La découverte d’un chat mort de la grippe aviaire sur l’île allemande de Rugen dans la mer Baltique – le premier mammifère retrouvé mort à cause du virus H5N1 en Europe centrale – soulève bien des questions chez les propriétaires de chats.
Est-ce que le virus peut se transmettre rapidement et facilement des oiseaux aux animaux domestiques ? Si un animal est malade, est-ce que les propriétaires doivent s’inquiéter pour leur propre santé ?
Les scientifiques savent depuis au moins deux ans que les félins peuvent attraper le virus mortel. En 2004, le virus a été retrouvé chez deux chats domestiques en Thaïlande. Des félins, auxquels on avait donné à manger des carcasses de poulets infectés, avaient également trouvé la mort dans un zoo thaïlandais. Et en août dernier, des civettes sauvages étaient également mortes du virus au Vietnam. La découverte d’un chat allemand mort dans une zone où des dizaines d’oiseaux sont morts à cause du H5N1 n’est donc pas vraiment une surprise. Comme tous les prédateurs, les chats chassent des proies affaiblies. Les chats s’attaquent aux oisillons ou aux oiseaux adultes malades, faibles ; il y avait donc des chances pour qu’un chat attrape et tue des oiseaux infectés. L’Allemagne a confirmé que le chat retrouvé mort l’était bien du virus H5N1, mais les recherches se poursuivent pour savoir s’il s’agit de exactement la même souche que celle retrouvée chez les oiseaux.
D’après le Professeur Paul Hunter, de l’Université d’East Anglia, Angleterre, le risque que des chats attrapent le virus est bien réel, mais il est faible. Le virus ne se transmet pas d’espèce à espèce si facilement, et cela vaut aussi pour les chats. Et les risques chez les humains ? Le risque pour un chat d’attraper le virus d’un oiseau infecté est très faible, et les chances que vous l’attrapiez de votre chat sont tout aussi faibles. Un risque faible à l’intérieur d’un risque faible représente un risque très faible. Les experts s’accordent à dire que pour le moment, il n’y a aucune raison de s’alarmer. A l’heure actuelle, le virus ne semble pas encore suffisamment « efficace » pour affecter d’autres espèces que les oiseaux. Le virus a déjà traversé une grande partie du monde, et il n’y a eu que de très rares cas de morts causés par la maladie chez les animaux domestiques. En Asie, des centaines de milliers d’hommes ont été en contact avec des oiseaux contaminés, et moins de 200 auraient contractés le virus. Il ne faut donc en aucun cas s’attendre à une hécatombe chez la population féline. Qui plus est, il y a plus de chance qu’un chat attrape le virus en mangeant des volailles mortes ou contaminées, dans les régions touchées, qu’en mangeant des oiseaux sauvages. Il faut simplement faire très vite à se débarrasser des oiseaux retrouvés morts, avant que des chats ou d’autres mammifères aient le temps de les manger. Il n’est pas recommandé de garder ces chats chez soi à l’heure actuelle. Il faut simplement que les propriétaires de chats vivants près d’élevages touchés s’assurent que leurs chats n’auront aucun contact avec les animaux morts.
Il y a toutefois un souci majeur, pour les animaux de compagnie et les humains : c’ est que le virus puisse muter et se transmettre plus facilement au sein d’une espèce. Cela ne s’est pas encore produit, mais si un virus H5N1 mutant rendait la contamination de chat à chat plus facile, alors ça serait une très mauvaise nouvelle, pour eux, et pour nous. A l’exception de certaines îles de l’Océanie, de la Nouvelle Zélande et de l’Australie, tout le reste du monde est concerné par les migrations d’oiseaux. Si il n’y a pas encore de menace à grande échelle pour l’homme, les scientifiques craignent que le virus puisse muter et déclencher une épidémie de grippe, ce qui pourrait alors potentiellement mettre en jeu la vie de millions d’humains.