La Suède, et la Scandinavie en général, bénéficient d’un statut un peu à part dans le monde de la félinotechnie. Nation majoritairement FIFé, la Suède comptent des clubs « indépendants » chez lesquels les éleveurs FIFé n’hésitent pas à exposer.
Les 27 et 28 mai se tenait à Uppsala, une ville étudiante près de Stockholm, une exposition féline organisée par le club indépendant « Sveriges Nya Raskattförenings ». Les expositions félines dans ce pays répondent à des modes de fonctionnement assez différents des nôtres. Les chats ne sont pas présentés aux juges par leur propriétaire, mais par des assesseurs, comme cela se faisait chez nous il y a 10 ans. En tant que juge, je trouve cette pratique assez négative, car elle ne permet pas ce contact si nécessaire avec l’éleveur. Le rôle d’un juge est, à mon sens, avant tout pédagogique, et au-delà de l’attribution d’un titre, il y a le partage des connaissances que chacun peut apporter à l’autre. Mais ma première impression de distance et de manque de transparence s’est vite dissipée lorsque j’ai compris la suite du mode de jugement. Photo : Les exposants viennent chercher les commentaires de jugements posés sur une table dans la salle.
Les titres ayant été attribués, les chats sont rappelés pour être présentés et commentés au public. Je pensais ne devoir exposer que les points positifs de chaque chat, sans m’attarder sur les défauts de chacun. Or, très vite, j’ai vu les exposants insatisfaits : je n’expliquais pas assez mes jugements dans la mesure où je ne détaillais pas les points négatifs en public. « Nous avons besoin de vos critiques pour progresser », m’a-t-on dit. Ma surprise allait crescendo quand j’aperçu tous les cartons de jugements fièrement accrochés sur les cages, offerts à la lecture des autres exposants comme à celle des visiteurs. Imaginez cela en France, où nous cachons prestement les commentaires lorsqu’ils ne sont pas assez élogieux à notre goût !Photo : Les commentaires de jugement accrochés aux cages.
Cette pratique a aussi pour avantage d’obliger les juges à être attentifs quant à la qualité de leurs commentaires. Double intérêt, en somme. Le tout dans une ambiance de fair-play absolument remarquable. Ici, lorsque votre concurrent gagne, vous vous empressez de le féliciter sans retenue et sans arrière-pensée. Cet enthousiasme surprend un peu au premier abord, mais très vite vous apprenez que les éleveurs travaillent beaucoup en groupe et que leurs chats sont très liés. La victoire des uns est donc souvent, la victoire des autres.
Autre point positif : la condition de présentation des chats est impeccable : pas le moindre poil de travers. Tous sont doux, soyeux, avec les griffes épointées et des caractères à craquer de douceur. Les Persans, malgré la saison avancée, étaient encore en fourrure et les chats de maison présentés comme des champions.
Vedettes des deux jours :les Siamois et les Orientaux avec une qualité d’ensemble absolument remarquable. Les têtes sont magnifiques, avec d’immenses oreilles, des profils longs et busqués, des corps tubulaires et des ossatures raffinées. Lorsqu’un chat est bon, peu importe qu’il soit de « type anglais » ou de « type américain » : c’est d’abord un bon chat. Le meilleur chat du samedi fut une femelle Orientale chocolat ticket tabby Blueprint Honey Pie ( en photo) et le meilleur chat du dimanche Gimlet's Castor un Maine Coon crème silver mackerel tabby.