Depuis vinq-cinq ans, Madame Michèle Lefrançois élève avec soin et amour des sacrés de Birmanie. Nous lui avons demandé de nous présenter un de ses petits derniers : C’Koh-I Nor de Chatterley. Quand la « naissance d’une perle » se trouve confirmée, le partage du mérite fait aussi partie du bonheur de cette éleveuse.
A trois semaines, ce petit bout attire mon attention : il a une jolie tête large et son nez est busqué à souhait.
Seulement allait-il bien évoluer ? C'est toujours un pari énorme avec cette race si difficile et on ne peut jurer de rien vu les nombreux critères du standard...
A cinq semaines, c'est un ravissant petit bout de chou que tous les visiteurs jugent prometteur
A deux mois, il a de jolis yeux d’un bleu soutenu et un air naïf à souhait : oui, exactement le look que j’aime !
Mais le gantage sera-t-il au rendez vous ? Sur le lilas, on ne voit pas tout de suite
A trois mois, bonne surprise, les gants avant sont symétriques et bons mais restent les chaussons arrière : il me semble deviner qu’ils seront en harmonie avec les gants avant mais les éperons ? J’espère qu’ils seront là. Oui, il commence vraiment à me plaire ce petit chat et je caresse l’espoir d’avoir enfin fait naître une perle que je décide d’appeler C’Koh-I Nor mais comment va-t-il évoluer ?
A quatre mois : je n’y crois guère, il a de bons éperons et en peu de temps a acquis une morphologie vraiment exceptionnelle, son panache est magnifique et sa fourrure aussi jolie que celle de sa grand-mère Rapsodie, première birmane mondiale en 2001-2002 et septième génération de Chatterley.
Je décide donc de garder C’Koh-I Nor dans ma chatterie en le confiant à notre petit fils de 12 ans Vassili.
Lors de sa première exposition C’Koh-i Nor remporte facilement le Best in Show mâle 3/6 mois. Son gabarit attire l’attention d’un juge étranger et éleveur de birmans. Sur cette photo des Best in Show Birmans à l’exposition de Poissy, on peut voir nettement que ce chaton de quatre mois et demi possède une morphologie exceptionnelle !
Puis la consécration a lieu à Vannes où il est élu par Madame Noël et Madame Ledoux, juges All Breed TICA :
Best in Show 3/6 mois mâle le samedi, Best in Show 3/6 mois mâle le dimanche, Best Général mi –longs , Best Suprême (en compétition avec le Best Général poil long, le Best Général poil court et le Best Général Main Coon à la spéciale Main Coon )
Pour terminer, confronté au Best Suprême du samedi (qui n’est autre que Blue Lady de Chatterley, autre Birmane célèbre de la chatterie).
Il remporte encore la palme et est ainsi consacré le meilleur chat de toute l’exposition à cinq mois seulement !
Je garderai un souvenir ému de ce beau succès de la chatterie de Chatterley qui survient après un quart de siècle de sélection : l’élevage du Birman est une longue patience et on est loin de faire naître des chats de podiums tous les ans !
Il me faut rendre hommage aux chatteries qui sont à l’origine de ce joli petit birman car sans elles, je ne serais jamais parvenue à ce résultat :
-la chatterie anglaise de Schwechinthe qui introduisit le gène lilas et chocolat chez les Birmans (C’koh-i Nor est lilac point) pour ce gène lilas mais aussi pour la couleur exceptionnelle des yeux.
-la chatterie suisse de la Bovardaz qui a donné naissance à un très joli chat de travail nommé Chico de la Bovardaz pour la blancheur et la morphologie.
-la chatterie belge Ste Duchesse avec Ste Duchesse Lazarro (père de ma merveilleuse chatte Rapsodie in lilac de chatterley) pour le type.
-la chatterie également belge de Lobsang qui est à l’origine de l’étalon actuel GCHE Rampur sink de Savanh’s Vilayvan pour les fronts bombés
-la chatterie française des Moulins de Busset parce qu’elle a toujours accepté de prêter ses étalons et de partager son expérience avec tous les éleveurs de Birmans
-enfin la chatterie de Srinagar pour son exceptionnel géniteur Aloxe Corton de Srinagar que j’ai remarié deux fois de suite pour la morphologie, le type, les yeux, pour tout !
J’aimerais également remercier tous les particuliers qui ont pris en charge mes birmans (les bien gantés comme les moins bien gantés) avec autant de soin et avec autant d’amour depuis 25 ans. Point n’est besoin de les citer, elles se reconnaîtront. Certaines sont même devenues « éleveur », ou ont attrapé le virus des expositions et c’est très bien. Qu’elles trouvent ici l’expression de toute ma gratitude.
Sans ces chatteries citées plus haut et sans ces personnes, l’élevage de Chatterley ne serait jamais devenu ce qu’il est.