Les 19 et 20 février derniers, se déroulait la première convention mondiale dédiée au Persan, au Siamois et au Maine Coon, organisée par Royal Canin. Un moment privilégié pour tous les éleveurs et les vétérinaires invités qui se voyaient présenter en avant-première trois nouveaux produits nutritionnels pour chats.
L’objet de cette convention était de faire partager à tous ceux qui sont impliqués dans l’élevage félin les résultats des recherches menées par le Centre de Recherche et Développement Royal Canin et qui ont abouti au lancement de trois innovations majeures dans le domaine de la nutrition féline : Persian 30, Siamese 38 et Maine Coon 31. Pendant deux jours, Royal Canin a réuni plus de cent cinquante spécialistes de ces trois races, venus du monde entier. Dix-huit pays étaient représentés (Russie, Italie, Norvège, Etats-Unis, Pologne, Afrique du Sud, Espagne, Lettonie, Autriche, Allemagne, Portugal, Suède, Danemark, UK, Belgique, France, Tchécoslovaquie, Pays-Bas.).
Cette rencontre internationale était une première. Elle a permis la création d’un véritable forum d’échanges entre les participants et les intervenants. Les interventions se sont déroulées en anglais et en français, avec des traductions simultanées.
Voici le compte rendu de cette convention, heure par heure, comme si vous y étiez.
Tous les participants sont accueillis au Grand Malherbes, à Aimargues, par Jacques Pidoux, Directeur de la communication internationale de Royal Canin et maître de cérémonie de cette 1re Convention Mondiale du Chat de race.
8h30
Quelques minutes plus tard, Henri Lagarde, Président Directeur Général de Royal Canin, ouvre la convention en rappelant les grandes étapes de l’innovation nutritionnelle féline chez Royal Canin. En 2000, Royal Canin a franchi une nouvelle étape dans sa recherche nutritionnelle. Conscient de l’évolution des mentalités et du fait que la France compte 9 millions de chats, Royal Canin a voulu créer un produit nouveau, spécifique à chaque race féline. Passer du simple fait de nourrir son chat à celui de la nutrition féline, permettant à la fois « de construire un organisme sain, de l’entretenir, de lui fournir de l’énergie, mais également de prévenir les maladies et de soigner l’animal tout en le nourrissant » est une révolution nécessaire. C’est ainsi que 2003 s’ouvre avec trois innovations majeures dans la nutrition féline avec le lancement de trois nouveaux produits destinés à trois races de chats aux besoins nutritionnels spécifiques : le Maine Coon, le Persan et le Siamois. Chacun ayant des particularités, avec des points forts et ses faiblesses, dont Royal Canin a tenu compte pour mettre au point cette nouvelle gamme nutritionnelle féline : Maine Coon 31, Persian 30 et Siamese 38.
9h30
C’était ensuite Renaud Serghereart, Directeur de Recherche et Développement de Royal Canin, qui intervenait afin d’expliquer la démarche ayant conduit à la naissance exclusive de ces trois nouveaux produits. A l’origine, l’écoute des éleveurs qui sont au contact quotidien du chat et le connaissent mieux que personne, enrichie par une collaboration très étroite avec le milieu scientifique, en France et à l’étranger, le tout corroboré par plus de 2000 tests et essais réalisés tant auprès des élevages que du Centre de Recherches à Aymargues. Les chats ont été observés et filmés en train de manger afin de valider leur mode de préhension. Les formulations les plus adaptées aux besoins très différents de chaque race ont ainsi été étudiées, d’abord sous forme de prototype, puis en phase industrielle.
10h00
Le troisième intervenant, le Docteur Vétérinaire Philippe Hennet, spécialiste renommé en dentisterie vétérinaire, démontra aux participants l’intérêt d’un aliment spécifique destiné à une race précise. Après avoir rappelé les avantages des aliments secs par rapport aux aliments humides, il entra dans le vif du sujet, en rappelant que « tous les chats de plus de 7 ans, indépendamment de leur race, sont fragiles face aux problèmes dentaires. Les produits secs permettent de limiter la prolifération du tartre et de renforcer la solidité des dents. Chaque race doit également faire face à des maladies spécifiques. Ainsi le Persan est davantage prédisposé aux calculs d’oxalate de calcium, le Siamois aux affections buccales et aux troubles gastriques tandis que le Maine Coon est sujet à certains dysfonctionnements cardiaques.
10h15
Cet atelier a permis d’explorer plus particulièrement les affections buccales et les troubles gastriques propres au Siamois. Pour palier, en partie, ces fragilités digestives, Siamese 38 comporte des pulpes de betteraves qui contribuent à réguler la motricité du tube digestif grâce à leur apport en fibres. De plus, l’incorporation de FOS (Fructo-Oligo-Saccharides) et de MOS (Mannan-Oligo-Saccharide) dans Siamese 38 inhibe la prolifération des bactéries pathogènes et stimule la croissance de la flore bactérienne. Tous ces ingrédients font partie intégrante de la nouvelle gamme nutritionnelle Spécial Siamois. Non seulement ils permettent au Siamois de lutter contre ses propres faiblesses organiques mais aussi aux éleveurs de conserver un Siamois au corps longiligne, musclé et en parfaite santé. En effet, chez un chat aussi actif et athlète, cet aliment hyperprotéique est un atout majeur contre l’obésité : il lui permet de garder sa masse musculaire sans prendre de graisse.
