La lutte contre les déjections canines est une des préoccupations de la nouvelle équipe municipale parisienne. Yves Contassot, adjoint au maire, chargé de la propreté, a révélé son plan d’action pour lutter contre le fléau : le ramassage obligatoire.
Après une période de réflexion, la mairie de Paris a tranché : il faudra que les propriétaires ramassent. Quand on sait que chaque jour, 200 000 chiens produisent plus de 16 tonnes de déjections, provoquant 650 accidents par an, on comprend l’urgence d’une politique efficace ; d’autant que les 140 motocrottes qui arpentent la capitale chaque jour ne ramassent que 20% des déjections mais coûtent 70 millions de francs par an.
Face à cet échec, la nouvelle municipalité opte pour la pédagogie afin de faire entrer dans les mœurs le ramassage d’ici le premier semestre 2002. Un arrêté va le rendre obligatoire, y compris dans les caniveaux avant la fin de l’année. Dans cinq arrondissements-pilotes (IIIe, IVe, VIIe, XVe et XVIIIe), des éducateurs canins expliqueront aux propriétaires qu’il est facile de laisser la rue propre. Des sacs seront distribués aux passants et des distributeurs de sacs vont être installés dans tous les quartiers de la capitale. Après cette période d’éducation, à la fin de l’année 2001, la répression des propriétaires peu consciencieux sera appliquée grâce à l’élargissement des compétences des contractuelles qui seront désormais habilitées à verbaliser. Les amendes coûtent actuellement 1.200 francs et jusqu’à 3.000 francs en cas de récidive. Les canisettes, espaces prévus pour recueillir les déjections, vont être détruites au fur et à mesure et le contrat avec Ridalis, la société qui gère les motocrottes prendra fin en 2004.
Pour que cette énième politique réussisse enfin, il faut que les mentalités évoluent : selon une étude réalisée par l’institut IREQ, ce qui empêche les propriétaires de ramasser serait le regard des passants… Autre conséquence prévisible : la multiplication des poubelles dans les rues, car une fois la crotte emballée, il faut bien la mettre quelque part !
Lire le dossier qu’Aniwa a consacré à la question