Il y a un peu plus d’un an, la décision du LOOF d’officialiser la parenté entre le British Shorthair et le Scottish Fold a entériné la sélection que les éleveurs les plus sérieux avaient déjà commencée.
Comme beaucoup d’autres races félines, le Scottish Fold est né dans une cour de ferme, et c’est en Ecosse que Suzy, une petite chatte aux oreilles pliées, fut recueillie par William et Mary Ross. D’apparence solide sur ses pattes bien fortes, elle avait déjà une petite tête ronde et un air étonné de hibou qui caractérisent les Scottish Fold d’aujourd’hui. En faisant reproduire Suzy, les Ross se rendirent compte que certains de ses chatons étaient eux aussi porteurs de petites oreilles pliées vers l’avant. Puisque nous étions en Grande-Bretagne, la race choisie pour être mariée avec les descendants de Suzy fut naturellement le British Shorthair.
Le gène responsable des oreilles pliées du Scottish peut être indifféremment introduit dans n’importe quel type de chat. Imaginez un Oriental Fold ! Divers essais ont d’ailleurs été réalisés de par le monde. On a ainsi créé un Devon Rex à oreilles pliées, le Puddle Cat, ou encore croisé des Exotic Shorthair avec des Fold pour obtenir un curieux chat appelé Exofold. Ces variétés ne sont cependant pas reconnues par la plupart des associations félines à travers le monde, car elles cumulent au moins deux mutations, voire anomalies, qui rendent leur élevage délicat.
On sait depuis quelques années déjà que le gène Fold peut provoquer des atteintes du cartilage des membres postérieurs. La reproduction du Fold est donc particulièrement contrôlée, avec interdiction notamment de faire reproduire deux Fold ensemble pour éviter les sujets homozygotes. Cumuler ce qui peut être un handicap avec les problèmes de spasticitie du Devon Rex et le type brachycéphale de l’Exotic peut se révéler dangereux pour les animaux. C’est pourquoi les éleveurs ont recherché une race particulièrement saine pour élever des chats à oreilles pliées. Coup de chance, le British Shorthair, déjà employé depuis fort longtemps, et dont le standard correspondait le mieux avec les rondeurs et la puissance du Scottish Fold, a prouvé qu’il était une des races les plus saines et les plus adaptées. Il fut donc logiquement plébiscité.
On peut noter qu’aux Etats-Unis, où le British est assez rare, il a été remplacé par l’American Shorthair, chat national réputé lui aussi pour sa vitalité et sa bonne constitution.
La confusion qui existe souvent entre races et variétés a fait que dans les années passées, beaucoup de chats porteurs du gène Fold étaient mariés avec d’autres chats de races différentes : Chartreux, Persans…. Les chatons nés avec des oreilles pliées s’en sortaient assez bien, à condition de n’être pas trop regardant sur la qualité du pedigree ; mais les chatons à oreilles droites se retrouvaient simples chats de maison. L’obligation actuelle de ne marier des Scottish qu’avec des British permet d’apurer ces situations ambiguës. Aujourd’hui, les chatons à oreilles droites – appelés aussi straight ears- peuvent bénéficier de l’appellation de British, à condition que 18 British au moins figurent dans leur pedigree. Dans le cas contraire, ils sont sans pedigree.
La reconnaissance du British à poil long est également bénéfique pour les Scottish à poil long - Highlands - car les ravissants chats qui naissent avec des oreilles droites pourront bénéficier d’un pedigree de British à poil long s’ils ont au moins 18 British dans leurs origines.