Avec sa fourrure gris-bleu saupoudrée d’argent et ses yeux vert émeraude, le Bleu Russe est reconnaissable entre tous. A bien le regarder, il possède un étonnant visage au sourire énigmatique qui l’a fait surnommer la Mona Lisa des chats.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les origines du Bleu Russe se perdent dans les brumes du Nord. Sans que personne ne puisse l’affirmer avec certitude, il serait originaire des îles Archangel, dans la mer de Barents. Les marins russes l’auraient ensuite importé en Angleterre vers le milieu du XIXe. Bien que l’on ne puisse confirmer cette hypothèse, la fourrure du Bleu Russe, dense et courte comme celle d’une loutre ou d’un castor, serait un témoignage de son adaptation au climat froid et humide de cette région. La légende raconte d’ailleurs qu’avant d’être admiré comme l’un des plus beaux chats du monde, il était piégé pour sa fourrure. On dit aussi qu’il aurait vécu à la cour des Tsars et que la reine Victoria en possédait deux… Quoi qu’il en soit, on exposa le premier Bleu Russe à Crystal Palace, à Londres, en 1875, sous le nom de « chat des îles Archangel », en compagnie d’autres chats bleus. Ce n’est qu’à partir de 1912 qu’il est considéré comme une race à part entière et qu’il peut concourir dans une classe qui lui est réservée. Sa notoriété va alors dépasser la Grande-Bretagne et, doucement mais sûrement, se diffuser dans toute l’Europe, à commencer par la Scandinavie, puis les Etats-Unis.
Malgré la très forte attraction qu’il exerce, le Bleu Russe est un chat encore mal connu et assez rare. Cette rareté peut s’expliquer, en France du moins, par la rude concurrence faite par les autres chats bleus, Chartreux en tête. Pourtant le Bleu Russe ne ressemble en rien au Chartreux, le signe le plus évident de leur différence étant les couleurs d’yeux : verts pour l’un, cuivre pour l’autre. Le seul chat avec lequel le Bleu Russe pourrait être confondu est le Korat : mêmes yeux verts, même robe gris-bleu. Mais les similitudes s’arrêtent là, car le Korat a une tête en forme de cœur très reconnaissable et le Bleu Russe une fourrure saupoudrée d’argent qui n’appartient qu’à lui.
Le Bleu Russe est un chat de taille moyenne, élégant, souple et élancé, même si l’épaisseur de la fourrure le fait parfois paraître plus gros qu’il n’est. Il a une tête triangulaire et anguleuse que l’on compare parfois à celle d’un cobra. De profil, le crâne et le nez suivent deux lignes planes. Et de face, les coins relevés de sa bouche forment comme un sourire ; d’où son surnom, en hommage à la Joconde, de Mona Lisa des chats. Les oreilles sont presque aussi larges à la base que leur hauteur et sont plantées verticalement sur la tête. Les yeux sont grands, presque ronds et assez écartés l’un de l’autre. La couleur varie du jaune au vert chez les chatons, mais ils sont impérativement verts à partir de 12 mois. Les pattes sont longues et fines et le chat semble se déplacer comme s’il marchait sur la pointe des pieds. On retrouve ce raffinement dans son caractère. Très intelligent, il est rarement bruyant et miaule avec une toute petite voix. Il aime être avec son maître dont il se sépare difficilement et fait bon ménage avec les autres animaux de la maison. A contrario, il n’aime pas être brusqué et apprécie d’être manipulé avec délicatesse.
Jusqu’à une époque récente, le bleu était la seule couleur admise pour le … Bleu Russe. Mais voici qu’il existe maintenant des Russes blancs et des Russes noirs. En 1975, des éleveurs russes immigrés en Australie marièrent un Sibérien blanc avec un Bleu Russe. Le Sibérien est une race de chat à poil long originaire de Russie dont la morphologie rappelle celles du Norvégien et du Maine-Coon, ses alter ego scandinave et nord-américain. Ces éleveurs étaient persuadés de recréer les couleurs originelles du Bleu Russe, arguant que le bleu est la dilution du noir et que, par conséquent, il y avait forcément eu des Russes noirs avant les Russes bleus. Quand au blanc, cette couleur masque toutes les autres et pouvait facilement cacher des chats noirs ou des chats bleus.
Obtenir la couleur est une chose, mais retrouver le type en est une autre et il fallut un peu plus de 20 ans pour que les Australiens achèvent leur travail. Aujourd’hui encore, il existe très peu de Russes d’une autre couleur que le bleu. Il est vrai que le tipping argenté si caractéristique de la race ne peut se voir que sur du bleu et que la fourrure blanche, et surtout la noire, sont plates au lieu d’être pelucheuses pour des questions de pigmentation.En 2000, Artic Princess est la première Russe blanche arrivée en France, chez Marie-Pascale Sabatier, en provenance de Perth en Australie.Si le Livre Officiel des Origines Françaises reconnaît les Russes blancs et noirs, ce n’est pas encore le cas de la plupart des livres d’origines, mais cela devrait évoluer quand on sait que le très british et très conservateur GCCF les placent déjà en classes préliminaires.
Pour en savoir plus, consultez la fiche de race et le standard LOOF du Bleu Russe.Vous pouvez aussi contacter le club en charge de la race :