Il est l'un des derniers terriers à avoir officiellement été reconnu par les instances cynophiles. Et pourtant, la sélection de ce petit chien aux allures de terrier a commencé il y a près de deux siècles !
Nous sommes en Angleterre, le révérend John Jack Russell a deux passions : sa paroisse et la chasse. Pour assouvir cette dernière, il va sélectionner des terriers sur leurs aptitudes au travail. Loin des expositions canines et de la cynophilie officielle qui émerge, il travaille dans l'ombre pour trouver le terrier idéal.
Apprécié par les amateurs de chasse dès le départ, il va cependant falloir attendre 1990 pour qu'il soit reconnu. Et encore, il n'est pas au bout de ses peines. Son nom initial, Parson Jack Russell Terrier, qu'il portait en hommage au révérend a dû être abandonné - il avait été déposé en tant que marque ! - au profit du Parson Russell Terrier.Et comme si les problèmes d'identité ne suffisaient pas, il a fallu qu'une longue polémique à propos de sa taille ne débouche sur la création en début d'année d'une deuxième race, le Jack Russell Terrier, plus basse sur pattes. Alors aujourd'hui on ne peut plus parler "du" mais "des" Russell Terriers. Quoi qu’il en soit, à pattes courtes ou haut sur pattes, il a su conquérir son public en dehors du petit monde des chasseurs. Avec plus de 1100 naissances en France l'année dernière, un record, Jack et Parson ont de beaux jours devant eux.
Si la silhouette du Parson se situe à mi-chemin entre celle de ses cousins, le fox ou le border terrier, la tête enlève tout risque de confusion. Elle donne à la race toute sa typicité. Bien proportionnée au corps, elle est solide et bien construite. Le crâne est plat, modérément large entre les oreilles et va en s'amenuisant au niveau des joues. Le stop, dépression formée entre le crâne et le chanfrein, est net. Le museau est légèrement plus court que le crâne. Il est assez carré et la mâchoire est forte. Les yeux en amande donnent au regard une impression de vivacité. Les oreilles, petites et en forme de "V" sont repliées vers l'avant, la pliure étant située au niveau du sommet du crâne.
Le cou est musclé, mais jamais lourd. Il permet une bonne articulation de la tête lorsque le chien est au terrier. Le corps est bien proportionné, légèrement plus long que haut. Sa ligne de dessus est horizontale. La poitrine n'est ni trop développée ni trop descendue. Au niveau des épaules, on doit pouvoir en faire le tour avec les deux mains. La queue est forte, traditionnellement coupée à une longueur en proportion avec le corps, mais permettant de la saisir à pleine main pour retirer le chien du terrier.
Les membres sont bien musclés, avec un mouvement bien ample. Les postérieurs donnent une grande impulsion. De fait, les allures sont vives et dégagées. Le poil est naturellement rêche, serré et dense. Il peut être lisse (photo de gauche) ou dur (photo de droite) : il s'agit là d'une question de longueur. Le sous-poil est doux et serré, il protège efficacement des intempéries. La robe est dite à "panachure envahissante", c'est-à-dire que la couleur initiale - noir, fauve ou les deux - est estompée par le blanc qui couvre plus de 70 % de la surface du corps.
Après de nombreuses tergiversations, le problème de la taille est peut-être résolu par la toute nouvelle acceptation de son cousin à courtes pattes. Le Parson Russell idéal mesure 35 cm au garrot (33 cm pour la femelle) et jamais moins de 30 cm. Le Jack dont le standard n'est pas encore traduit officiellement mesure de 25 à 30 cm. Photos : le Parson est à gauche, le Jack est à droite
On le dit parfois têtu, un défaut que l'on attribue d'ailleurs volontiers à tous les terriers. En fait, il est simplement tenace, ardent et courageux. Et ses origines de chasseur n'ont fait que forger au fil des ans cette hardiesse bien sympathique. L'obéissance est un problème d'éducation. Le Jack n'a pas un caractère difficile. Très attaché à son maître, il se montre aussi très câlin avec les enfants. Avec ses congénères, il peut se montrer un peu grognon si on ne l'a pas habitué à les côtoyer alors qu'il est encore jeune chiot, surtout s'il est d'un tempérament dominant.
Son utilité première est la chasse. Capable de débusquer la vermine dans les terriers, il se montre aussi un excellent broussailleur. Mais si vous n'êtes pas un adepte de cette discipline, vous pourrez toujours mettre à profit son tempérament sportif en pratiquant avec lui l'agility (parcours d'obstacles adaptés aux chiens). Il s'y amusera autant que vous.
Parson et Jack Russell sont des terriers robustes. On signale cependant quelques soucis possibles au niveau de la santé, sans pour autant pouvoir généraliser à l'ensemble de la race. La luxation de la rotule se rencontre parfois, surtout chez les sujets de petite taille. Cette affection occasionne une boiterie parfois très intense et les cas les plus graves nécessitent le recours à la chirurgie. Quand le stade n'est pas très développé, la rotule peut se remettre en place spontanément. La maladie de Legg-Perthes-Calvé est une nécrose de la tête du fémur. Très grave, elle implique une opération de chirurgie réparatrice (prothèse). Héréditaire, les sujets atteints doivent être retirés de la reproduction.La luxation antérieure du cristallin, affection héréditaire également, peut entraîner la perte de l'œil atteint.
Le Jack Russell et son cousin le Parson peuvent se passer de toilettage pour se contenter d'un coup de brosse de temps en temps. L'utilisation d'une petite étrille métallique permet d'éliminer une bonne partie du poil mort. Les adeptes des expositions de beauté ont pris l'habitude de laisser la tête soigneusement hirsute mais de pratiquer une légère épilation sur le corps. Le lavage est possible, mais il convient d'utiliser un shampooing spécial qui respecte la texture dure du poil.
Jack ou Parson, c’est finalement une affaire de goût. Mais si l’on préfère sa version « bas sur pattes », il est préférable de choisir un chiot issu d’une lignée de Jack tels qu’ils ont été sélectionnés en Australie plutôt qu’un petit Parson, qui ne présentera pas forcément le bon type. Inversement, pour le Parson, on veillera à ne pas choisir un sujet manifestement petit. Dans tous les cas, la robe ne doit pas comporter moins de 70 % de blanc. Les robes truitées ou mouchetées ne sont pas acceptées.
L'un et l'autre sont l'exemple type du petit chien sans problèmes, bien dans sa tête. Il adore les enfants et apprécie la vie de famille. Campagnard ou citadin, peu importe. L'essentiel étant de lui consacrer un peu de temps et de lui donner l'occasion de se dépenser.