Le Saluki est probablement avec le Sloughi un des lévriers les plus anciens. Il est le chien noble traditionnellement élevé par les civilisations arabes.
Les historiens affirment, en se basant sur un squelette retrouvé en Irak, qu'il aurait été présent aux côtés d'Abraham. Nés en Arabie, accompagnateurs fidèles des caravanes, ils ont progressivement gagné tout le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Les Lévriers, à l'image des pur-sang, ont toujours fait l'objet d'une attention particulière de la part des peuples arabes. Ils les considéraient à part des autres chiens. Les Lévriers sont les chiens "nobles" (el Hor) ou "bénis" (el Baraka), par opposition aux "kaleb" plus communs qui laisseront leur nom à l'appellation péjorative de "clebs" ou de "clébard". A propos du Saluki, on utilise parfois la dénomination de "compagnon des rois".
Le mot lévrier, dérivé du latin, signifie "chien de lièvre". Et de fait, les Salukis sont appréciés pour leurs qualités de chasseur. Inestimables, ils sont traditionnellement offerts aux personnages éminents. Mais si l'on parle des Salukis en tant que race, on trouve en réalité de nombreux types, selon la zone géographique et le gibier qu'il est amené à pourchasser. Son arrivée en Europe est également ancienne. On sait que les croisés en ramenèrent au retour des guerres saintes. Il n'est pas rare de retrouver le Saluki présent sur les tableaux d'époque et la littérature y fait de nombreuses allusions. Mais son entrée officielle dans la cynophilie date de 1923. C'est en effet cette année-là que le premier standard de race est rédigé, suffisamment large pour englober les différents types que l'on rencontre. Sarona Kelb, chien noir et feu importé de Syrie par le Brigadier Général Lance à la même époque, fait office de référence. Il a également servi de base pour la rédaction du standard. La même année, la race est reconnue par le Kennel Club. Il s'appelle alors Lévrier de Perse. En France, c'est surtout après la seconde guerre mondiale que l'on va le rencontrer.
La morphologie générale des lévriers se caractérise par une forme du corps bien particulière. L'adjectif "levretté" est passé dans le langage courant, désignant un ventre très remonté, resserré vers les flancs. Autre élément caractéristique, et commun aux différentes races de Lévriers, la tête, qui est longue et effilée. Le stop, dépression entre le crâne et le museau est peu marqué.Le Saluki est doté d'une construction élégante, légèrement allongée et tout en finesse. On devine en le regardant qu'il est à la fois rapide et endurant. Le standard de race précise : « Dans son ensemble le Saluki doit exprimer la grâce et l'harmonie des formes ainsi que la grande vitesse et l'endurance associées à la force et la vivacité ».La tête typique des Lévriers exprime la noblesse. La mâchoire est forte et les dents sont disposées dans un articulé en ciseau parfait. Les yeux sont grands et ovales, le plus souvent noirs ou noisette. Les oreilles sont longues et couvertes de poils soyeux. Elles sont attachées haut et retombent le long des oreilles. Le cou est souple et bien musclé, formant un galbe harmonieux. Le chien est doté de proportions importantes. La longueur de son corps est sensiblement identique à sa hauteur au garrot, même si sa finesse laisse souvent penser qu'il est plus long. Le rein est arqué légèrement, prolongé par une queue longue, attachée bas et portée naturellement courbée. Chez l'adulte, elle ne doit pas remonter au-dessus de la ligne de dos, sauf lorsqu'il joue. Les membres sont longs, les épaules et les cuisses bien musclées. Cela permet des allures légères et aériennes, avec à la fois un bon allongement et une bonne propulsion. Le trot est régulier et facile.
La variété la plus courante possède un poil lisse, doux et soyeux, avec des franges aux oreilles, à l'arrière des membres et sur les oreilles. Mais il existe également une version à poil ras, sans franges. Toutes les couleurs sont permises, noir, blanc, fauve, sable… Elles peuvent être unies ou pluricolores. Seules les robes bringées sont refusées.
