Depuis quelques années, la mode est aux grands chats puissants au look sauvage qui donnent à ceux qui les possèdent l’impression de faire rentrer un peu de nature dans leur maison. Parmi ces chats « naturels », le Norvégien et le Maine Coon sont souvent associés, voire confondus…
Ce sont pourtant des chats très différents. Si l’objectif de cet article est de vous permettre, grâce à quelques caractéristiques essentielles, de les différencier, voici tout d’abord leurs points communs.
Si le Norvégien et le Maine Coon sont si souvent comparés l’un à l’autre, c’est qu’ils sont tous deux les produits d’une sélection, sinon naturelle, du moins fortement liée à l’environnement. En effet, le rude climat de l’état du Maine ressemble parfois à celui du nord de l’Europe. Ces régions contrastées ont été des berceaux de race remarquables, créant des chats parfaitement adaptés. Leur histoire sont également assez similaires : dans les deux cas, des chats venus d’un lointain Orient ont traversé les mers et ont été ramenés vers des contrées qui n’avaient pas ou peu de population féline. Les Vikings ont ainsi importé des chats à poils mi-long d’Asie Mineure, des Angoras déjà habitués aux durs climat de l’Anatolie, tandis que les premiers chats américains, réputés avoir débarqué du May Flower, étaient issus des tout premiers chats orientaux arrivés à la cour du roi de France. Ils venaient eux aussi d’Asie Mineure ou Centrale. Une fois arrivés dans leur nouvelle patrie respective, les solides chats à poils longs des marins au long cours se sont dispersés dans la nature où ils ont dû s’adapter pour survivre : mâchoire solide, corps substantiel et musclé, pattes hautes et fortes, fourrure tout temps et tout terrain. Mêmes causes, mêmes effets : les Norvégiens et les Maine Coons ont donc hérité d’une apparence assez similaire : celle d’un solide chat de ferme capable de vivre dans une nature hostile et sans l’aide de l’homme.
Empruntons quelques instant cette expression employée couramment par les éleveurs de chiens et de chevaux qui ont l’habitude de faire travailler leurs animaux, tant elle est adaptée. D’ailleurs le standard américain du Maine Coon parle de manière assez amusante de « working cat », chat de travail. Alors que beaucoup de races de chats n’ont hérité leur morphologie que des caprices de l’homme, le Norvégien et le Maine Coon sont de purs produits d’adaptation pour tout ce qui est de leur morphologie générale. Tout en eux est « utile ». L’homme n’a ajouté sa patte qu’au moment où il a commencé à s’intéresser à leur élevage à la fin du XIXe pour le Maine Coon et au milieu du XXe pour le Norvégien. Et encore ! Les évolutions concernent principalement des caractères annexes. Ce sont donc principalement la forme de la tête, des yeux ou de légères différences dans la texture de la fourrure qui vont permettre de différencier les deux races, jusqu’à ce que ces subtiles différences arrivent à en faire deux chats uniques.
Retrouvez l’intégralité du dossier consacré au Norvégien dans la revue Côté Chat, numéro de décembre, chez votre marcchand de journaux