Pour le non initié, le jugement d’un berger allemand, individuel pour le qualificatif puis collectif pour le classement, semble privilégier le mouvement… rien que le mouvement…
En suivant depuis de nombreuses années, l’appréciation des juges dans les rings de Bergers Allemands, il apparaît très nettement que le mouvement est devenu un élément déterminant lors du classement final…Pourquoi une telle importance, alors que dans un jugement, les critères entrant en lignant de compte concernent aussi bien l’aspect morphologique (tête, corps, avant main, etc.), le comportement (test du coup de feu), la santé (examen des hanches, des coudes), le caractère (test, examen, ), les mensurations (taille au garrot), l’empreinte du sexe, et beaucoup d’autres critères. Voici un petit rappel des différentes phases de jugement du «Berger Allemand en mouvement ».
Que ce soit lors de l’examen individuel ou en groupe (pour le classement), le jugement des allures permet d’apprécier la façon dont un Berger Allemand se déplace. Le pas, le trot et le trot allongé seront jugés, tandis que le galop n’est pas retenu, en particulier, lorsqu’il s’agit d’une race bergère. Qu’est ce qu’un mouvement correct ? « Une allure est belle (d’après LESBRE), quand son rythme est régulier, quand les membres se meuvent parallèlement au plan médian du corps, le pied effectuant son oscillation ni trop près ni trop loin du sol, quand le mouvement est Tride, c’est-à-dire se fait avec franchise, fermeté et rapidité, sans manquer de souplesse, quand toutes les articulations y participent d’une manière normale, quand les battues sont légères et régulièrement espacées et quand les oscillations latérales ou verticales du tronc ne sont pas exagérées. Par exemple, quand un Berger Allemand trotte, il reste bien uni dans ses allures réglées et harmonieuses, il n’y a pas de déplacement vertical important de la ligne du dessus ».
« Le Berger allemand est un trotteur. Les angulations et la longueur des membres doivent être si bien équilibrées que, sans oscillation notable de la ligne du dessus, les postérieurs peuvent s'engager vers l'avant sous le corps et les antérieurs couvrir un terrain égal. Toute tendance à une sur angulation des postérieurs diminue la fermeté et l'endurance, et est préjudiciable aux capacités d'utilisation du chien. En présence de rapports corrects entre la structure générale et les angulations, on obtient des allures de grande amplitude au ras du sol sans signe apparent d'effort. Au trot, régulier et calme, la tête tendue vers l'avant et la queue légèrement relevée forment, de la pointe des oreilles par la nuque et le dos jusqu'au bout de la queue, une ligne du dessus souple, harmonieuse et ininterrompue ».
Marc Renaud, spécialiste de la race, décrit ainsi l’importance des allures à l’issue du jugement individuel : « Il reste à examiner le chien en action. Un tour de terrain au trot allongé, permettra de vérifier la qualité de la construction constatée en statique, d’évaluer l’amplitude du mouvement avant et arrière, la fermeté de l’ensemble et la tenue du garrot, ainsi que le dynamisme dans l’action. L’énergie que présente le sujet dans son déplacement révèle la qualité de sa puissance locomotrice ainsi que son tempérament. Cet examen permet également de déceler les éventuelles boiteries. Le berger allemand étant un trotteur, il se déplace, aux allures, en diagonale (quand les membres s’associent par bipèdes diagonaux — patte avant gauche allongée sur l’avant, arrière gauche allongée vers l’arrière, dans le même temps, avant droite repliée vers l’arrière, arrière droite repliée vers l’avant). Une démarche latérale est tolérée quand le berger allemand marche au pas lent quand les membres évoluent par bipèdes latéraux, mouvement appelé amble (voir la démarche rapide des dromadaires). À la fin de cet examen très complet, le juge déterminera le qualificatif provisoire ainsi que le classement de départ avant les allures en groupe, en tenant compte de la qualité d’ensemble des sujets présentés à l’examen individuel ».
La statique
Cet examen, qui à priori n’est pas considéré comme un mouvement, est nécessaire car il permet au juge de voir la correction des aplombs et des angulations, qui ont un rôle déterminant lors du mouvement.
Le pas
Cette phase est la plus lente. Votre chien déplace tour à tour chacun de ses membres, les trois autres restant toujours en appui. Il s’agit d’une allure marchée à quatre temps au cours de laquelle, le chien prend appui successivement sur chacun des quatre membres. Le pas peut être normal ou allongé.
Le trot
Il s’agit d’une allure typiquement bergère, qui permet au chien de parcourir des km au même rythme, sans effort apparent. Nous sommes en présence de bipèdes diagonaux avec une période – la deuxième – au cours de laquelle le sujet est en suspension (plus aucun membre ne touche terre et ne sert d’appui).
Le trot allongé
Dans la « foulée » du précédent, le trot allongé est une allure caractéristique chez le Berger Allemand.
Le passage sans laisse
Il s’agit d’un moment important qui est toujours apprécié de façon collective, plus précisément par groupe (de 5 chiens généralement).
L’examen des aplombs
La correction des aplombs est un critère indispensable pour que le sujet exprime « sa puissance locomotrice » : un sujet « serré de l’arrière », avec des aplombs légèrement tournés, aura une phase de propulsion réduite.
Lors de l’aller, le groupe étant sur une même ligne, le juge examine les aplombs postérieurs (ainsi que la croupe, etc..). Le standard souligne que « Les postérieurs sont légèrement inclinés vers l'arrière, tout en restant, vus de derrière, parallèles entre eux ».
Lors du retour, le juge examine prioritairement les aplombs antérieurs au sujet desquels le standard souligne : « Ni en station ni en action, les coudes ne doivent être décollés ou serrés. Vus de tous les côtés, les avant-bras sont droits et parfaitement parallèles entre eux, secs et dotés de muscles fermes ».
Alors, à vous de jouer !