Mme Shizuko Miyamoto est une des rares propriétaires de Munchkin vivant en France. Cette race, arrivée en 1993, a encore beaucoup de difficulté à trouver sa place dans les foyers français. Loin du triste sobriquet de « chat teckel », pour Mme Shizuko Miyamoto, le Munchkin est avant tout un chat qui mérite d’être aimé pour lui-même.
Mme Shizuko Miyamoto : « J’ai acquis Liberty chez Mlle Florence Prescott en 1996, à l’occasion de l’exposition féline de Paris. C’était un coup de foudre ! Je savais qu’il existait une race de chats à pattes courtes, mais je n’en avais jamais vu auparavant. Quand j’ai vu cette femelle, Liberty de Cour Saint-Eloi, un Munchkin poil long, bleu smoke, yeux verts, je me suis dit : « C’est elle qui deviendra la copine d’Igor » (mon chat Sacré de Birmanie, 3 ans à l’époque). Je n’imaginais pas que ses pattes raccourcies étaient si mignonnes. En plus, elle était très belle avec sa robe somptueuse et ses magnifiques yeux expressifs. C’était un bon sujet d’exposition, et pensais-je, peut-être une bonne future maman. »
S. M. : « En exposition, elle a eu beaucoup de succès, tant en France qu’en Belgique. Là-bas, grâce à un éleveur belge qui a essayé de faire connaître cette race au grand public, les visiteurs étaient plutôt admiratifs. Ici, les gens qui ne connaissaient pas le Munchkin (ils sont une grande majorité) le trouvaient morphologiquement un peu bizarre. Néanmoins Liberty a remporté de nombreux titres dans des concours internationaux. »
S. M. : « Pas du tout ! Au contraire, Liberty peut sauter haut, courir vite, faire sa toilette aussi bien, sinon mieux que les autres chats. Je trouve que ses pattes très musclées sont très fortes. Elles ne l’empêchent pas de vivre normalement. »
S.M : « Elle s’entend plutôt bien avec les autres chats, malgré son caractère très affirmé. Elle sait ce qu’elle fait, ce qu’elle veut. Elle est calme, à condition que les autres la laissent tranquille. Elle est très affectueuse et câline. Elle me demande volontiers une séance de caresses, mais uniquement quand aucun autre chat ne réclame. Lorsqu’elle me voit en train de caresser un autre chat, elle n’insiste jamais. Comme elle n’est ni possessive, ni agressive, elle ne cherche pas la bagarre. »
S. M. : « En exposition, elle était le seul de mes chats qui aimait le public et les podiums ! Parfois elle boudait dans la cage, mais sur le podium elle posait comme une star devant l’appareil photos. En outre, elle était la seule à aimer le TGV et le Thalys… Elle se faisait tous les trajets sur mes genoux, en regardant le paysage par la fenêtre. Malheureusement, elle ne s’est jamais entendue avec les fiancés qu’on lui a proposés. Elle ne voulait pas d’inconnus. Elle préférait rester tranquille avec ses camarades. Pauvres mâles ! Les meilleurs étalons, désespérés, finissaient par abandonner le terrain. »
S. M. : « Quand j’ai commencé à présenter Liberty, on m’a critiquée parce qu’elle ressemblait trop à un Persan, à cause de ses poils longs et de sa face ronde et plate, héritée de son père, British Shorthair. Les juges exigeaient un type plus neutre. Il était déjà difficile de fixer le standard de cette nouvelle race qui est apparue spontanément, naturellement. Les Français préfèrent les chats de race élégants et majestueux. Pour cette raison il me paraît difficile de se lancer dans l’élevage de chat dont le trait le plus visible est une allure rigolote et amusante. »
S. M. : « Liberty est née en 1995. Elle est un des premiers Munchkins qu’ait pu voir le public français. Grâce à elle, j’ai fait plein de connaissances, de rencontres avec des éleveurs et des juges. Je lui en suis très reconnaissante. Même si le Munchkin n’a pas de réputation actuellement, j’aime ses petites pattes et j’aimerais toujours ma Liberty. C’est un chat vraiment sympathique qui mérite d’être aimé. »