Voici l’histoire d’ELLE, qui a eu le malheur d’être indésirée et qui connaît maintenant le bonheur d’avoir été sauvée de l’abandon. En 2004, la rubrique Champions du cœur que vous appréciez tant continue, avec vos témoignages et vos photos. Bonne Année à tous !
Tout d'abord, je me présente, je suis Kate, jeune infirmière spécialisée en cardiologie-néphrologie... Depuis toujours passionnée par les animaux, j'ai été élevée à leur contact par une nourrice, sans avoir d'animaux chez mes parents.
D'où ma décision, dès que je me suis installée dans la vie active, d'avoir mon propre chien... Mon choix s'est porté sur un magnifique colley, qui partage ma vie depuis maintenant près d'un an. J'ai également le bonheur d'avoir trois merveilleux chinchillas.
Un jour, lors d'une promenade dans les bois avec mon chien, quelque chose l'a effrayé... tellement effrayé qu'il s'est sauvé. Après l'avoir récupéré et rassuré, j'ai voulu savoir ce qui lui avait fait si peur. Il y avait, sous un buisson, une minuscule boule de fourrure, toute noire, toute maigre, couverte de plaques de sang, avec des touffes de poils en moins, feulant et miaulant tout ce qu'elle pouvait... Elle crachait sans discontinuer, cherchait à se jeter sur le chien qui lui, ne comprenait pas pourquoi elle se montrait tellement agressive (il est habitué aux chats).
En cherchant autour d'elle, il n'y avait pas de signe d'autres chats, ni de sa maman, ni de ses éventuels frères et soeurs... Elle était si petite, je n'arrivais pas à croire qu'elle était seule.
Il commençait à pleuvoir et je n'ai pas eu le coeur de l'imaginer se chercher à manger... si petite et si hirsute, elle faisait vraiment pitié. Imaginant que c'était un bébé sauvage, je me suis dit que j'allais lui donner à manger puis la remettre dans la nature pour lui donner une chance de survivre face à l'hiver qui arrivait.
Arrivée à la maison, cette petite boule de poils qui sentait tellement mauvais s'est ruée sur l'assiette du chien pour en manger les croquettes... Après l'avoir examinée plus attentivement, il lui manquait des dents, et les griffes de la patte arrière droite ne fonctionnaient pas. Le voisin est venu à la rescousse pour me donner des conseils et des aliments pour chats puisque je n'y connaissais rien, et au vu de l'heure tardive, il ne fallait pas envisager un vétérinaire.
Cette minuscule boule a réussi à entrer dans la chambre dès la première nuit... pour y dormir sur ma nuque... Cela m'a fait fondre. Je l'ai donc emmenée chez le vétérinaire, me disant que dehors elle ne survivrait pas, elle était trop minuscule pour cela. Je voulais donc lui trouver une famille qui puisse l'accueillir, n'envisageant pas de la garder, car elle se montrait trop agressive avec le chien, cherchant à l'attaquer et à le provoquer à la moindre occasion.
Le vétérinaire m'a confirmé qu'elle n'avait ni tatouage ni puce électronique, que c'était une petite femelle, âgée d'environ deux mois, et très probablement abandonnée parce que provenant d'une portée non désirée avec une chatte de race... Il semble qu'elle ait du sang "oriental". Il m'a également expliqué qu'elle était très carencée, qu'elle avait manqué de beaucoup d'éléments nécessaires à sa croissance, qu'elle souffrirait probablement de problème de taille, et de constitution osseuse. En dehors de cela, elle semblait en bonne santé, n'était pas couverte de parasites, mais elle semblait terrifiée par certains mouvements, uniquement de la part des hommes, ce qui a incité le vétérinaire à penser qu'elle avait été battue. Elle pesait alors 800g. Il m'a expliqué que si je voulais lui trouver un foyer, il fallait qu'elle soit vaccinée, que les gens n'adoptent pas de chat s'il y a des frais à payer... Je l'ai donc faite vacciner, les vaccins obligatoires, et les autres, afin d'augmenter ses chances de résister à la maladie et de trouver une maison heureuse...
En attendant des maîtres, la petite vivait chez moi, en la séparant soigneusement du chien. Et puis... le temps a passé... Elle a vite pris ses habitudes... venir me chercher au lit, m'appeler devant le réfrigérateur quand elle veut quelque chose, s'installer sur mes genoux quand je suis devant l'ordinateur, faire la sieste avec moi sur le divan... et nos folles courses poursuites dans l'appartement... Par curiosité, je lui ai présenté les chinchillas qui semblaient la fasciner. Et... surprise, pas un seul mouvement d'agressivité, juste quelques coups de pattes sans les griffes pour jouer...
Je continuais à craindre pour mon appartement, n'ayant eu jusqu'alors que très peu de rapports avec les chats, et... notamment avec un chat, qui m'avait fait qualifier tous les chats de "mauvais, hypocrites...", les a-priori habituels. J’avais peur qu'elle ne le dévaste en mon absence. Mais à ma grande surprise, bien que venant des bois, elle ne semblait ni s'ennuyer ni ne réclamait de sortir... Ce que je ne peux pas permettre sans prendre le risque de la voir se faire écraser, vu ma situation géographique.
Elle n'a fait que peu de dégâts en somme... Un sapin renversé, une lampe cassée, des plantes dévastées... mais rien qui m'incite à m'en séparer.
Lors de la visite de contrôle du vétérinaire, j'ai pris la décision de la garder. Je l'ai faite pucer, afin que plus jamais elle ne connaisse le froid et la faim... Qu'elle ait un foyer officiel... En effet, elle se montre maintenant très amicale avec le chien, joue avec jusqu'à ce qu'elle décide qu'elle en a assez, et se montre la plus douce et la plus aimante des compagnes, m'attend devant la porte quand je rentre du travail, me suis quand je sors, pleure quand je dois partir, elle ne me quitte pas... elle est adorable, câline, joueuse, tendre, la plus fantastique des compagnes... Pourtant, jamais je n'aurai imaginé m'attacher à un chat, surtout que physiquement... eh bien elle ne correspond pas aux chats que je qualifiais de "beaux".
Elle est ce qui me manquait, juste un peu sauvage encore avec les gens qu'elle ne connaît pas... Elle est mon amour de chat, et... je l'aime bien plus que je ne saurais l'exprimer...
Il est tout de même inadmissible de s'imaginer que des gens possèdent une chatte de race, et qu'ils jettent dans les bois les petits d'une portée, abandonnés à eux-mêmes, parce qu'ils ne correspondent pas à leurs attentes.