10h30
Parallèlement à cet atelier, une partie des invités, scindée en plusieurs groupes, quittait le Grand Malherbes pour visiter le Campus Royal Canin. Arrivés sur place, chaque participant devait revêtir une blouse blanche pour visiter le laboratoire et l’usine et assister aux différentes étapes de fabrication des produits : la sélection des matières premières et leur vérification systématique en entrée d’usine, le mélange assuré par un pilotage géré à la fois par un ordinateur (précision extrême des quantités) mais aussi toujours validé par un opérateur, la cuisson extrusion sur un appareil de très haute technologie, relié à un sécheur, l’enrobage par des arômes exclusifs naturels, spécifiquement développés par Royal Canin, puis la sacherie. Les normes draconiennes, la concentration de l’usine en une plate forme dirigée par des opérateurs très qualifiés… il y aurait tant à dire sur l’usine que ce ne peut être fait ici. Le groupe ensuite était convié à découvrir le Chenil et la Chatterie du Centre, deux lieux stratégiques pour Royal Canin car c’est là que sont effectués les principaux tests d’appétence. Au sein de la Chatterie, les chats sont réunis par race, tous les âges se côtoient et, d’après leur minois, le moins que l’on puisse dire, c’est que chaque pensionnaire avait l’air plutôt satisfait de sa condition de « testeur ». Chaque race féline peut déambuler librement entre les pièces situées à l’intérieur et à l’extérieur, tout en bénéficiant de l’attention continue des responsables qui réagissent au moindre bruit suspect.
13h00
La visite terminée, chaque groupe était convié au Grand Malherbes pour le déjeuner, avant d’attaquer l’un des « Ateliers » majeurs de cette convention, celui consacré au Maine Coon.
14h30
Emmanuelle Louvet, responsable du Réseau d’Elevage Félin au Centre de R&D, expliqua le fonctionnement des réseaux d’élevage chez Royal Canin. Tous les types d’élevage sont acceptés dans ce programme, qu’ils soient installés dans une vaste chatterie fonctionnelle ou qu’il s’agisse d’élevages de structure familiale. Ils peuvent travailler de façon occasionnelle ou sur de très longues périodes de tests. Tout chaton qui entre dans le programme est alors suivi pendant plus d’un an. Si son évolution et sa croissance font l’objet de contrôles précis et réguliers, c’est qu’elles permettent aux équipes Royal Canin d’appréhender parfaitement le régime alimentaire de chaque race ainsi que ses besoins nutritionnels. Toutes ces informations sont capitales car elles sont le fruit d’une collaboration étroite de la R&D avec des passionnés qui sont en contact permanent avec leurs chats et qui sont reconnus comme de véritables spécialistes des races étudiées.
Emmanuelle céda la parole à Claudie Venet, responsable de la Chatterie, qui expliqua en détails le fonctionnement et le type des tests du programme.
Hermann Bourgeois, chargé de la surveillance sanitaire du chenil et de la chatterie au Centre de Recherche et Développement de Royal Canin, clôtura cette première journée. Il présenta les fragilités du Maine Coon. Malgré son physique impressionnant, ce chat n’est pas à l’abri des problèmes de santé. Maine Coon 31 a été élaboré pour répondre aux besoins particuliers de ce gros mangeur : il peut faire jusqu’à 11 repas par jour en ingérant 7 grammes d’aliment à chaque repas ! Ce profil de consommation explique que le Maine Coon broie très peu ses aliments, et qu’il est donc plus exposé aux problèmes bucco-dentaires. La taille (11 mm de diamètre) et la forme (cubique) de cette nouvelle croquette stimulent le broyage et ralentissent la vitesse d’ingestion de l’aliment. Le Maine Coon présente également une sensibilité cutanée qui a fait l’objet d’études approfondies. Celles-ci expliquent pourquoi la croquette Maine Coon 31 bénéficie, entre autres, d’un apport spécifique en acide gras essentiels (AGE), en vitamines C/E, en lutéine et en taurine….Le Maine Coon est également prédisposé, à l’instar de certaines races canines de grand format, à des problèmes ostéoarticulaires, notamment la dysplasie coxo-fémorale. La réponse nutritionnelle de Maine Coon 31 s’appelle le Mobility Control composé d’un complexe de nutriments dont l’objectif est de soulager les articulations, prévenir les troubles ostéoarticulaires, lutter contre les mécanismes inflammatoires et nourrir les cartilages
L’intervenant suivant, le Docteur Vétérinaire Pascal Kerveillant, fit une brillante analyse sur les problèmes cardiaques rencontrés chez le Maine Coon, notamment en insistant sur la cardiomyopathie hypertrophique. Cette maladie se traduit par un épaississement du muscle cardiaque, qui malheureusement, lorsqu’elle est très avancée entraîne le décès du chat. De nombreuses études génétiques sont actuellement en cours aux USA afin de diminuer l’incidence de cette maladie dans le cheptel. Pascal Kerveillant a particulièrement insisté sur la difficulté qu’éprouvent les éleveurs à détecter la maladie car les principaux symptômes ne sont pas spécifiques. Ils peuvent correspondre à de nombreux autres troubles ou maladies.
Si l’auscultation permet de noter un rythme cardiaque trop rapide, seule une échographie pratiquée entre les 6 mois et les 3 ans permet d’indiquer la présence d’un dysfonctionnement cardiaque.
Bien que cette sensibilité soit fortement déterminée par des facteurs génétiques, l’alimentation peut jouer un rôle important en ralentissant l’apparition et le développement du dysfonctionnement. Un aspect pris en compte par Royal Canin lors de la conception de Maine Coon 31.
18h00
Retour aux hôtels situés à la Grande Motte.
20h00
Dîner au restaurant Le Phare à Palavas.