Le Saluki est un chien très calme. Il est très attaché à sa famille, sans toutefois le manifester par de grandes démonstrations. Il est somme toute assez indépendant. Le Saluki est réservé à l'encontre des inconnus, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il puisse être craintif ou agressif. Il ne doit être ni nerveux ni peureux.Sa sociabilité est à toute épreuve pour peu qu'il ait été élevé dans la maison, au contact de l'homme. Il cohabite de façon très naturelle avec les autres animaux qui y vivent s'il y a été habitué bébé. La seule précaution à prendre est d'éviter de faire cohabiter deux mâles dominants lorsque se trouve à proximité une femelle en chaleur.
Au Moyen-Orient, le Saluki est un chasseur de gazelles. En Grande-Bretagne, en Irlande ou aux Etats-Unis, le Racing (épreuves de course sur cynodrome) est très prisé et donne lieu à des paris, au même titre que les courses de chevaux. Mais force est de constater que le Saluki doit céder la vedette aux Greyhounds et aux Whippets, plus rapides et donc plus spectaculaires. L'épreuve reine en Angleterre est le "Lure coursing". Les Salukis, deux par deux, poursuivent un lièvre vivant. Le juge, à cheval, apprécie le travail des chiens et leur comportement de chasse. Ce n'est pas la vitesse qui est jugée.
En France, l'utilisation du Saluki à la chasse - et plus généralement des Lévriers - est interdite depuis 1843. Il s'agit en effet de l'une des nombreuses lois d'abolition de privilèges. Mais on trouve deux types d'épreuves sportives : le Racing et surtout la Poursuite à Vue sur Leurre (PVL). La PVL est une variante du Lure coursing où le lièvre est remplacé par un leurre recouvert d'une peau de lapin et entraîné mécaniquement devant les chiens.
A défaut de participer à des activités sportives encadrées, le Saluki a besoin de grandes balades où il pourra exprimer sa fougue et son envie naturelle de courir. Une marche quotidienne de deux ou trois kilomètres lui est très profitable. Cela permet de le muscler et lui donne l'occasion de rencontrer du monde.
Peu de choses à dire sur la santé du Saluki qui ne présente aucune particularité par rapport aux autres races. Très résistant, sa longévité est impressionnante. Il n'est pas rare de voir un Saluki atteindre l'âge de 17 ans ! Et le chien vieillit bien. C'est sans doute lié au fait que la race est restée très proche du chien d'origine et qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une sélection outrancière. On ne déplore aucune maladie spécifique ou tare qui affecte la race.Petite précaution utile : surélever sa gamelle pour éviter que le chiot ne se déforme en se penchant trop pour manger ou boire. Il existe d'ailleurs des supports spécifiques, que l'on réglera en hauteur au fur et à mesure de sa croissance. Dans le cas contraire, cela peut entraîner des défauts d'aplombs. De même, on évitera les escaliers aux jeunes chiots. Trop d'exercices de ce genre ont pour effet de décoller les épaules, entraînant plus tard une démarche défectueuse.
L'entretien est limité pour ce chien à poil court. Tout au plus peut-on le brosser, en veillant à démêler les franges… ce qui ne doit pas nécessiter plus de cinq minutes par jour ! Une bonne hygiène des oreilles est nécessaire pour éviter les infections, courantes chez les chiens à oreilles tombantes. Il est tout à fait possible de laver son Saluki, en veillant à utiliser un shampooing adapté.
Le Saluki est un chien qui devient adulte assez tardivement, vers l'âge de deux ans. Difficile donc de déceler dans le chiot de deux mois le futur champion ! On orientera son choix vers un chien ne présentant manifestement pas de défaut de caractère, ni craintif ni essayant toujours de mordiller. En ce qui concerne la morphologie, on surveillera le port de queue, l'implantation des oreilles, les aplombs et les angulations. Autant de point décrits par le standard de race et que l'on peut déceler sur le jeune chiot.
Le Saluki est un chien de famille qui s'accommode de tous les contextes de vie. Certes, il préférera un maître sportif et la vie au grand air. Il peut éventuellement vivre en appartement, mais c'est peu souhaitable si l'on ne dispose pas d'assez de temps pour le promener quotidiennement. Le Saluki bien éduqué peut être emmené partout sans problèmes, il saura se faire oublier.