Les chaleurs printanières revenant, nombreuses sont les chattes qui vont comme chaque année se retrouver confrontées à ce qui pour elles constitue un problème rémanent : l’humidité !
La chatte, on le sait, n’aime pas l’eau, cette dernière étant source d’altérations de sensations tactiles, gustatives et olfactives perçues par son environnement immédiat. Il n’en résulte pas pour le vétérinaire source de grande inquiétude, tant il est par essence familier de ce problème que finalement lui seul peut résoudre. Mais il n’en reste pas moins que le public, lorsqu’il est confronté de manière aiguë à la présence d’une chatte mouillée, se trompe encore trop fréquemment sur la conduite à tenir.
Le syndrome « chatte mouillée », s’il se limite heureusement dans nos contrées à une période qui s’étale du 30 mars au 30 juin, voit son origine dans certaines pratiques ancestrales de la Gaule antique ; à cette époque en effet, il était de bon ton de profiter de cette période de retour des chaleurs pour laver les chattes, encrassées qu’elles étaient par des hivers que leurs propriétaires passaient souvent à guerroyer, délaissant alors leur animal favori. Bien évidemment les us et coutumes ont évolué, et on lave à l’heure actuelle bien plus souvent les chattes qu’on ne le faisait à l’époque. Mais cette pratique a fini par s’ancrer dans la génétique de l’animal, amenant d’elles-mêmes les chattes à choisir cette période de l’année pour se tremper d’elles-mêmes, souvent d’ailleurs à la seule perception visuelle de l’intérêt que peut leur porter leur maître.
Dès lors, dans le cas ou tout un chacun se trouverait face à une chatte présentant des signes de ce syndrome, il nous est possible de conseiller la démarche thérapeutique suivante :
-vérifier dans un premier temps que l’affection suspectée est bien celle en cause, par un examen attentif de la toison de l’animal ; la perception ira de la simple humidité moite à une sensation de fourrure trempée, sachant toutefois que la simple manipulation se révèle inductrice d’une augmentation du phénomène en cause ;
-ne jamais tenter de sécher la chatte par un quelconque moyen mécanique ou faisant appel à un appareil électrique ; la cause même du syndrome étant d’origine psychogène, toute manœuvre de ce type ne fera qu’accroître l’humidité ambiante et faire passer le processus à un stade suraigu des plus redoutables pour les personnes environnantes ;
-traiter en fait le mal par le mal, en adaptant les principes même de la médecine dite homéopathique mais sans avoir à diluer le principe actif : l’eau ! Seule une aspersion profuse et sans discernement d’eau froide sur la chatte se révèlera susceptible de ramener rapidement l’animal à son état originel de légume au demeurant fort sympathique.
1er avril 2001