L'Agility a trouvé en lui un vaillant défenseur. Homme d'affaires, passionné de chiens depuis fort longtemps et habitué des clubs d'éducation, il a été très tôt séduit par l'esprit de cette nouvelle discipline pour la reconnaissance de laquelle il a œuvré avec succès.
En vingt ans, que de progrès accomplis ! C'est en pratiquant les terrains de dressage avec son Groenendael, à la fin des années soixante-dix, que Jean-Paul Petitdidier prit la mesure du réel problème posé par les chiens qui n’étaient pas doués pour le mordant, la discipline reine. D’autant plus que l'éducation canine peut revêtir de multiples facettes ! Lorsqu'il assista aux premières démonstrations d'agility, une activité qui -schématiquement- peut être assimilée à un parcours de saut d'obstacles comme en équitation, il fut enthousiasmé. Cette discipline à la fois ludique et sportive exige en effet une parfaite obéissance et une réelle complicité entre le maître et le chien. De là lui vint l’envie d'œuvrer pour la reconnaissance officielle de ce nouveau sport.
Dès lors, il travaille sur une proposition de règlement "agility", prévoyant dès le départ un championnat de France et des championnats régionaux. La CUN (commission d'utilisation nationale) de la Société Centrale Canine, puis le comité de la S.C.C. valident en 1987 et acceptent même que cette nouvelle discipline soit ouverte à des chiens "non LOF", une grande nouveauté ! La SCC crée une sous-commission agility, que présidera naturellement Jean-Paul Petitdidier. C'est le véritable départ de cette grande aventure.Un voyage d'étude en Angleterre, sous la houlette du célèbre Peter Lewis, de John Mainsfield ou de John Varley, des pionniers de l'agility en Grande-Bretagne, permet de former les premiers juges. Le règlement de l'agility tricolore est adopté le premier janvier 1988 et le développement de la discipline doit beaucoup au soutien actif de Royal Canin. Les premiers Masters France Royal Canin voient le jour la même année et le premier championnat de France a lieu en 1989. En région, ce sont près de quatre-vingt concours qui sont organisés dès la première année. Ils comportent des épreuves sélectives réservées aux chiens LOF, et d'autres ouvertes à tous. Aujourd'hui, l'agility est une discipline parfaitement structurée et la Commission Nationale d'Education et d'Agility (CNEA) est bien rodée ! Il existe un conseiller technique régional dans chaque Canine et de nombreux juges. Ainsi, l'année dernière, 545 concours ont été organisés indépendamment du Grand Prix de France de la SCC et des Masters France Royal Canin.
Dès 1992, sur les conseils de Peter Lewis, Jean-Paul Petitdidier propose une reconnaissance internationale de la discipline. Tout en précisant que la discipline ne vise pas à devenir une épreuve sélective de race, il convainc le président de la FCI, Hans Müller. « Tout d'abord, nous y aurions perdu beaucoup d'autonomie, explique-t-il, mais de toute façon il n'aurait pas été réaliste de permettre à un chien de chasse qui a peur du coup de fusil, par exemple, d'accéder à la classe Travail au prétexte qu'il pratique l'agility ! » Une commission provisoire lui est proposée. Trois mois après, le programme agility rassemble 7 pays (28 aujourd'hui) et travaille sur l'organisation d'un championnat du monde. Ainsi la grande aventure s’internationalise. On crée même un mot nouveau : "agilististe" qui désigne désormais les adeptes de la discipline.
Dans le petit monde des clubs canins, l'arrivée de l’agility prête à sourire. Les habitués du ring et des disciplines plus "viriles" voient les clubs installer des parcours d'obstacles et de nouvelles races de chiens arriver sur les terrains… Mais très rapidement, il devient évident que la discipline présente un réel intérêt sur le plan de l'éducation du chien, et attire un nouveau public. Jean-Paul Petitdidier se souvient avec humour des propriétaires de Malinois venus faire du ring, et attendre la fermeture du club pour s'essayer sur quelques obstacles. Ce qui ne s’est pas aussi simple, même avec un chien rompu à des disciplines où l'obéissance est de mise. L'agility connaît donc un succès croissant. A ce jour, ce sont pas moins de 6000 chiens qui possèdent leur licence, chiffre auquel il faut ajouter les quelque 640 cartes de conducteurs délivrées lorsqu'un même chien est entraîné par deux personnes. On compte également près de 150 jeunes de moins de quinze ans, qui ont d'ailleurs leur championnat de France autonome. L'intérêt des jeunes pour l'agility est indéniable. Jean-Paul Petitdidier estime que : « La dimension éducative est plus importante qu'on ne pourrait l'imaginer au premier abord. Les jeunes sont responsables, apprennent à éduquer un chien et à respecter un règlement. Les jeunes agilitistes sont des enfants équilibrés », se réjouit-il.
