Le Persan présente une grande variété de coloris de robe. Le particolore fait partie des plus attractives.
Le Persan est aujourd’hui le chat de race le plus populaire , à tel point que pour le grand public, tout chat à poil long lui est plus ou moins assimilé. L’histoire de la félinotechnie commence d’ailleurs réellement, à la fin du siècle dernier dans des salons où l’on exposait des chats dont la fourrure leur interdisait tout autre usage que celui de servir de compagnie à la belle société. On se souviendra des Persans bleus de la Reine Victoria et des Chinchillas du Prince de Galle.
Ces précurseurs des Persans modernes étaient issus de chats à poils longs importés d’Orient dès le 17e siècle sous le terme de chats « Angoras, Persans, et même, bien que moins fréquemment, Russes, Damasquins, Indiens, Chinois… » (1). Quelle que soit leur exacte provenance, ces beaux animaux avaient pour point commun une fourrure abondante qui les distinguait au premier coup d’œil de nos raminagrobis locaux. Le plus souvent blancs, on les appréciait aussi en noir, bleu, rouge et tout autre couleur unie. De temps en temps naissaient dans des portées de choix, des chatons largement tachés de blanc. Bien que charmants et très agréables à regarder, leur apparition pouvait ruiner une réputation, à tel point qu’un article paru dans « Cat review » en 1904 recommandait aux éleveurs anglais de les « chloroformer » plutôt que de les conserver. (2 ).
Aux Etats-Unis, autre nation s’intéressant à l’élevage du chat, même rejet qu’en Angleterre. Là-bas, le Maine-Coon, souvent bicolore, faisait concurrence au Persan et il n’était pas question pour les éleveurs d’avoir des chats que l’on puisse confondre. Il était d’autant plus difficile de se débarrasser du bicolore que l’on ne connaissait pas le mode de transmission de cette couleur. « En effet, le gène blanc a l’habilité de masquer d’autres gènes de couleur, en incluant le gène responsable du bicolore. Aussi, pendant des années, les chatons bicolores issus de parents blancs ont-ils été considérés comme des usurpateurs », explique le club du Persan Particolore.(3)
Il faudra attendre les années 50 aux Etats-Unis pour que l’on reparle ouvertement de Persans bicolores. Et d’ailleurs, il s’agira de tricolores puisque le premier Persan « avec blanc » champion fut une chatte écaille de tortue et blanc, couleur que l’on appelle également calico, CH. Ja-Kay’s Lou Ann (photo ci-dessus). Au même moment en Angleterre, la qualité des British Shorthair, la race nationale ne faisait que croître. Ces chats avaient une ossature très forte, recherchée chez les Persans, et souvent des robes bicolores avec de très belles répartitions entre le blanc et le reste de la couleur. Il n’est donc pas étonnant qu’un jour, un éleveur anglais ait eu l’envie de marier les deux. C’est ce que fit avec succès, Nora Woodfield (affixe Pathfinder). La qualité de ses chats ne laissa pas indifférent et bientôt Mrs Borbara Pendergrast importa aux Etats-Unis des bicolores de cet élevage.
Le plus connu fut Pathfinder’s Tangle, un mâle noir et blanc qui fit sensation avant même son arrivée outre-Atlantique et qui contribua grandement à la reconnaissance de la variété par la CFA, le plus grand club félin. Il est pourtant des histoires bien tristes. Le 13 décembre 1970, jour où les bicolores furent définitivement reconnus par le bureau exécutif de la CFA, Tangle périt dans un incendie, en compagnie de 14 autres chats de Borbara Pendergrast. « Malgré le grand succès que nous venions de remporter, ce jour resta définitivement le plus triste de ma vie », dira plus tard Borbara. Heureusement, Tangle avait eu le temps d’être le père de quelques chatons et il sera à l’origine de deux Persans bicolores « meilleurs chats de l’année ».
Le succès aidant le nombre de bicolores ne fait qu’augmenter chaque année et on n’hésite plus à marier deux bicolores ensemble. Ainsi on a vu apparaître les premiers «Arlequin » et les premiers« Van » qui sont des bicolores particulièrement impressionnants, tout blanc avec des tâches de couleur seulement sur la tête et la queue.
Depuis ces années pionnières, le prestige et la qualité des Persans bicolores n’a fait que croître.Aujourd’hui, c’est une variété très prisée et bien établie qui n’a rien à envier à aucune autre.
(1) Digard Jean-Pierre , Chah des chats, chat de chah ? sur les traces du chat Persan, 2000
(2)Pendergrast Borbara, A Cinderella story - History of Bicolor & Calico Persians, in CFA Year Book, 1978
(3)Historique du Persan particolor. Club du Persan particolor, Présidente : Yvette Framinet
Apparition de la panachure : La responsabilité du gène S
Retrouvez l’intégralité du dossier dans le numéro de juin 2001 de la revue Côté Chat