Impressionnant, sûr de lui, protecteur né, l’as du gardiennage, le meilleur des gardes du corps… Tous les vocables qui décrivent le Fila placent ses aptitudes loin devant ses caractéristiques morphologiques.
Au Brésil comme dans n’importe quel autre pays, le Fila est devenu une référence en matière de protection des biens et des personnes. Et la croissance de ses naissances en France – 67 en 1999, 164 en 2000 – devient significative.
Jusqu’en 1994, le Fila était la seule race canine brésilienne reconnue, l’autre étant le Fox Paulistinha surnommé Terrier Brésilien. Le Fila est un molosse typiquement brésilien, utilisé dans les immenses exploitations agricoles. Un chien imposant qui a fait ses premiers pas en Europe, via l’Allemagne. En effet, c’est le Prince Albrecht von Bayern, à la suite d’une visite au Brésil en 1954, qui a introduit la race outre-Rhin, en ramenant de son périple quelques chiens d’élevages brésiliens. Mais la reconnaissance des particularités de la race ne devint effective que beaucoup plus tard. Au début des années 80 précisément. La décennie des « 80’s » allait devenir celle de la plus forte période d’exportation de Filas Brésiliens dans le monde et en même temps, marquer les débuts de la sélection de la race à l’extérieur de son pays de naissance.
Au Brésil, dès 1982, le Fila se retrouve en tête des races enregistrées par le CBKC (le Kennel club brésilien, affilié à la Fédération cynologique internationale). Cette année-là, plus de 8 000 chiots sont inscrits par les éleveurs. Pendant cette période faste, certains exportèrent des dizaines de chiots, ce qui fit le bonheur « financier » des revendeurs et brokers locaux. Un éleveur installé près de Sao Paulo revendiqua plus de 200 chiens exportés sur différents continents. Au fil des années, le nombre d’éleveurs en activité devint si important que les différents clubs nationaux décidèrent d’organiser un congrès mondial sur la race. Ce dernier se déroula à Rio de Janeiro dès 1983. Du Brésil aux USA, le Fila allait franchir le pas grâce à la spécialiste Clélia Kruel, une éleveuse brésilienne de renom (Do Camping) partie s’installer aux Etats-Unis. Depuis, la demande a explosé outre-Atlantique et deux clubs revendiquent la sélection et la promotion du Fila.
En Europe, l’Espagne a naturellement été une pionnière et revendique aujourd’hui le cheptel de Filas le plus important en Europe continentale. En France, la race est actuellement entre les mains de quelques passionnés qui se sont réunis au sein du CAMILA (Club des Amateurs de Molosses Ibériques et Latino-Américains). L’élevage connaît une croissance continue dans notre pays : 3 naissances en 1994, 14 en 1995, 28 en 1996, 62 en 1997, 67 en 1999 et 167 en 2000. Certes, nous sommes loin des chiffres du Cane Corso ou du Dogue Argentin mais le Fila est passé devant le Dogue du Tibet, le Matin Espagnol, le Berger d’Anatolie et le Grand Bouvier Suisse. Pourtant, il y a cinq ans, la race était pratiquement inexistante dans l’hexagone !
Examinez un chiot Fila. Il présente très tôt les principales caractéristiques que l’on retrouve chez un adulte typé. Ses oreilles sont longues, insérées à hauteur de la ligne de l’œil. La tête est massive, avec beaucoup de peau lâche autour du cou. Le stop est presque inexistant. Vous êtes assurément, face à un chien qui n’est pas une demi-portion. Attention, sa croissance rapide requiert une nutrition adéquate, beaucoup de patience et des heures de repos. Méfiez-vous des sols carrelés, glissants, qui peuvent causer des déformations irrémédiables chez le chiot en croissance. Autre sujet d’attention chez les éleveurs, les hanches. Tout reproducteur doit être contrôlé avec un résultat de lecture officielle. Autre particularité physique du Fila, sa croupe, très souvent plus haute que le garrot, et qui peut surprendre le néophyte. Notez également que la lice Fila est très prolifique : des portées de 14 à 15 chiots ne sont pas rares. Quand on sait qu’un chiot mâle dépasse 50 kg à l’âge adulte et peut atteindre une taille de 75 cm au garrot, vous imaginez le morceau !
Parmi les défauts recensés dans le cheptel, citons le manque de taille : moins de 60 cm au garrot pour une femelle, moins de 65 chez un mâle, écarte le sujet de l’élevage. D’autres défauts sont également rédhibitoires en élevage : l’agressivité à l’égard du maître, un sujet vicieux, et d’un point de vue morphologique, une truffe rose, un prognathisme, des yeux bleus, des oreilles ou/et un fouet écourtés, une croupe plus basse que le garrot, une robe blanche, gris souris, merle ou noire marquée de feux, un manque de poids et d’ossature, l’absence de peau lâche. De même, une tête manquant de volume, un stop accusé, des yeux protubérants sont des défauts graves qui marquent un retour en arrière par rapport aux différentes races et populations canines utilisées dans la fixation du Fila moderne.
Le caractère du Fila est particulier. Le standard le décrit ainsi : « Particulièrement courageux, sa détermination et sa bravoure font partie de ses caractéristiques distinctives ». Ce qui ne l’empêche pas d’être docile et obéissant avec sa famille d’adoption et il est réputé pour sa tolérance à l’égard des enfants. Nous évoquons la vie au foyer de votre futur compagnon car avec le Fila, le chenil au fond du jardin est à proscrire. De nombreux spécialistes recommandent qu’il vive en compagnie de sa famille d’adoption.Son dévouement est proverbial et reconnu par tous les amateurs brésiliens. Quand un néophyte rencontre un Fila pour la première fois, il est impressionné par son assurance, son maintien et son calme. Qui peut imaginer que ce molosse à l’aspect débonnaire se révèle être un redoutable gardien des biens qui lui sont confiés ?
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