Perico du Val d’Europe est un tout jeune Boxer bringé qui a fêté ses 2 ans en août 2001. Fils d’une Italienne mariée au meilleur géniteur allemand actuel, il est devenu en l’espace de 12 mois une star chez les amateurs de Boxers en Europe.
Les plus grands éleveurs actuels vous le diront sans ambages : le Boxer est une race particulièrement difficile à élever. Surtout lorsqu’il s’agit de sortir un sujet au-dessus du lot. En Europe, sur les vingt dernières années, quelques stars françaises se sont imposées sur le circuit des rencontres qui comptent : Perry du Chemin Fleuri, né en 1979 chez Robert Genre, Athos de l’Enfer Vert (né en 1985 chez Mme Merchat), sans oublier « la star »née en 1996, M’ De Sullieu, une femelle bringée qui a dominé les plus grandes rencontres internationales de la race.
Si les étalons bringés marquants de l’élevage contemporain ont été majoritairement allemands, pays d’origine de la race, quelques chiens italiens ont également chaussé la pointure des vedettes internationales. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté d’un jeune éleveur francilien, François Médioni. Après avoir étudié « le Boxer » dans les livres puis mis en pratique ses connaissances, François réussissait à sortir le mariage gagnant en accouplant une femelle achetée en Italie au meilleur étalon allemand du moment. Dans la portée, le jeune Perico resta à l’élevage jusqu’à l’âge de deux mois avant de rejoindre sa nouvelle demeure, celle de Noëlle Desurmont… productrice de la fameuse M’ De Sullieu, 9e génération de sélection sous le même affixe !
L’arrivée de Perico allait bousculer les habitudes de la maison. Noëlle nous résume cet événement : « Est arrivé au mois d’octobre 1999 le plus beau cadeau, Perico du Val d’Europe. Merci à toi, François, tu m’as comblée. Je rêvais d’avoir un mâle qui ressemble à M’ (référence à M’ De Sullieu, le Boxer français le plus titré de ces dix dernières années), c’est chose faite. Perico a les mêmes origines et, en plus, les yeux sombres, et il ne me donne que des satisfactions… ».Mais celui qui suit quotidiennement les exploits de la nouvelle vedette n’est autre que son naisseur et présentateur, François Médioni. Après avoir fait un bilan objectif des qualités de son « protégé » - n’oublions pas, cependant, tous les autres Boxers du Val d’Europe qui tournent dans les rings -, François a tout de suite visé haut en sélectionnant les sorties à travers l’Europe (voir le palmarès éloquent de Perico) en fonction de la concurrence et de la réputation des juges. Il nous raconte l’histoire de ce prodige que les Allemands utiliseront forcément, une fois que les premiers « rejetons » de Perico feront leurs premières sorties en expo.
« Cela commence ainsi : après avoir fait l’acquisition de la femelle italienne Olinda Dei Cavalieri Del Monferrato, née chez Sonia Lupano, je décidais de lui choisir un étalon à la hauteur. J’avais pris soin d’étudier le travail de l’éleveuse française, Noëlle Desurmont, qui « travaille » sur les mêmes lignées. Précisons tout de suite qu’Olinda possède une ascendance qui a largement fait ses preuves. Ses géniteurs sont en effet ceux qui ont donné naissance au raceur italien Caos et à sa sœur Chiara, remarquée dans les plus grands rendez-vous de la race. D’où mon choix d’un géniteur talentueux, le mâle fauve, Ibsen Von Der Sembacher Flur. Ce multi-champion né en Allemagne chez Monika Reich est non seulement un double petit-fils du raceur Athos de l’Enfer Vert (photo ci-contre) mais également le mâle le plus prolifique et le plus marquant outre-Rhin. » Il vient malheureusement de disparaître en laissant une empreinte indélébile dans l’élevage contemporain.
« Le 15 août 1999, Olinda donnait le jour à une superbe portée. Rapidement, je jetai mon dévolu sur un petit mâle bringé surnommé Périco. Une façon de rendre hommage à son illustre ancêtre, Perry du Chemin Fleuri, un mâle bringé qui a porté si haut les couleurs de l’élevage français sur la scène internationale. Début septembre, je quitte l’Ile de France accompagné de Noëlle Desurmont, direction la Nationale d’élevage du Club du Boxer autrichien. Cette manifestation se déroulait à Vienne. Lors de ce week-end, j’ai pu longuement discuter avec Noëlle en détaillant la portée d’Ibsen et Olinda. Comme Noëlle devait aller à Paris peu de temps après, elle décida alors, impatiente et excitée par la curiosité (rappelons que Caos sur In’Edith de Sullieu représentait un mariage similaire à celui des géniteurs de Perico) de venir voir les chiots à la maison. Au Val D’Europe, dès qu’elle aperçut le phénomène, ses premiers mots furent simples : « je le veux ! »
« Ne pouvant garder Perico, faute de place, je décidais rapidement de lui céder, mais à condition d’en être co-propriétaire et de partager tous les exploits de ce chien. Aujourd’hui, il est quadruple champion Jeune (Suisse, Allemagne, Italie et Bundesjugendsieger 2000) et démarre sur les chapeaux de roue sa carrière chez les adultes. En deux sorties, il a remporté le CACIB et le meilleur de race lors de l’exposition internationale de Montpellier, et puis, lors d’une récente régionale allemande, il a été sacré Klubsieger et Meilleur mâle ! »Depuis, Perico est parti en Belgique chez un talentueux éleveur et éducateur, Ingmar Sioen-Poppe (Van Sapho’s Hoeve). Ce dresseur qui aligne des titres prestigieux en compétition (IPO, SchH) doit prendre en mains Perico et lui faire passer les titres de travail. Soulignons que ce passionné compte dans son élevage plusieurs vedettes, provenant des meilleures sélections italiennes et françaises. Depuis, les grands noms de l’élevage européen viennent régulièrement utiliser les services de Perico. Des petits « Perico » (ci-contre, son fils bringé Dismo di Soragna) se sont déjà fait remarquer dans les rings européens. De quoi voir les années qui viennent avec sérénité et envisager l’avenir de cette étoile avec tout l’éclat qu’elle mérite !