La Grande-Bretagne est à l’origine de la cynophilie moderne. Pas étonnant que le monde se tourne vers elle lorsqu’il s’agit de sélection, en particulier dans les races typiquement britanniques. Petit décryptage de ce monde canin qui demeure le premier exportateur de chiens de race adultes dans le monde !
Il faut savoir que la plupart des races reconnues sont sélectionnées par rapport à des standards rédigés initialement par les Anglais. Ils se distinguent de ceux de leurs homologues continentaux (Allemands notamment) ou Américains par leur libellé court et concis, laissant très souvent une large marge d’interprétation aux éleveurs et surtout aux juges.
La sélection et l'élevage sont fortement ancrés au pays d'Albion et il faut reconnaître que nos amis britanniques ont un savoir-faire certain en matière d'élevage. Leurs races sont présentes dans le monde entier, leur marché couvre donc les cinq continents. Les éleveurs ont toujours su valoriser et commercialiser leurs chiots et leurs reproducteurs aidés en cela par les clubs de race et le Kennel club qui depuis longtemps les ont aidés à exporter leurs produits. Aussi est-il bien souvent valorisant pour un élevage de pouvoir baser sa sélection sur de beaux et bons reproducteurs issus du pays d'origine de la race. Bref, si acheter un bon chien en Angleterre est souvent enrichissant pour un élevage et son image, pour autant il est inutile de se précipiter. Même si le prix des chiens de race en Grande-Bretagne semble de prime abord tout à fait attractif, toutes les races ne sont pas logées à la même enseigne. A cause de leur système de sélection fermé lié à l’ancienne quarantaine, les Britanniques ont perdu leur primauté sélective dans de nombreuses races y compris plusieurs races autochtones.
Il n'est pas rare de constater de fortes disparités de prix entre les différents pays d’Europe. Même si l'Angleterre est en dehors de la zone Euro, les prix moyens constatés sont environ 30 % moins élevés qu'en France. Bien sûr, prendre contact avec un éleveur anglais demande du temps et des investissements (Internet, téléphone, …), voire des déplacements. Mais à partir du moment où les contacts et informations recueillis ont été fructueux, la différence de prix plaide en faveur d’une traversée de la Manche. Certes, les meilleurs éleveurs ont une offre qui est largement dépassée par la demande. Et chez certains, les prix peuvent s’envoler : des chiots Bulldog, Westie ou Bullmastiff, issus de top reproducteurs (Top Brood Bitch et Top Stud Dog) peuvent voir leur prix de vente atteindre 3 à 4000 euros. Mais généralement, les prix pratiqués demeurent attractifs et l’enjeu en vaut la chandelle.
Un titre de champion anglais n'est en rien comparable à ce que nous pouvons connaître sur le continent. En effet, pour devenir champion anglais (Ch), il faut que le chien obtienne 3 CC’s (Challenge Certificate). Ce certificat est attribué au meilleur mâle et à la meilleure femelle. Le meilleur des deux se voit ensuite attribuer le Best of Breed (Meilleur de race) tandis que l’autre repart avec le B.O.S. (Meilleur de sexe opposé). Ce Challenge Certificate, décerné uniquement dans les Championship Shows (expositions de championnat déterminées chaque année par le Kennel Club) est mis en jeu entre tous les concurrents de même sexe, qui peuvent être inscrits dans plusieurs classes individuelles en fonction de leur âge et de leur palmarès, du plus jeune (Special Puppy Class) au vétéran (Special Veteran Class). Or, les compétitions anglaises, du moins pour ce qui est des races typiquement britanniques (Lévriers, Terriers, Retrievers, Spaniel, Bergers anglais et écossais…), peuvent connaître des affluences qui laissent rêveur : West Highland White Terriers, 200 chiens pour 280 inscrits, Staffordshire Bull Terriers, 350 chiens pour 420 inscrits. Pour certaines expositions, comme la fameuse Crufts Dog Show, les concurrents doivent avoir été pré-selectionnés lors d’une des expositions de championnat qualificatives.
Il n'est pas rare qu'on vous propose plutôt d'acheter un descendant direct ou un collatéral plutôt que le champion que vous aviez en vue… En effet, les Britanniques répugnent à se séparer d'un excellent reproducteur, sauf dans des cas exceptionnels. C'est un état d'esprit très répandu chez les cynophiles anglais que de se refuser à exporter leurs meilleurs éléments. Les exceptions existent. C’est notamment le cas, lors de l’exportation temporaire d’un étalon, pour une station de saillie de 12 ou 24 mois. Par ailleurs, l'acheteur devra être attentif aux différences parfois sensibles qui peuvent exister entre le type sélectionné en France et celui promotionné par l'élevage britannique. Sur le marché anglais, toutes les races ne se "valent" pas : certains standards ne sont pas détenus par nos amis d'outre-Manche et leur sélection ne fait pas référence… Ne cherchez pas, par exemple, à importer un Beauceron ou un Cao de Serra de Aires, ces deux races bergères ne sont pas encore reconnues par le Kennel Club. De même, dans certaines races où les Britanniques étaient renommés, comme par exemple, l’Afghan et le Saluki, il est fortement conseillé de se tourner vers l’Europe, l’Australie ou les pays scandinaves dont les meilleurs chiens surclassent la crème de l’élevage britannique.