A 42 ans, Martine Caillard a déjà derrière elle une longue vie féline, car si certains naissent dans les roses, Martine, elle, est née dans les chats…
Enfant, elle accompagnait déjà ses parents en exposition où sa mère présentait les persans de son élevage sous l’affixe bien connu du Petit Poucet : " J’ai eu très tôt mes propres chats, Urganne, une persane blanche et Vamp une écaille. Ces souvenirs d’enfance, la rondeur et la douceur de ces premières chattes font que parmi toutes les races que j’ai pu découvrir plus tard, les persans restent mes favoris. "
L’ambiance des expositions d’alors a également séduit Martine Caillard qui devient rapidement une exposante assidue : " A la fin des années 70 les expositions étaient beaucoup moins nombreuses qu’aujourd’hui. Elles étaient aussi plus grosses. En France, Paris et Toulouse étaient des rendez-vous incontournables. Nous allions aussi beaucoup plus à l’étranger car nous avions besoin de titres pour l’homologation des Championnats Internationaux : la Belgique avec Bruxelles, l’Allemagne et surtout la Hollande. Je me souviens d’expositions colossales à La Haye qui réunissaient 1 100 à 1 200 chats. Il n’y avait d’ailleurs pas que des champions potentiels et l’on voyait aussi bien des chats extraordinairement typés et toilettés que des chats fort moyens que leurs propriétaires inscrivaient à l’expo, histoire de passer un bon moment. "
Dans ce contexte, devenir juge était une étape naturelle : " Comme beaucoup, je m’ennuyais un peu en expo. Deux jours de présence derrière une cage pour 5 minutes de jugement, je trouvais le temps un peu long. J’ai donc décidé d’être assesseur, puis élève-juge. J’ai passé mes premiers examens en 1977/78, en m’attachant aux persans que je connaissais le mieux. Puis je me suis intéressée aux chats à poil mi-long. Ce n’est que bien plus tard que j’ai commencé à juger les poils courts, car j’avais quelques appréhensions à causes de mauvaises expériences avec des siamois et donc beaucoup d’a priori. Depuis, j’ai appris à les connaître et à les apprécier à leur juste valeur. Le Chartreux est la dernière race que j’ai été habilitée à juger. Il m’a fallu du temps pour démêler Chartreux et British en jugement, car si les standards sont explicites, de nombreux chats le sont moins sur la table de jugement. "
L’arrivée des expositions Tica en France fut un nouveau déclic pour Martine Caillard : " Je trouvais cette nouveauté vraiment intéressante. Il y avait beaucoup de spectacle, de très beaux chats et de l’action. Assez rapidement , j’ai décidé d’être clerc et de commencer ma formation de juge Tica. "Martine Caillard fait partie de ceux qui ont la chance d’avoir la double formation de juge traditionnel et de juge en finales. Pour elle, les deux systèmes sont complémentaires : " Le point fort du jugement traditionnel où le juge est proche de l’exposant est d’instaurer un dialogue bénéfique. La relative intimité de ce moment permet, en présence du propriétaire, de souligner les qualités du chat présenté mais aussi ses défauts afin d’aider l’éleveur dans son futur travail de sélection. Le rôle pédagogique du juge s’exprime donc pleinement. Le principe du jugement Tica est davantage tourné vers le spectacle. On juge le chat aussi bien mais en utilisant des techniques de manipulations difficiles à appliquer lorsque l’on est assis derrière une table. Grâce à un jeu de mains approprié, on évalue très rapidement la structure générale d’un chat, son ossature, sa qualité de fourrure.… Les expositions Tica ont également apporté un plus indéniable quant à l’amélioration du toilettage et de la présentation. Et nous en avions besoin. Ces influences se retrouvent dans l’élevage. Nous avions d’excellentes bases, très sérieuses. Les expos Tica ont amené un petit quelque chose en plus, un peu de chic qui permet aujourd’hui à l’élevage français d’être un des tout premiers du monde dans beaucoup de race. Aujourd’hui, les américains viennent acheter des chats en France et c’est un juste retour des choses. "
Outre ses activités de juge, Martine Caillard est aussi présidente du Cercle Félin du Centre, affilié à la SCFF, et du Gallic Cat Club dont le rôle est justement d’organiser des expositions Tica. Elle élève toujours des persans, ses premiers amours, dans les mêmes couleurs : blanc, rouge, noir, écaille …Malgré le temps sa motivation est toujours intacte car elle a un secret : le plaisir de tenir, de voir, et de caresser un beau chat.