Jamais deux sans trois ! Si ce viel adage se vérifie souvent, il est dangereux de le suivre à la lettre lorsqu'il s'agit de recueillir des animaux errants.
Qui n’a jamais craqué devant une petite boule de poils un peu sale, rencontrée au détour d’une rue. Vos regards se croisent et vous voudriez bien lui venir en aide. Jusque-là, rien de grave, bien au contraire. Lui offrir une vie dorée, le soigner, le dorloter et lui donner beaucoup d’amour, nombreux sont ceux qui l’ont fait. Le problème, voire le danger, est ailleurs ! Un chat, puis deux… puis 10… puis… ! La limite à ne pas dépasser est beaucoup plus facile à franchir que l’on ne le croit.
Le chat, contrairement à d’autres animaux, n’est pas fait pour vivre en meute. Dans certains cas, il pourra s’adapter à la compagnie de quelques congénères mais une trop forte promiscuité avec de nombreux autres chats ne pourra en aucun cas lui être bénéfique. Il ne faut pas oublier que le chat ne sera jamais totalement domestiqué. Malgré l’amour qu’il porte à son maître, il restera toujours un félin avec ses instincts et surtout ses besoins… C’est souvent ce qu’oublient ces âmes charitables qui recueillent, recueillent, et recueillent…
Même si parler d’argent peut sembler secondaire pour certains, disons-le franchement : entretenir un animal pour qu’il soit en bonne santé coûte cher. Faire cohabiter plusieurs chats ensemble entraîne de nombreux frais supplémentaires. Il faut tout d’abord un espace suffisamment important pour que chaque chat puisse y avoir son propre territoire. Cela vous paraît logique ? Pourtant certaines personnes n’hésitent pas à entasser de nombreux chats dans un espace restreint. Ainsi l’Ecole du chat libre s’est retrouvée avec le cas de 40 chats enfermés dans un appartement de type F2 ( entre 50 et 60 mètres carrés). Il y a également ces 70 chats (non stérilisés…) découverts dans un F4 ( 120 mètres carrés) en Moselle et pris en charge par la SPA lors de l’hospitalisation de la propriétaire. Inutile de parler des conditions d’hygiène déplorables dans lesquelles vivaient ces pauvres bêtes, ni des maladies qui s’y développaient.
Au-delà de la simple prise de conscience, il y a aussi l’aspect médical de la chose. Certaines associations comme l’Ecole du chat libre l’on bien compris. Elles tatouent et stérilisent les chats qu’elles trouvent dans la rue. La suite dépend en partie du caractère même du chat. Il peut être proposé à l’adoption ou relâché si sa socialisation est impossible. Pour des refuges privés où une seule personne est responsable de tous les chats, attention ! Certains sont sérieux, d’autres non.
Ne vous laissez pas attendrir par des demandes de dons, dans certains cas la disparition de ces refuges ne sera pas un mal. Loin d’aider les chats, l’absence de vaccination et d’un suivi vétérinaire régulier ne font que créer un vivier de maladies félines. Recueillir les chats errants c’est bien, mais stériliser et vacciner, c’est essentiel. Il suffit d’un animal malade pour contaminer tous les autres, car ne l’oublions pas : beaucoup de maladies félines sont contagieuses comme le FIV, la leucose et le coryza. Le danger peut également venir du propriétaire du refuge qui amènera et transmettra indirectement à ses protégés des maladies comme le typhus.
Pour les refuges à caractère privé, avant de faire un don ou de vous lancer dans l’aventure, renseignez-vous auprès de professionnels (vétérinaires, éleveurs, associations reconnues…). Vous aimez les chats ? Vous voulez leur venir en aide ? Alors réfléchissez bien avant d’agir.