Nos voisins belges, malgré des lois répressives, une législation contraignante de l’élevage et l’interdiction d’écourter les oreilles, continuent de vouer une passion aux chiens d’utilité.
En examinant le tableau des races les plus demandées en Belgique, nous remarquons que le Top 12 est monopolisé par des chiens de taille respectable dont l’origine utilitaire est incontestable. Soit, derrière le Berger Allemand qui occupe la première place depuis plus de 10 ans et les Bergers Belges second et gloire nationale, nous trouvons deux cousins qui rapportent, le Golden et le Labrador.
Deux bouviers, celui des Flandres (ci-contre, l’une des vedettes de la sélection actuelle, le Champion du Monde Utility Van Gwedraa Oel) et le Bernois, dont l’esthétique et les caractéristiques sont diamétralement opposées, occupent les 5e et 6e place, avec une mention particulière pour le Bouvier des Flandres qui avec le Berger Belge, stabilise ses naissances. Vous remarquerez que ces deux races utilitaires sont les deux seules races belges qui font partie du Top 25. Quelques races voient leurs effectifs croître de manière significative : le Border Collie qui aligne 20% de croissance d’une année sur l’autre, le Dogue Allemand, en forme avec une croissance de près de 25% en 2000, et le Beagle ; trois races qui montrent bien que la diversité reste de mise en Belgique.
De nouveaux venus intègrent ce Top 25 : le Bouledogue Français – qui confirme son succès européen – le Yorkshire Terrier, une des races les plus recherchées en Europe, et enfin, le Whippet, toujours leader par le nombre au sein de la vaste famille des Lévriers.
N’oublions pas deux races bergères d’origine française, les bergers de Beauce et de Brie, qui possèdent des sujets remarquables en Belgique grâce à une sélection bien conduite. Certains amateurs n’hésitent pas à venir dans les championnats français où leurs meilleurs sujets peuvent tenir la dragée haute à leurs homologues hexagonaux.
La culture cynophile est plus que centenaire en Belgique, car la Société Royale Saint-Hubert vient a fêté ses 120 ans en 2002. Rappelons également que c’est en Belgique que se trouve le siège social de la Fédération cynologique internationale. En 1995, la Belgique a organisé sa première Mondiale au palais du Heysel à Bruxelles. La manifestation a attiré plus de 15 000 chiens et 60 000 visiteurs.
Mais c’est dans les disciplines du sport canin que les Belges se distinguent. Notamment le Berger Belge Malinois qui est devenu la référence des concours en ring les plus durs – sur les programmes français, belge et hollandais. Par ailleurs, le chien d’utilité a toujours occupé, en parallèle à la cynophilie, une place particulière. Les grands maîtres du dressage européen viennent en effet de Belgique où sont nées des races utilitaires réputées, avec leurs codes, leur propre livre (ALSH) et leurs maîtres. Ci-contre, l’une des vedettes mondiales du Malinois, Elgos du Chemin des Plaines élevé par Nicky Van Gele (Moorslede) dont la sélection Van Joefarm se distingue dans tous les championnats (IPO, Ring Belge, Mondial, …) avec Roe, Urosh, Valentin et Vilas.
Dans le Berger Allemand, race particulièrement populaire en Belgique, deux sélections coexistent en parallèle : les BA dits de « beauté », inscrits au LOSH (livre des origines de la Saint-Hubert) et les chiens de travail, inscrits à l’ALSH. La première sélection va bientôt dépasser le million de chiens inscrits (toutes races réunies) tandis que la seconde doit franchir prochainement le cap des 100 000. A sa décharge, l’ALSH ne compte que quelques races de chiens d’utilité. Ci-contre,un exemple de la sélection du Berger Allemand, avec Scott Von Deodatus, un étalon qui a fait une carrière de reproducteur remarquée en Allemagne.
Deux incontournables de la sélection belge, le Boxer (ci-contre le célèbre Vasko Van Den Hazenberg – issu d’un père d’élevage français) et le Dobermann conservent une forte popularité. Les élevages belges ont une réputation internationale et exportent sur tous les continents. Si le chien de travail, beau et bon, est une véritable passion, partie intégrante de la culture cynophile belge, de nouvelles tendances se dessinent. En analysant les statistiques du LOSH en 1999et 2000 (tableau ci-dessus), on remarque que des « Britanniques », destinés majoritairement à la compagnie, ont le vent en poupe.
C’est le cas du Border Collie qui, à défaut d’être utilisé au troupeau, parvient à sauver les plâtres en brillant dans des disciplines ludiques comme l’Agility, l’Obédience ou le Flyball, cette dernière étant une spécialité de nos voisins belges.En photo, une partie de l’équipe de Flyball représentant la Belgique lors des championnats internationaux.
N’oublions pas le Parson Jack Russel Terrier qui attire de plus en plus d’amateurs. L’une des éleveuses les plus célèbres, Susan Pattyn en photo ci-contre, accumule les victoires dans l’Europe entière sous l’affixe « Susan’s Pride », que ce soit en Jack ou en Parson.
Le circuit des expositions toutes races en Belgique est réputé dans toute l’Europe. Citons Courtrai – plus connue sous le nom d’Eurodogshow –, Brabo – où deux Français sont partis avec le BIS et la RBIS lors de l’édition 2002 –, et Charleroi qui attire la fine fleur de l’élevage belge avec des finalistes dont la qualité est souvent remarquable. Dans ses manifestations, les démonstrations sont souvent nombreuses et variées, le jury international et, la différence majeure avec de nombreuses autres manifestations internationales réside dans la qualité du ring d’honneur et le déroulement des finales qui doit rester un spectacle. Dernièrement, la cérémonie du Top Eleveur a sacré un talentueux éleveur de Caniches (nains) dont l’affixe, Des Supers Supers, carbure sur les cinq continents !
Récemment, la Saint-Hubert a mis en place un système de placement de chiots inscrits à son livre des origines (LOSH) intitulé Info Baby Dog, tout en rappelant aux futurs acquéreurs que cette information est un mal nécessaire : il ne s’agit que de « Cinq minutes qui pourront conditionner les 15 prochaines années de votre vie… ». Message reçu !