C’est à l’occasion du récent championnat d’élevage qui se déroulait à Moscou que Sylvia Pons, férue de Berger de Russie Méridionale, a réalisé ce reportage. Découvrez ce chien grâce au diaporama présentant les plus beaux sujets exposés au dernier championnat moscovite.
Le Berger de Russie Méridionale est une race dont la création était orientée exclusivement à des fins utilitaires. C’est à la fin du 19e siècle (1880), au cœur de la Crimée, que la race a été façonnée. Mais pendant de nombreuses années, elle restera confidentielle, confinée à son berceau de naissance. A tel point qu’elle faillit bien disparaître. Si dans les années 1960-1970, un groupe de passionnés ne s’était pas mobilisé face à la diminution drastique du cheptel de la race, le Berger de Russie Méridionale ne serait plus qu’un vague souvenir aujourd’hui.
Diaporama sur le Berger de Russie Méridionale réalisé à l’occasion de la Nationale d’Elevage 2001 qui se déroulait à Moscou sous les jugements de l’expert Ludmilla Santeladze.
Nous devons tous remercier le chenil de L’Etoile Rouge et le Mikoms, installés à Moscou, qui ont permis de sauver cette race. Actuellement, l’élevage « Bielyi Veter » (affixe qui signifie le Vent Blanc) travaille en réutilisant les lignées d’Ukraine et de Russie. Les premiers pas de la race en Europe remontent à l’aube des années 80. Notamment en Pologne où la sélection « Nortonia » s’est rapidement fait remarquer. Puis le Berger de Russie a gagné la Hongrie, pays qui comptait un élevage pléthorique entre 1985 et 1989. Subitement, la sélection de ce pays diminua jusqu'à devenir complètement marginale. Les premiers sujets sont arrivés en France en 1989, avec l’importation d’une femelle née en Pologne (de l’élevage Nortonia) et un mâle venant directement du chenil de L’Etoile Rouge. Nous comptons aujourd’hui en France une trentaine de sujets inscrits au LOF, ce qui confirme la rareté de la race dans ce pays : la moitié du cheptel inscrit est aujourd’hui soit décédée soit partie à l’étranger.
Ailleurs, aux Pays-Bas, en Tchéquie et en Hongrie, quelques affixes continuent leur travail de sélection amorcé il y a une dizaine d’années. Citons également l’Ukraine où l’élevage s’est développé. Pour ne pas être marginalisé dans la sélection de la race, il est devenu primordial pour chaque éleveur de connaître les directives d’élevage élaborées par les responsables de la race en Russie. Quand cela est possible, chaque éleveur doit faire l’effort d’aller voir directement sur place les sujets les plus représentatifs. Mais il existe un autre moyen de nouer des relations avec les dirigeants russes : favoriser la création de symposiums internationaux réunissant juges et éleveurs afin de définir les priorités de sélection et les lignées à suivre. C’est grâce à de telles initiatives que la sélection dans les élevages suivra la même direction. Le standard et les directives de sélection sont russes, nous devons donc impérativement les suivre.