Lors du dernier championnat du monde d’agility, à Dortmund en Allemagne les 4, 5 et 6 octobre 2002, un Français montait sur la première marche du podium : Olivier Adyns accompagné d’Onyx, son Border Collie. Aniwa l’a interviewé.
Olivier Adyns : Je ne suis pas le premier à en avoir fait. Ma femme Linda a commencé avant moi, dès le début de la discipline en France vers 1988. Moi, je ne pouvais alors l’accompagner car je travaillais le samedi. Mais à force de la voir s’entraîner et de voir le plaisir qu’elle y prenait, je m’y suis vraiment intéressé. J’ai une âme de sportif et j’aime développer la relation de travail avec un chien. L’agility, c’était pour moi ! Dès que mon boulot me l’a permis, en 1993, je m’y suis mis aussi avec Hapsy, ma Bearded Collie. Ensemble, nous avons eu de bons résultats, on a même fait pas mal de finales. L’agility me permet de passer une bonne journée, entouré de copains, de me dépasser, d’établir une vraie confiance avec mon chien.
Olivier Adyns : Hapsy vieillissait, je cherchais un nouveau chien. J’ai vu un jour un juge belge avec des Borders Collies et ses chiens m’ont donné envie. Même si le Bearded est un chien intelligent, le Border comprend plus vite, est très rapide et conjugue une faculté d’apprentissage extraordinaire avec une formidable envie de faire plaisir à son maître. J’en voulais un mais pas de n’importe quelle couleur : je souhaitais vraiment un marron et rien d’autre. Lors de la finale du Championnat de France de troupeau en 1998, je suis tombé sur une petite affiche vendant une portée de Borders rouges. La petite affiche est aussitôt tombée dans ma poche et dès la semaine suivante, j’appelais l’éleveur, Patrick Servais. Entre nous, l’osmose fut immédiate. Lui-même pratiquait l’agility en plus de son travail sur troupeau et connaissait déjà des parcours. Dans sa portée de rouges, née sous une bonne étoile le 12 juillet 1998, jour de la victoire de la France face au Brésil, il m’a réservé un chiot particulièrement éveillé, Onyx.
Olivier Adyns : On a surtout beaucoup joué ! Jusqu’à 10-11 mois, il n’a rien connu des obstacles mais nous étions très complices grâce au jeu et je le maîtrisais bien. Lorsqu’à 13 mois, il est passé sur son premier obstacle à zone, il n’avait pas peur et me remettait toute sa confiance. Finalement, il n’a commencé l’agility que tard. Heureusement que j’avais l’habitude de conduire car le Border est tellement rapide qu’il est dur à maîtriser, on est le plus souvent derrière pour commander. Nous nous entraînons deux fois par semaine, les mardis et samedis, sans compter les 30 dimanches par an où nous sommes de sortie en concours… Mais je ne cherche jamais à brider mon chien ou à le forcer. Le jour où il n’aura plus envie, on arrêtera l’agility.
Olivier Adyns : Dans les épreuves de championnat, on ne concourt pas dans l’herbe mais sur la moquette. C’est beaucoup plus glissant pour les chiens. Il faut donc modifier un peu sa conduite et surtout habituer les chiens. Le mois qui a précédé l’évènement, nous avons réussi à obtenir une salle pour nous entraîner et faire les derniers réglages. A un rythme de trois entraînements par semaine, nous étions tous prêts et en forme pour aller à Dortmund.
Olivier Adyns : Non, l’an dernier, j’ai déjà concouru à Porto. Mais Onyx n’avait que trois ans. Même s’il avait du potentiel, ses réglages n’étaient pas complètement au point. Je me suis fait éliminer sur le parcours à zone alors que j’étais troisième au Jumping. Cette année, j’avais une revanche à prendre. J’étais très déterminé. Tout au long de l’année, nous avons été très réguliers, Onyx et moi. C’était notre année.
Olivier Adyns : Les parcours étaient faits pour moi. En effet, en Allemagne, les parcours sont beaucoup plus aérés qu’en France ; il y a entre 7 et 9 pas entre chaque obstacle, le chien a alors vraiment le temps de prendre beaucoup de vitesse. Seuls les conducteurs vraiment expérimentés et sachant conduire de derrière pouvaient passer les obstacles sans fautes. Car en essayant de faire la course avec son chien, on l’excite inutilement et c’est là qu’on commet des fautes. Dans ce type de manifestations, le sans-faute compte toujours plus que la vitesse. Les parcours étaient donc très techniques, pas seulement basés sur la vitesse d’exécution.
Olivier Adyns : On me pose toujours cette question… Je ne sais pas… Bien sûr, je veux participer à Liévin cette année, même si tout le monde m’attend au tournant. Mais je souhaite surtout continuer à avoir la confiance d’Onyx, continuer à lui faire plaisir, continuer à travailler avec lui, continuer à vivre avec lui, à l’emmener en vacances… C’est dur de voir vieillir son chien. Même s’il a déjà reproduit, je ne veux pas d’un de ses fils. Je ferais tout le temps des comparaisons. Nous allons continuer à nous entraîner deux fois par semaine, à sortir le dimanche en concours, à retrouver les copains agilitystes... Etre champion du monde ne m’a pas donné la grosse tête. Je ne vais pas pousser Onyx à bout. Nous n’avons pas d’obligation de résultats.