Eric Dupont ne partageait pas l’attrait de son épouse pour le Scottish Fold mais Katy a tellement insisté qu’après l’acquisition de deux Britishs Longhair, deux jeunes sœurs aux oreilles pliées en casquette ont rejoint le foyer. Et elles ont fait l’unanimité !
Leur élevage familial, la Chatterie des Arrazi, doit son nom aux tapisseries de lisse dont Arras était le principal producteur au Moyen-âge. Arras, préfecture du Pas-de-Calais, 40 000 habitants, est située dans la région de l'Artois, à 175 km au nord de Paris. Pour Aniwa, Katy retrace l’histoire de leur chatterie.
Juste quelques mois. Après la disparition de notre chatte de gouttière, nous avions envisagé de prendre un chat de race, un seul. Comme Eric, mon mari n’était pas, contrairement à moi, attiré par le Scottish Fold, nous avons finalement opté pour un British Longhair. En janvier 2000, nous avons acheté Punch Coco à la robe lilac point, en Guadeloupe. L’éleveuse était tellement passionnée par ce qu’elle faisait qu’elle nous a donné envie d’avoir éventuellement un petit élevage plus tard.
Or, dès le mois de juin suivant, nous avons fait l’acquisition de Rivka, la copine de Punch Coco, une British Longhair silver shaded. Puis, mon mari a accepté d’avoir un Scottish Fold, et nous sommes allés chercher une femelle écaille et blanc dans un élevage belge. Mais comme sa sœur Highland Fold (ndlr : Scottish Fold Longhair) m’a sauté sur les genoux et y est restée pendant une heure et demi, nous avons décidé de repartir avec les deux chattes.
Nous avons d’abord marié les deux Britishs qui ont eu trois bébés en 2001. Puis, nous avons envisagé de faire reproduire une des deux femelles Fold. Nous avons acheté Shakespeare, un autre mâle British, cette fois shorthair et de couleur bleu. Il a fait une première saillie avec Rivka qui a eu 4 bébés Britishs en juillet 2002, puis nous l’avons marié à la Scottish Rhapsodie. 5 bébés sont nés en septembre 2002 : trois Britishs et deux Scottishs Fold, dont une est restée chez nous.
Il s’agit de Tamara et c’est notre petite merveille. Elle est écaille et blanc comme sa maman, mais elle se rapproche beaucoup plus du standard, elle a le corps beaucoup plus cobby, la tête plus ronde et nous avons eu la chance qu’elle ait non pas une simple mais une double pliure au niveau des oreilles. Elle est très prometteuse pour les expositions. D’ores et déjà elle a été classée 2e sur 18 sujets le 9 mars 2003 dans une spéciale, à Ath en Belgique, et 3e sur 12 chats lors de la spéciale à Arras, le 22 juin 2003.
Absolument, mais elle ne sera pas saillie avant fin 2003-début 2004. Nous voulons d’abord qu’elle obtienne le maximum de titres et récompenses en expositions (en se limitant à un concours par mois) parce qu’il faut savoir que lorsque les femelles Scottishs sont en gestation, leurs oreilles remontent et, en ce qui concerne Tamara, la double pliure de ses oreilles risque de disparaître pour une simple pliure. En attendant, nous pensons déjà au futur étalon. Pour l’instant, nous avons repéré un British Shorthair chocolat et un British Shorthair crème et blanc. D’autre part, nous espérons que Rivka, notre British Longhair silver shaded qui vient d’être saillie dans une autre chatterie par un mâle Highland Fold bleu, donnera naissance à des Highlands colourpoint, car c’est une couleur que nous aimerions développer.
Il faut vraiment être passionné car Scottish Fold et Highland Fold sont très difficiles à élever. En France, notamment, les mariages doivent se faire avec des Britishs pour éviter les problèmes de cartilages. Pour une femelle Scottish ou Highland, l’idéal est aussi d’attendre d’un an à dix-huit mois avant de lui faire faire une nouvelle portée. D’autre part, comme parmi les bébés, il y a des sujets à oreilles droites, il faut que ces chatons aient un minimum de 18 Britishs dans leurs ascendants pour qu’ils aient un pedigree de British.
Soit le public est subjugué par le Scottish, soit il déteste ses oreilles. Mais, on constate une attirance croissante. A tel point que pour 2003, nous avons dénombré au moins 5 spéciales Scottish-Highland organisées dans le cadre d’expositions françaises et belges, contre deux l’an dernier.
Oui, nous faisons partie du Club Européen du Scottish Fold et du Highland Fold qui rassemble plus d’une vingtaine d’éleveurs belges, français, suisses et italiens et nous sommes très soudés pour défendre la race.
Notre élevage est familial et nous tenons à ce qu’il le reste. Les chats vivent avec nous et nous nous limiterons toujours à une ou deux portées par an. Nous faisons en sorte que nos bébés aient de bons maîtres et nous n’incitons pas ceux-ci à participer à des expositions. Nous préférons par ailleurs qu’ils les fassent « neutrer » et qu’ils soient pour eux des chats de compagnie. La publicité de notre chatterie, nous l’organisons nous-mêmes en participant aux concours avec les chats que nous gardons.