour éviter les pics hyperglycémiques, la prise alimentaire sera étalée dans la journée : 3 ou 4 repas toutes les 6 à 8 heures. Le rationnement doit être sévère : en cas d'obésité, le chien recevra 60 à 80 % de ce qu'il recevrait s'il avait son poids normal.
Diabète insulino-dépendant
Le rythme des repas dépend ici de la fréquence des injections d'insuline.
- Avec une insuline retard qui n'exige qu'une injection par jour, la ration sera divisée en 2 : la moitié peu après l'injection, le reste 10 à 12 heures après.- Avec une insuline semi-lente (1 injection toutes les 12 h), une demi-ration quotidienne sera distribuée juste près chaque injection.
Qu'il s'agisse d'un diabète insulino-dépendant ou non, le régime à prescrire dépend de l'état d'embonpoint du chien.