Le Cavalier King Charles a lui aussi besoin d'être sauvé, victime de problèmes oculaires, connus depuis bien longtemps mais également de problèmes cardiaques graves (endocardiose mitrale), responsable de plus de 60% des décès non accidentels et d'une espérance de vie moyenne de ~8 ans, ainsi que la syringomyélie et l'épilepsie.
Une collecte ADN et une entraide internationale s'organisent progressivement. En France, j'ai traduit et adapté les documents nécessaires à cette collecte : ils sont disponibles sur mon site ou auprès du Club de race.
Le Cavalier King Charles Spaniel (CKC) est connu pour sa prédisposition aux problèmes héréditaires oculaires et cardiaques [1]. L'endocardiose mitrale a fait l'objet de plusieurs thèses : Mlle F. Villaret [1] a, en France, établi un taux de prévalence de 24.9% pour cette valvulopathie génétique héréditaire pluri-factorielle.
En mars 2004, ce journal publiait un article sur le syndrome syringomyélique du CKCS secondaire à une hypoplasie occipitale [2], en écho à des publications du Dr Clare Rusbridge en Grande Bretagne [3] qui confirment la composante héréditaire de sa transmission. L'article concluait en mettant en garde les vétérinaires et éleveurs contre l'évolution du cheptel français du CKC si aucune mesure sérieuse n'était rapidement mise en place. Tout ceci n'est que l'aspect technique; si on considère en plus les souffrances physiques et morales endurées par les chiens et leurs maîtres, il apparaît d'autant plus important de participer à une évolution des choses.
L'obstacle majeur dans l'éradication de ces maladies, c'est le dépistage d'animaux qui paraissent sains mais qui sont en fait porteurs de l'anomalie génétique : ce dépistage, dans le cadre de la syringomyélie, met en œuvre un examen onéreux et lourd (l'Imagerie par Résonance Magnétique). Cet examen cependant ne permet pas de différencier un chien sain non porteur de l'anomalie génétique d'un porteur sain (c'est-à-dire non clinique mais portant les gènes de la maladie). Certes les éleveurs consciencieux appliquent un principe de précaution : écarter de la reproduction les chiens atteints, ne pas faire reproduire de chiens jeunes (car la maladie s'exprime généralement avant 3 ans), contrôler régulièrement les reproducteurs et éviter la consanguinité. Ceci limite les risques, mais ne permettra jamais d'éradiquer ces maladies ; de plus, ce type de sélection diminue la diversité génétique de la race et peut engendrer l’apparition de nouvelles anomalies héréditaires.
Un programme concernant la recherche de gènes codants pour le syndrome syringomyélique, l'endocardiose mitrale et l'épilepsie chez le Cavalier et le King Charles a été mis en place sur des fonds privés au Canada, aux USA, en Grande Bretagne et aux Pays Bas. Le but de ce projet est de trouver un marqueur pour les gènes responsables. Un dépistage par "simple" prélèvement sanguin permettrait de diagnostiquer les porteurs sains et de faire ainsi une meilleure sélection des reproducteurs. La première phase de ce projet a consisté en la collecte d'échantillons sanguins sur toute sorte de CKCS (sains ou atteints) qui vont être étudiés, en regard des différents pedigrees, afin de déterminer quels sont les marqueurs des gènes responsables de ces maladies. Un délai de 3 ans sera nécessaire pour mettre ces marqueurs au point. Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une seconde phase : il s'agit de récolter du sang de chiens atteints ou de leurs ascendants, collatéraux ou descendants. Ces chiens, en ce qui concerne le syndrome syringomyélique, doivent donc avoir un diagnostic de certitude par résonance magnétique ou autopsie. En ce qui concerne l'endocardiose mitrale, une évaluation du stade par échographie cardiaque est, elle aussi, nécessaire. Parallèlement, les propriétaires des donneurs de la première phase sont censés informer l'équipe de recherche de toute évolution clinique de leurs animaux, notamment l'apparition de signes d'atteinte nerveuse ou cardiaque et surtout si un diagnostic définitif a pu être fait. La participation de la France est d'autant plus légitime que de nombreuses lignées françaises de CKC ont des origines ou des branches britanniques.
Ouverte à tous les Cavaliers & King Charles LOF présentant des signes cliniques et à leur famille, cette collecte d'ADN anonyme consiste simplement en un prélèvement sanguin expédié à Mélanie Benard, au Montréal General Hospital, Canada qui se chargera de l'extraction d'ADN. Les documents indispensables à remplir et tous les renseignements notamment sur le statut clinique et le pedigree sont téléchargeables sur internet à l'adresse http://www.fckc.com/recherche-archives_adn.html, disponibles auprès du journal ou du Club des Epagneuls Nains Anglais - http://www.cena.asso.fr/ . Le propriétaire ne connaîtra jamais le résultat de son animal; le but est d'aider uniquement à mettre en place un test génétique. Avec l'appui des professionnels de la médecine vétérinaire qui pourront faire passer l'information auprès de leur clientèle, la France peut contribuer de manière significative à ce programme car le Cavalier King Charles Spaniel, avec ses 5407 inscriptions au LOF en 2003 figure parmi les races les plus populaires des français (8ème rang général et 1ère race du 9ème groupe).