Imaginez un chat avec une frimousse de petit animal sauvage, de grandes oreilles pointées vers l’avant et des yeux mordorés. Ce chat de rêve, entre renard et écureuil, existe et porte un nom : le Somali.
Le monde des chats raconte parfois des histoires merveilleuses où le vilain petit canard se métamorphose en grand cygne blanc. L’histoire du Somali est une de celles-là. Depuis fort longtemps, de petits chats poilus et duveteux naissaient régulièrement dans des portées d’Abyssins, jetant l’opprobre sur la pureté des lignées jalousement conservées par les éleveurs. Il ne pouvait s’agir que de mauvais chats, issus de mariages bâtards. Dans le meilleur des cas, ils étaient bien vite donnés avant que leur présence ne s’ébruite.
Jusqu’à un jour de 1963 où un petit Abyssin à poil long fit son apparition dans une exposition féline à Calgary, au Canada. L’histoire, bien connue aujourd’hui, nous est rapportée par Betany Tod du Somali Cat Club of America: “ Sur un air de plaisanterie, une éleveuse d’Abyssins, Mary Mailing, introduisit lors des jugements un petit Abyssin à poil long parmi les autres Abyssins . Les exposants présents pensaient seulement bien rire, mais le juge Ken McGill, une fois sa surprise passée, se mit à décrire attentivement le ravissant chaton. Il était sous le charme, à tel point qu’il demanda à Mary Mailing de lui confier pour l' élever. A partir de ce chat, Ken McGill fonda la plus vieille lignée connue de Somalis. ”
Parallèlement, aux Etats-Unis, c'est Evelyne Mague qui commença à sélectionner des Somalis après s’être aperçu que deux de ses Abyssins étaient porteurs du gène poil long : des petit chats duveteux naissaient régulièrement du mariage entre Lynn-Lee’s Lord Dublin et Lo-Li-R Trill By. Cette pionnière eut aussi l’honneur de baptiser la race du nom de Somali.
Mais la route fut longue pour faire reconnaître les Somalis, car les éleveurs d’Abyssins s’obstinaient à nier l’évidence de la présence du poil long dans leurs lignées. Dès 1976,un groupe d’éleveurs fut en mesure de présenter un dossier complet sur l’origine du Somali pour permettre à cette très belle race d’être présentée en Championnat et dissiper les doutes quant à une éventuelle hybridation avec des Persans. En 1978, la race était reconnue par la Cat Fancier Association et en 1982, la Fédération Internationale Féline décida d’homologuer
En France, les premiers Somalis furent importés des Etat-Unis en 1979 par Madame Monique Prunier. Ils venaient de l’élevage de Mrs Evelyne Mague. Le succès remporté par cette race ne s’est jamais démenti depuis.
De l’Abyssin dont il est le petit frère, le Somali a beaucoup de caractéristiques. C’est un chat de taille moyenne, vif, alerte, souple, musclé. Le standard n’hésite pas à le décrire " d’apparence royale ", c’est dire sa prestance ! Il a d’ailleurs une façon particulière de tenir, haut sur ses pattes comme s’il marchait sur la pointe des pieds.
Sa tête est fièrement portée sur une encolure souple comme un col de cygne. Ses oreilles sont dressées vers l’avant, guettant la moindre occasion de s’intéresser au monde. Ses yeux pailletés d’or sont soulignés d’un trait de maquillage comme autrefois les reines égyptiennes. La queue est portée en panache comme celle des écureuils.
La fourrure du Somali est des plus spectaculaire. Elle n’atteint pas la longueur de celle des Persans, ce qui en fait d’ailleurs un chat beaucoup plus commode à toiletter, mais sa texture et la richesse de sa couleur la rendent unique. Très douce au toucher, elle est fine et double, plus courte sur les épaules, ce qui souligne l’élégance de la silhouette, avec une collerette et des petits pantalons bien fournis.
De l’Abyssin, il a hérité la couleur unique. Elle doit être la plus chaude possible, presque rayonnante, comme si elle emprisonnait la lumière. Chaque poil est marqué par une alternance de bandes foncées et de bandes claires que l’on appelle ticking. Les poils de l’intérieur du corps ne sont pas ticketés mais doivent être d’une couleur intense.
La couleur de base du Somali, comme de l’Abyssin, est la couleur lièvre où les bandes foncées sont noires et les bandes claires presque rouges. Cette couleur est d’ailleurs appelée ruddy aux Etats-Unis. Mais il existe aussi la couleur sorrel, qui correspond au cinammon, le bleu, et le fawn, plus toutes ces versions avec le gène silver.
Dans tous les cas, les marques sur les pattes ou des colliers autour du cou sont de gros défauts.
Le succès actuel du Somali n’est pas uniquement dû à son aspect physique. Un beau chat c’est bien, un beau bon chat c’est mieux. Equilibré, actif sans être envahissant, il est aussi à l’aise dans le calme d’un appartement avec un célibataire que dans une maison remplie d’enfants. C’est un chat qui semble toujours de bonne humeur et prêt à mille jeux. Il n’est pas difficile de lui apprendre à ramener une boulette de papier froissé qu’on lui aura lancée.
Question santé, il n’est pas compliqué. Il faut veiller cependant à ce que ses rappels de vaccins soient bien effectués et il est préférable, comme pour les autres chats d’ailleurs, qu’il ne sorte pas pour éviter les dangers de la rue : voitures, bagarres avec les autres chats, vols… Il convient également de lui fournir une alimentation de qualité pour que son poil soit bien soyeux et luisant. Pour le reste, un coup de brosse et de gros câlins suffisent.
Pour trouver votre Somali, vous pouvez vous adresser à l’un des clubs responsables de la race qui vous indiquera une liste d’éleveurs sérieux
Pour en savoir plus, cliquez ici : la fiche de race, le standard LOOF du Somali
Le site de l’Association des Amis des Chats Abyssins et Somalis, un club de race français très dynamique.
Le site du Somali Cat Club of America qui retrace l’histoire des premiers Somalis de Mrs Mague :http://www.ladybear.com/Somalis/
Ce site a été créé spécialement pour retracer l’origine des Somalis. C’est l’intégrale du dossier présenté à la CFA, le premier club félin américain, pour obtenir la reconnaissance de la race :http://members.tripod.com/~wdel/index-c.html