Avec ses grands yeux bleus, sa fourrure opulente gantée de blanc, sa couleur de Siamois, le Sacré de Birmanie ou Birman est une des races de chats parmi les plus populaires. Gros plan sur ce succès bien français.
A la fois rassurant et raffiné, il remporte de nombreux suffrages tant en France qu’à l’étranger : depuis ses premières apparitions dans les années 1920, sa cote d’amour n’a jamais faibli. On le dit originaire de Birmanie. Pourtant le Birman est une création purement française.
La couleur unique du Birman est à l’origine d’une très jolie légende. A des siècles de nous, un moine très pieux vivait dans un temple construit par le peuple Kmer en l’honneur de Tsun-Kyan-Kse, une déesse d’or aux yeux saphir. Ce moine, nommé Mun-Ha, priait en compagnie de Sinh, un chat de temple blanc aux yeux jaunes. Une nuit, des pillards attaquèrent le temple et assassinèrent le pauvre moine. Durant l’agonie de son cher maître, Sinh sauta sur sa chevelure argentée, le regard plongé dans celui de la statue de Stun-Kyan-Kse. Le miracle advint alors : la fourrure de Sinh pris la couleur de l’or, tandis que ses pattes se coloraient en brun comme la terre. Ses yeux devinrent bleu saphir comme ceux de la déesse. Seuls ses pieds restèrent tout blanc, comme les cheveux du moine et en souvenir du cœur pur de ce dernier. Si dure fut la douleur de Sinh d’avoir perdu son maître qu’il refusa de se nourrir et mourut sept jours plus tard. Le lendemain, les 100 autres chats du temple subirent les mêmes transformations que Sinh. Ils pénétrèrent alors dans l’enceinte sacrée et entourèrent un jeune moine pour le désigner comme le successeur de Mun-Ha.
On dit parfois que l’histoire des chats Sacrés de Birmanie a rejoint la légende quand deux occidentaux, Auguste Pavie et le Major Gordon Russell ramenèrent un couple de Birmans en Europe dans les années 20. Pourtant, on ne trouve guère de traces de ces deux chats et il est fort probable qu’une mésalliance entre un Siamois ganté et un Persan soit à l’origine de la race.
Quoiqu’il en soit, le premier Birman présenté en exposition était une chatte seal point, Manou de Madalpour, en 1926. Mais le chat que l’on peut considérer comme fondateur de la race est Dieu d’Arakan, étalon qui appartenait à l’un des tout premiers éleveurs, Marcel Baudoin-Crevoisier. Il était très proche de nos Birmans actuels malgré une légère coquetterie dans le regard qui ne lui serait pas pardonnée aujourd’hui. La deuxième guerre mondiale marqua un coup d’arrêt pour l’élevage félin en général, et pour celui des Birmans en particulier. Le nombre de reproducteurs disponibles étant trop faible, il fallut avoir recours à des croisements avec des Persans blancs aux yeux bleus et colour point.
En 1957, le Birman bleu point est reconnu. L’élevage français est alors le meilleur du monde et exporte un peu partout. En 1959, Irrouadi du Clos Fleuri part pour les Etats-Unis où il est le premier représentant de la race, tandis que les premiers Birmans partent pour l’Angleterre en 1964.Juste retour des choses, dans les années 1980, Marianne Taranger importe de Grande-Bretagne des chattes tortie point issues du champion anglais Chanson de Matin. Mariées à son fameux étalon Sin de Sirpur, elles seront à l’origine des « nouvelles couleurs » aujourd’hui reconnues de qualité mondiale.
Le Sacré de Birmanie est un chat d’assez grande taille, avec une ossature solide par rapport à sa taille. Il a une fourrure mi-longue avec une collerette. La texture est différente de celle du Persan car elle ne comporte pas de sous-poil, ce qui la rend beaucoup plus facile à toiletter. La robe caractéristique se compose d’un motif colour point (corps clair et extrémités foncées) et d’un gantage blanc très particulier à la race. Le gantage avant recouvre le pied jusqu’à la jonction avec la patte. Le gantage des pattes arrière est prolongé par des éperons. Gants et éperons doivent être les plus réguliers et symétriques possible. Pour importante qu’elle soit, la couleur ne fait pas un chat et le Birman a un type très particulier qu’il faut privilégier, d’autant que l’on sait maintenant qu’un bon gantage est aléatoire et ne peut être fixé par la sélection.
Le Birman a une tête arrondie, forte, large avec de grands yeux très bleus, presque ronds. Son profil est des plus reconnaissables avec son fameux nez romain, très busqué.
Aujourd’hui, toutes les couleurs avec le patron colour point sont acceptées (seal, bleu, lilac, red, crème en combinaison avec le tabby et le silver ) à l’exception du cinnamon et du fawn.
Question caractère, le Birman est un nounours avec un cœur de lion. Sans être hyperactif, il n’est pas non plus nonchalant. Il se prête au jeu et aux câlins avec une bonne volonté évidente et sans cesse renouvelée. Les grands mâles adultes au gabarit imposant étonnent souvent par leur gentillesse. Sa santé est également exemplaire et la race est épargnée par d’éventuelles tares spécifiques. Bref, le Sacré de Birmanie est une valeur sûre du monde félin.
Vous pouvez également lire la fiche de race et le standard LOOF sur Aniwa ou vous connecter sur l’impressionnante page de lien du site http://www.birman.net/other.html