La Société Centrale Canine vient de publier les statistiques de son Livre des origines français. Avec 163 336 inscriptions et une forte croissance des « grosses races », 2001 établit un record historique !
Alors que les sondages confirment une diminution de la population canine, le chien de race marque des points dans un contexte législatif contraignant !
Contrairement à ce que prédisaient de nombreux spécialistes de la « chose canine », le chien de race se porte bien. Très bien même, si l’on examine les chiffres publiés par la Société Centrale Canine. Rappelons que cette fédération contrôle depuis 1885, l’unique livre généalogique de l’espèce canine reconnu d’utilité publique. Avec plus de 160 000 inscriptions au LOF en 2001, la SCC peut savourer un record historique depuis sa création. Un résultat d’autant plus curieux que dans la plupart des pays de l’union européenne le chien de race affiche une baisse – Espagne, Italie – ou une chute libre comme en Allemagne. Alors, que se passe-t-il en France ? Sans aucun doute, la législation qui stipule qu’un chien de race est obligatoirement inscrit à un livre des origines reconnu a favorisé le « chiot avec papiers ». En parallèle, les implications de la loi de janvier 1999 (qui concerne tout particulièrement le Rottweiler et l’American Staffordshire Terrier) ont incité les acquéreurs à se tourner vers le chien inscrit, et à ne plus se précipiter sur la première portée de chiots de « type » Rottweiler ou Am Staff. D’autant que pour ce dernier, un chien non inscrit se retrouve de facto en première catégorie…
Le tableau ci-dessus permet de comparer quatre années distinctes sur une période de sept ans. Soit, le Berger Allemand est toujours premier, le Labrador ne parvient pas à le détrôner et ces deux races se maintiennent en tête des naissances de chiens de races en France. Mais n’oublions pas ceux qui suivent : le Golden Retriever, en pleine ascension, et qui s’offre le luxe de ravir la troisième place du podium au Rottweiler. Précisons que ce retriever est également la troisième race la plus demandée au Bureau d’Informations Chiots de la Centrale… devant le Labrador.
Le Rottweiler, dont les effectifs chutent à peu près partout dans le monde, continue de croître en France. La législation sur les chiens « dits dangereux », (rappelons qu’il est classé en 2ème catégorie et que les maîtres sont soumis à certaines règles contraignantes dont la déclaration en Mairie et l’obligation de museler leur Rottweiler lors d’une promenade, …) n’a pas, à priori, représenté un frein à son expansion. Chez les chasseurs, un Britannique, le Setter Anglais et un continental, l’Epagneul Breton, affichent des naissances record ! D’après les statistiques les concernant, plus de 80% des chiots inscrits dans ces deux races sont destinés au « travail » puisqu’ils sont achetés par des chasseurs. A l’opposé de la baisse continuelle du roi des Bergers, l’Allemand, le « Belge » affiche une excellente année 2001, grâce, il est vrai, à l’extrême popularité de la variété à poil court, le Malinois. Ce n’est qu’à la huitième place que nous trouvons, enfin, un mini de la compagnie, le Yorkshire. Ce n°1 des Terriers se trouve loin devant le clan des Ecossais (le Westie à la 14ème place, le Cairn à la 26ème place et le Scottish à la 47ème !). Toujours dans ce groupe des Terriers, le Fox (27ème) et le Jack (28ème) sont au coude à coude. A ce rythme, le Jack se retrouvera certainement dans le top 15 du LOF d’ici deux ans.
Ce tableau comparatif permet de retrouver de vieilles connaissances. A l’exemple du Cocker Spaniel – qui était à la deuxième place des naissances en 1970 derrière le Berger Allemand avant de s’effondrer dans les années 80. Depuis, il s’est refait une santé, remontant doucement mais sûrement. A ce rythme, il doit normalement se hisser dans le Top 10. Autre remontée spectaculaire depuis une dizaine d’années, celle du Dogue Allemand, l’Apollon de l’espèce. Dans les années 80 où « tout et n’importe quoi se vendait sous l’étiquette Danois », le Dogue Allemand avait vu ses effectifs fondre. C’était sans compter sur la perspicacité et l’implication des amateurs et des éleveurs. Résultat, depuis cinq ans, ses effectifs progressent et l’acquisition d’un Dogue n’est plus un sacerdoce. Autre géant, le Saint-Bernard, qui est tout en bas du tableau, a doublé ses naissances en 7 ans. Aujourd’hui, il est devant le Montagne des Pyrénées et a des chances de rejoindre le niveau d’un autre géant allemand, le Leonberg. Autre race qui brille par sa stabilité exemplaire depuis près de 20 ans, le Beauceron qui compte quatre fois plus de naissances que son cousin, le Briard (42ème place). Ce dernier n’ayant toujours pas endigué sa chute… Si le « Bas-Rouge » est devenu le second chien de Berger dans notre pays, c’est grâce à ses qualités distinctives (protecteur de la famille, rusticité…) et à son élevage qui est resté à l’écart des modes et tendances du marché. Aux 15ème et 16ème places, le Boxer et le Dobermann résistent vaillamment, malgré la concurrence qui s’est diversifiée dans leur groupe. Souhaitons que la législation qui se profile à l’horizon, concernant l’interdiction d’essoriller (couper les oreilles) et d’écourter le fouet, ne compromette pas leur avenir.
Si les statistiques générales sont favorables au chien de race, toutes les races ne sont pas logées à la même enseigne. L’exemple le plus significatif, c’est le Caniche, « la race d’origine française la plus répandue dans le monde », et qui compte le plus grand nombre de variétés de poils, formats et coloris. Où s’arrêtera sa chute ?Le Montagne des Pyrénées, popularisé par la série télévisée Belle et Sébastien dans les années 70, connaît une chute continuelle de ses effectifs depuis dix ans. Et rien ne semble arrêter ce phénomène. Paradoxe, à l’étranger, la race se porte bien, avec une croissance de ses naissances en Europe du Sud (Italie, Espagne…) et un élevage mondial qui fait presque oublier qu’il s’agit d’une race typiquement française. Les Lévriers, dominés quantitativement par le Whippet, continuent de voir leurs effectifs s’effriter. Ce groupe, qui compte peu de races reconnues, n’a pas de leader qui permettrait de retrouver son niveau quantitatif de 1980. Idem pour le groupe des chiens de type Spitz & Primitif (Groupe V) où la vedette, le Siberian Husky, a divisé par dix ses naissances en l’espace de douze ans. Un nouvel arrivant, le Grand Chien Japonais, y fait ses premiers pas.