Parmi les adeptes, on trouve aussi une forte proportion de femmes, 55 % des licences en 2000, et ce chiffre augmente encore. « C'est lié au fait que les femmes ont souvent une meilleure perception de l'éducation canine ». Mais la discipline est ouverte à tous les maîtres et à tous les chiens. On dénombre 172 races concernées! Et toujours dans un bon état d'esprit. Chacun pratique à son niveau. Les quelques 150 agilitistes dont les champions sont titulaires de leur brevet 3e degré (le plus haut niveau) cohabitent parfaitement avec tous ceux qui pratiquent avant tout pour s'amuser avec leur chien. Compétition ou pas, peu importe, il n'est pas question d’élitisme !
Depuis qu'il s'intéresse à la cynophilie, Jean-Paul Petitdidier a toujours souhaité travailler main dans la main avec les structures officielles. D'abord impliqué au sein d'un club, président de la Commission nationale, puis internationale d'agility, il gagne peu à peu les plus hautes sphères de la cynophilie officielle. Parmi ses titres, figurent également ceux de président de la Société canine du Bas-Rhin avec une manifestation phare tous les deux ans, l’internationale de Strasbourg, et de vice-président de la Société centrale canine ! Quand on lui demande comment il arrive à gérer autant de responsabilités, en plus de son métier prenant, la réponse est simple : « Il suffit de s'organiser, de s'entourer de gens compétents et de savoir déléguer ! ».Le chien donc, il connaît. Il s'en préoccupe d'ailleurs sans pratiquer la langue de bois. « Il faut sortir de la Tour d'Ivoire de la Cynophilie et s'inquiéter de la place du chien dans la ville », explique-t-il. Motivé par cette nécessaire formation du public, il contribue depuis quelques années à la mise en œuvre d'actions de sensibilisation et d'initiation à l'éducation canine. D'abord testés à Paris, sur trois sites, « Les rendez-vous du samedi matin » permettent aux maîtres de venir passer un Test d'Aptitude à l'Education Sociale du chien. Ils sont désormais proposés en province, avec le concours des clubs. Le public est très demandeur et vient chercher des réponses à des problèmes concrets . 95 % de leurs difficultés trouvent une solution rapide. Il suffisait d'y penser !
Les clubs sont également aidés pour former des éducateurs : aujourd'hui, 4000 personnes sont titulaires d'un brevet. De plus, conséquence de la loi du 6 janvier 1999, un cursus de formation assez intéressant, homologué par la CNEA en liaison avec la CUN, a été mis en place. Ainsi, le stage 1er degré de moniteur d'éducation canine est devenu un tronc commun. Les candidats peuvent ensuite se perfectionner pour le dressage au mordant (le certificat de capacité est obligatoire pour ceux qui veulent entraîner à cette discipline) ou pour le 2e degré d'éducation. Cette dernière formation, animée par des vétérinaires, des comportementalistes et des spécialistes du chien, a été homologuée comme équivalence pour le certificat de capacité à l'élevage canin.
Cette mission de formation et d'information est l'une des priorités de Jean Paul Petitdidier. La mise en place du site Internet (www.cnea.net) en est une illustration concrète. Si l'agility vous tente, si vous cherchez un club canin proche de chez vous, ou si vous souhaitez discuter avec des passionnés, vous y trouverez votre bonheur. Mais le plus simple est encore de venir découvrir sur le terrain le travail de la CNEA. Et pourquoi pas se laisser prendre au jeu ?