A tout juste 27 ans, Vincent Munier réussit à vivre de sa passion depuis 2 ans. Il sortira bientôt un ouvrage sur les animaux qui peuple l’île d’Hokkaïdo au Japon.
Enfant des Vosges, l’intérêt de Vincent Munier pour la photographie animalière s’est révélé à l’âge de 12 ans. Au cours d’une de ses balades, son chemin croise un chevreuil qu’il photographie avec le vieux téléobjectif de son père. Une première image, un élément déclencheur d’une passion qui dure depuis 15 ans.
Son père, photographe amateur et naturaliste, est un autre atout majeur. Il lui a appris et transmis son amour pour la nature. « Si mon père ne m’avait pas mis le pied à l’étrier, je ne sais pas si aujourd’hui je ferais ce métier » raconte-t-il.
Trois années au un quotidien régional l’Est Républicain, lui apprennent « à travailler vite ». Autodidacte, il se jette à l’eau en janvier 2002. De nombreuses photos récompensées au Festival de la Photo Animalière et de Nature de Montier-en-Der et au prestigieux concours international de la BBC "Wildlife Photographer of the Year" ont été un bon tremplin pour sa carrière de photographe spécialisé dans la vie sauvage.
Solitaire, patient et discret, Vincent Munier ne fait qu’un avec la nature. « Le but de la photo animalière est d’être le plus discret possible pour pouvoir se fondre complètement dans le milieu et obtenir des attitudes naturelles, pour avoir des combats, des interactions entre plusieurs animaux» précise-t-il.
Reflet d’une ambiance particulière, un chevreuil dans la brume, des oiseaux évoluant dans la neige, ces clichés sont l’expression de ses émotions. « J’essaie de retranscrire toutes ces ambiances que j’ai vécu sur le terrain pour faire ressentir aux gens tous ces moments forts ». L’animal en gros plan ne l’intéresse pas. Il préfère privilégier ce qui l’entoure. « C’est certainement mon côté naturaliste » ajoute-t-il. La pratique de son métier lui procure un immense plaisir : « J’adore, cela prend du temps, c’est du luxe, mais j’espère continuer et faire du bon travail ».
Du delta de l’Okavango au Botswana ou sur l’île d’Hokkaïdo au Japon, il prend sur le vif les animaux dans leur environnement naturel. Les conditions climatiques sont parfois contraignantes : « le froid, l’humidité, j’ai eu des températures de moins 35°C ». La difficulté ne le rebute pas au contraire. La photo possède alors beaucoup plus de valeur à ses yeux. Pendant des heures et des heures, il observe, guette…toujours respectueux du milieu qui l’entoure. Puis tel un mirage, l’animal tant attendu apparaît en quelques secondes. D’un déclic, il le fixe sur la pellicule.
Vincent Munier travaille aujourd’hui pour des revues nationales et internationales et des maisons d’éditions. A 27 ans, il a déjà publié deux ouvrages « Le ballet des grues » et « Le loup ». Un troisième livre consacré à l’île d’Hokkaïdo au Japon où vivent grues de Mandchourie, cygnes sauvages, pygargues de Steller (le plus grand aigle du monde) est en cours de préparation. Il paraîtra aux éditions Castor & Pollux dans le courant de l’année.