A l’issue de l’Assemblée Générale de la SCC de ce 15 mai 2002, les participants sont encore sous le choc après avoir découvert l’état financier catastrophique du Fichier National Canin, compromettant ainsi l’avenir de la SCC. D’autres nouveautés inhabituelles aux AG de la « grande dame » figuraient également au menu…
Pour mieux comprendre la situation, rappelons que dans les missions de service public de la SCC (Société centrale canine) figure celle de gérer le FNC (Fichier national canin) selon une convention signée avec l’Etat. Tant que la SCC est liée à l’Etat, elle a donc l’obligation d’assurer ce service public. Quelle ne fut pas la surprise des participants, au rang desquels pour la première fois figurait la presse, d’apprendre que le Fichier Central - sa gestion représente plusieurs dizaines d’emplois directs à la Centrale - était dans une situation de quasi-cessation de paiement !
Pour les responsables de la SCC, c’est la faute à la puce. Dans le communiqué officiel diffusé à l’issue de cette AG, les responsables de la Centrale soulignent que « L'introduction récente de la puce électronique a détruit l'équilibre financier du Fichier National Canin ». Le déséquilibre financier actuel serait dû à plusieurs facteurs : - Le succès de la puce ;- Les prestations assurées par la SCC au niveau des chiens « pucés » ne sont pas rémunérées, contrairement à ce qui se passait pour le tatouage ;- Le passage aux 35 heures sans aménagement préalable du temps de travail et d’embauches ponctuelles.Il faut donc, toujours selon la SCC, que le contrat soit modifié ou résilié.
Cette situation n’est pourtant pas nouvelle. Dès le mois de décembre 2001, la situation avait commencé à se détériorer. Très rapidement, la SCC avait alerté les pouvoirs publics, seuls habilités à fixer l’augmentation du prix de vente de la carte. A ce jour, ces derniers n’ont toujours pas répondu aux nombreuses sollicitations.
L’Assemblée générale composée des représentants des différents corps constitués de la cynophilie (clubs de race, régionales, juges…) a donc donné pouvoir au Président, Renaud Buche, pour qu’il dépose une requête auprès du Tribunal Administratif de Paris. Celle-ci a pour objet la résiliation de la concession de service public et une demande de référé provisions en dommages et intérêts à l’encontre du ministère de tutelle, suite aux disfonctionnements des services gérant le fichier national canin. La SCC envisage d’ailleurs de réunir son comité d’entreprise afin de définir les modalités d’un plan social de licenciement (plus de 50 salariés seraient concernés par ces mesures).
Si la SCC se voit retirer la gestion du FNC, à qui l’Etat confiera-t-il cette gestion ? Au SIEV (la Société d’Identification Electronique Vétérinaire), rattachée au SNVEL (Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral) ? Une société à but lucratif peut-elle gérer un service d’utilité publique ?
Selon nos sources, la Société Centrale Canine compte sur la solidarité des cynophiles. En effet, elle envisage d’aller défendre la cause de la filière canine en organisant, d’ici fin mai ou début juin, une manifestation devant le ministère de l’Agriculture et de la Pêche, rue de Varenne, afin de dénoncer l’absence de réponse du ministre sur le devenir du FNC. Car au-delà même de la gestion du FNC et de son personnel, l’avenir de la SCC semble également compromis. Cette issue ne serait favorable ni aux cynophiles ni au bien-être de l’animal. Mais notre bonne vieille « Centrale » a déjà traversé de nombreuses tempêtes (fiscales, économiques, politiques, etc.), souhaitons qu’elle arrive une fois de plus à bon port !Signalons que dans l’état actuel du conflit, les services du Fichier National Canin sont aujourd’hui aux abonnés absents. Qu’adviendra-t-il des chiens perdus ? Seront-ils irrémédiablement condamnés à la fourrière, voire à l’euthanasie, à cause de l’absence momentanée d’un service reconnu d’utilité publique ?
Les personnes présentes, ce mercredi 15 mai dans les salons de l’Hôtel Concorde Lafayette, n’étaient pas au bout de leur surprise. D’autres sujets importants attendaient les participants. En effet, le matin, avant l’ouverture de cette Assemblée Générale, les représentants des clubs et fédérations avaient été conviés à une discussion animée par deux représentants du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, MM Eric Kerourio et Stéphane Ségal. Ces derniers ont présenté un projet du décret Généalogie visant à abroger le décret de 1974. Sans entrer dans les détails, ce projet de décret vise à élargir le LOF en supprimant l’examen de confirmation. Tout sujet LOF reproduisant avec un autre sujet LOF verra sa descendance directement inscrite au LOF, renvoyant l’inscription provisoire au musée. Le Certificat de naissance disparaîtrait au profit du seul Pedigree. De belles rentrées en perspective dans les caisses de la Centrale qui verrait d’un très bon œil, les inscriptions de chiens de race doubler ou tripler d’ici 5 ans ! De quoi rattraper un retard considérable sur un marché dominé par le chien d’apparence de race… Aniwa prépare un dossier sur ce vaste sujet.
Dernier sujet « vite abordé », l’interdiction de la coupe des oreilles et du fouet suite à une question posée par le Président du Club des Amis du Beauceron, M. Alain Thévenon. La réponse a été la suivante : pour l’écourtage du fouet, la France dispose encore d’une dérogation donc, sans doute, de quelques années. Concernant la coupe d’oreilles, tout dépend du pays d’origine. Par exemple, le Dobermann étant allemand, c’est donc le standard du pays d’origine qui imposera sa loi à tous les éleveurs… En revanche, pour les races hexagonales, comme par exemple le Briard et le Beauceron, les standards pourraient ne pas évoluer. Nous employons le conditionnel car la protection animale et les méthodes et conditions d’élevage semblent de plus en plus régies par Bruxelles. Rappelons qu’avant de démissionner de ses fonctions, l’ex-ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Jean Glavany, avait ratifié la Convention européenne pour protection des animaux de compagnie.
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