Le Club de l'Epagneul Breton fait rarement la Une de la presse spécialisée. Et pourtant, Léon Le Louet, qui le dirige depuis une trentaine d'années, a de quoi être satisfait. Le club tourne, la race se porte bien… Aucune ombre au tableau. Alors, les Armoricains ont-ils une recette magique ?
Léon Le Louet : On peut dire qu'elle se porte bien. Les naissances sont stables depuis quelques années, avec un nombre d'inscriptions au LOF de plus de 5000 chiens par an. L'Epagneul Breton reste l'un des chiens de chasse préféré des Français et il connaît également un réel succès dans les autres pays. Mais il ne concerne pas que les chasseurs. C'est aussi un chien de famille très apprécié.
C'est probablement grâce à sa polyvalence. Le Breton est bon dans tous les domaines. Mais on peut aussi lui reconnaître ses qualités physiques et son bon tempérament. Par ailleurs, les acquéreurs sont attirés par son gabarit réduit, qui contribue aussi à en faire un chien facile à vivre.
Son public est très diversifié. Il y a les chasseurs, en premier lieu, mais on ne peut pas vraiment définir le profil type de l'acquéreur d'Epagneul Breton. On le voit plus souvent à la campagne qu'en ville. Il répond bien aux attentes de gens sportifs, actifs, mais il peut aussi mener une vie plus tranquille auprès de personnes âgées. Il s'adapte à tous.
Bien sûr, qu'il soit conforme au standard de la race. Mais il faut également qu'il présente toutes les qualités au niveau du caractère. C'est pour cela que nous incitons les propriétaires à faire passer le Test d'Aptitudes Naturelles (TAN). Il n'est pas très difficile et nécessite juste un peu d'éducation. Le TAN se passe avant l'âge de trois ans. On vérifie ses aptitudes de chasseur (il doit marquer naturellement l'arrêt), que ses allures sont bien dans le style de la race, et bien sûr sa sociabilité.
Quand on parle de l'Epagneul Breton, on parle de chien de race. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a environ trois fois plus de chiens qui ne disposent pas de papiers officiels. Trop peu de gens prennent la peine de présenter leur chien à la confirmation pour qu'il obtienne son pedigree définitif.
Sans doute les propriétaires d'Epagneuls Bretons sont-ils plus individualistes que ceux que l'on rencontre pour des races "amies". Il y a moins d'ambition sportive. Par exemple, on trouve nettement moins de trialers chez les amateurs de Breton que chez le Setter ou le Braque. Pour la confirmation, c'est pareil. Même si les gens prennent la peine d'acheter un chien issu de parents « avec pedigree », ils ne comprennent pas toujours l'intérêt de faire confirmer leur chien LOF. Ils sont satisfaits avec leur compagnon, et ça leur suffit.
Très bien ! Nous comptons plus de 3000 adhérents, ce qui est loin d'être négligeable. Bien sûr, comme ailleurs, nous observons un taux de renouvellement de l'ordre de 25 %. Des gens vont adhérer au moment de l'acquisition du chien et ne renouvellent pas ensuite. Ils sont remplacés par de nouveaux venus. Mais pas moyen d’y remédier. La Nationale d'Elevage est un moment fort. Cette année, à Sept-Monts, nous avons rassemblé 280 chiens, un chiffre qui augmente d'année en année. Mais nous avons eu aussi la satisfaction de réunir 14 lots d'élevage et notre manifestation a rassemblé de nombreux étrangers venus de la plupart des pays européens. Seuls les Anglais manquent à l'appel. Même si la quarantaine est officiellement supprimée, il reste difficile de traverser la Manche avec son chien.
En tant que représentants du pays détenteur du standard, nous avons une grande responsabilité. La dernière version du standard de race est plus précise et a reçu un bon accueil des autres pays. Y compris des Etats-Unis avec qui nous avons eu quelques difficultés dans le passé. Aujourd'hui, il existe une association internationale de l'Epagneul Breton qui permet à chacun de se retrouver et de préparer l'avenir de notre race. Mais la France, au travers de son Club, joue un rôle prépondérant.