L’Ecole du Chat regroupe près de 200 antennes, affiliées mais autonomes. Aujourd’hui l’Ecole du Chat de Bordeaux appelle à l’aide devant l’urgence de la situation. Entretien avec Madame Oliver, responsable du placement des chats et chatons.
Créée en 1977 pour sauver les chats errants du cimetière de Montmartre, l’Ecole du Chat pratique une politique de protection originale qui consiste à tatouer, vacciner, stériliser les chats errants pour leur donner une identité et stopper leur prolifération. Aujourd’hui, l’Ecole du Chat de Bordeaux est victime de son succès. Non seulement elle doit poursuivre sa mission auprès des chats trop sauvages pour être proposés à l’adoption, mais elle doit maintenant faire face aux abandons, de plus en plus fréquents, de chats parfaitement sociabilisés. Des animaux qui, d’un jour à l’autre, deviennent un fardeau et dont leurs propriétaires décident de se débarrasser, avec parfois des méthodes d’un autre âge. Madame Oliver, responsable du placement des chats nous explique la situation :
Aniwa : Madame Oliver, pouvez-vous nous parler de l’action de l’Ecole du Chat de Bordeaux ?
Mme Oliver : L’Ecole du Chat de Bordeaux a été créée en 1996. Au début, notre action consistait, dans l’esprit de l’Ecole du Chat, à capturer des chats sauvages ou errants, à les faire stériliser, vacciner, tatouer puis à les relâcher dans une zone appropriée. Les chats sont ensuite fixés sur ce territoire grâce à l’action de bénévoles qui les nourrissent. Intelligents et malins, les nouveaux pensionnaires investissent ce nouvel espace et comprennent vite qu’ils ont intérêt à y rester. Nous devons toutefois être vigilants car nous ne pouvons fixer un trop grand nombre de chats sur le même territoire, sous peine de surpopulation, ce qui n’est ni dans l’intérêt des chats, ni dans celui des riverains. Cette action concerne les chats qui ont eu peu ou pas de contacts avec l’homme et qui ne pourront jamais être socialisés ni adoptés.
Aniwa : Aujourd’hui, votre action ne se limite plus aux chats libres
Mme Oliver : Non, malheureusement. Notre réputation s’est étendue et les gens savent qu’ils peuvent compter sur nous. Le revers de cette médaille, c’est que nous avons de plus en plus d’appels de propriétaires qui ne veulent plus de leurs chats et qui nous demandent de venir les chercher. Nous essayons d’abord de les convaincre de les garder et de trouver des solutions transitoires quand les problèmes sont passagers. Mais nous sommes obligés de nous charger leur animal quand il y a danger. Certaines personnes sont complètement inconséquentes. Depuis trois années consécutives, nous récupérons un nouveau chat chez la même personne : elle se procure un chaton en septembre pour l’abandonner en juillet… Nous aimerions que les adoptions soient contrôlées plus sérieusement.
Aniwa : Vous êtes aussi témoins d’actes de cruauté… Mme Oliver : Oui. Certains propriétaires de chats les laissent divaguer alors qu’ils ne sont pas stérilisés. Résultat, les chattes ramènent périodiquement des chatons. Le traitement qui leur est réservé peut être extrêmement choquant. On s’en débarrasse en les aspergeant d’eau de javel ou d’essence. Dernièrement, nous avons été appelés car des riverains avaient entendu des plaintes venant d’un conteneur à bouteilles. Les pompiers ont ouvert le conteneur et découvert une portée de chatons mutilés par les éclats de verre. Pris de pitié, le médecin des pompiers les a euthanasiés sur place.
Aniwa : De quelle manière peut-on vous venir en aide ?
Mme Oliver : Chacun peut nous aider selon ses moyens. Nous avons besoin d’argent, bien sûr, car la nourriture et les soins coûtent cher. On peut donc adhérer à notre association ou nous faire des dons. Mais ce n’est pas tout, nous cherchons des familles d’accueil qui peuvent prendre en charge des chats après leur stérilisation et avant qu’ils ne soient relâchés ou adoptés.Nous cherchons aussi des adoptants. Nous avons mis en ligne sur Internet une liste à jour des chats à adopter avec une petite description. Les 450 francs (68,6 euros) demandés pour adopter un chat correspondent aux frais de stérilisation, de tatouage et de vaccination. Cette année, il y a urgence, car la température clémente de l’hiver a permis aux chattes de reproduire plus tôt et davantage. Il y a donc plus de chats abandonnés. Nous avons en permanence 30 à 50 chats qui cherchent une maison. Nous sommes en difficultés financières et il y urgence.
Aniwa : Vous recherchez également un nouvel espace pour les chats libres
Mme Oliver : Oui, car il y a beaucoup de nouveaux sites en travaux sur Bordeaux. Les populations de chats qui y vivent ne peuvent pas y rester. Nous cherchons donc un terrain pour les accueillir, avec si possible un abri - grange, hangar - avec un point d’eau. Nous demandons simplement que l’on nous prête cet espace qui pourrait être situé sur la rive droite, moins urbanisée que la rive gauche, et où nous avons plus de bénévoles. Toutes les propositions sont les bienvenues.