La cynotechnie française a ceci de particulier qu'elle est composée de deux volets de sélection d'une égale valeur : la conformité au standard et l'utilisation.
Dans le premier cas, les chiens sont jugés sur leurs qualités morphologiques, leur apparence par rapport à la description idéale de la race donnée par le standard. Dans le second cas, les chiens sont sélectionnés d'après leur aptitude à démonter les qualités d'utilisation propres à leur race. Les juges de la Société Centrale Canine ont une importance majeure dans ce processus. Le juge d'exposition " sanctionne [...] le résultat d'une sélection et par son verdict, il devra orienter favorablement l'évolution de la race ". Le juge d'utilisation " a un rôle analogue à celui du juge d'exposition en matière de sélection des races. Par son jugement, il sanctionne les qualités de travail et de comportement du chien, que les différentes épreuves ont pour but de mettre en évidence.
Les juges ont un rôle essentiel à jouer, correspondant à leur éthique et à leur formation. Le nouveau règlement des juges de la SCC reprend globalement les principes du précédent en insistant particulièrement sur l'éthique des juges :
" Les fonctions de juges sont bénévoles...", et les qualités requises sont : " simplicité, courtoisie, équité et courage. ", stipule l'article12, tant il est vrai qu'il faut parfois du courage pour résister aux pressions plus ou moins explicites de certains exposants.
Pour être respecté, il faut respecter les autres, avoir l'esprit de corps et " s'interdire toutes critiques et réflexions publiques désobligeantes sur les jugements d'autres juges [...] ; un juge de la race examinée ne peut en aucun cas et quelle que soit sa fonction présente, pénétrer dans un ring sauf s'il est organisateur ", article 12.
Le juge est porteur de l'image de marque de l'institution cynophile qu'il doit véhiculer aussi bien dans son comportement que dans son apparence et le règlement insiste sur la tenue vestimentaire qui doit être correcte. Ce n'est pas un détail. Les exposants, éleveurs et visiteurs, viennent chercher un avis d'expert. Le juge est en représentation et il doit soigner son image.
Un autre aspect important de l'éthique du juge est de dissocier sa fonction bénévole de " toutes activités commerciales liées à la revente de chiens ou d'accessoires, ou à la présentation rémunérée de chiens en exposition [...] qu'elles soient pratiquées par lui, ou quelqu'un vivant sous son toit, de même que les activités professionnelles, d'élevage de chiens, et de prestations de service (dresseur, éducateur, pension, toiletteur handler et présentateur, etc.)... ", article 20.
Pour assurer ses fonctions, le juge doit pouvoir bénéficier d'une formation solide en étroite collaboration avec les instances cynophiles et donc les associations de races : " L'association de race doit donc être spécialement vigilante dans la désignation de ses futurs juges, notamment pour une première nomination ", article 19.
Des outils nouveaux sont mis à la disposition du futur juge pour le suivre dans son cursus " un livret de candidat juge avec feuilles détachables et souches suivra le candidat-juge dans toutes ses étapes de formation jusqu'à la fin des ses stages ". Ce livret comprend 4 liasses de tryptiques concernant :- les secrétariats de rings (5 tryptiques),- les assessorats (8 tryptiques),- les jugements parallèles (3 tryptiques),- les jugements de stagiaires (4 tryptiques), article 20.
Le nouveau règlement met l'accent sur :- l'importance de l'examen de l'association de race qui est passé après les 4 secrétariats de ring, article 25.- le stage en E.N.V,- les assessorats,- les jugements parallèles,- les nominations de juges de groupes.
Ainsi, l'ensemble du cursus est détaillé pour souligner l'importance du respect de la procédure.
Le règlement de janvier 2000 reprend la définition de la confirmation et souligne son rôle : " La confirmation est une opération strictement définie par les textes réglementaires qu'il est INTERDIT de transgresser.
Elle n'est pas une opération de sélection mais un constat technique autorisant le droit à la reproduction de tout chien répondant aux critères d'identité de la race (type), aux exigences du comportement social (agressivité, sociabilité) et dépourvu des particularités indésirables que l'association de race a défini avec l'accord obligatoire de la Commission zootechnique de la SCC. Les points de non-confirmation sont publics et non limitatifs ", article 39. Sont ensuite repris les rôles et devoirs de l'expert-confirmateur.
Le nouveau règlement reprend les termes du précédent pour insister sur l'importance de la sélection par l'utilisation.
" Les juges d'épreuves d'utilisation ont un rôle analogue à celui des juges d'exposition en matière de sélection des races. [...] L'aptitude au travail est le complément indispensable de la conformité au standard des races concernées ", article 49
Le règlement de janvier 2000 ne contredit pas l'ancien règlement, mais il le renforce dans son souci de recherche de compétence et d'éthique. Une seule phrase peut résumer l'esprit dans lequel il a été rédigé.
" Le juge est le maître d'oeuvre dont la cynophilie française a besoin pour atteindre son but datant de 1882, à savoir : L'AMELIORATION DES RACES DE CHIENS EN FRANCE. "