Vous l'avez certainement croisé au détour d'une exposition canine ou d'un terrain d'utilisation car depuis plus de trente ans André Varlet consacre sa vie à la cynophilie. En rejoignant l'équipe dirigeante de la Société Centrale Canine, il devient Monsieur Cynotechnie en France. L'occasion de faire davantage connaissance.
L'histoire d'André commence dans le Nord où, grâce à quelques rencontres providentielles, il va découvrir le chien de race, lui qui jusqu'à présent possédait juste un sympathique "bâtard de Spitz". L'homme qui guide ses premiers pas de cynophile aime le Samoyède, le Montagne des Pyrénées et le Barzoï… André va apprendre à les connaître et se procure son premier chien de race… un Barzoï.
A l'occasion d'une balade en vélo, il tombe sur une démonstration du Club de Chien de Défense d'Avion. On cherche un volontaire pour jouer l'homme d'attaque… André se lance. La discipline le captive, il se met alors à fréquenter assidûment les clubs de travail. En 1968, il participe à la création du Club du Chien de Défense de Sallaumines, près de Lens. André se rend bien vite compte que le Barzoï n'est pas le plus adapté à cette discipline. Après avoir essayé avec le Samoyède ou le Pyrénées sans plus de succès, il propose aux habitants de son quartier d'emmener leurs chiens au club pour leur apprendre les rudiments d'éducation. Le moyen de se faire la main sur des Bergers Allemands, Belges ou sur l'Airedale !
André Varlet aura la chance de rencontrer et de sympathiser avec d'éminents personnages du monde cynophile. Ce n'est pas un hasard : quiconque l'a déjà croisé connaît sa grande convivialité. Et ce n'est pas sans émotion qu'il évoque Léon Détailleur, ancien mineur devenu un éleveur exceptionnel et si investi dans le milieu du chien de travail qu'il est l'un des pères des protocoles de dressage moderne. Léon va lui transmettre l'amour du Berger Belge Malinois. Dans le milieu des expositions, ce sera également la rencontre de Paul Dhetz, le secrétaire de la Canine de Picardie, ou encore de Raymond Triquet, l'homme du Dogue de Bordeaux et traducteur officiel pour la Fédération Cynologique Internationale. En discutant avec André, on se rend bien compte qu'il pourrait encore citer des dizaines d'amis du chien qui ont tous su l'aider et le conseiller alors qu'il n'était encore qu'un gamin… Il en garde visiblement un souvenir ému et s'efforce à son tour d'aider les jeunes passionnés qu'il rencontre en exposition.
La passion du chien est si grande qu'André Varlet décide d'en faire un métier. Il choisit donc d'intégrer l'Armée, et plus exactement le Centre d'Instruction et de Formation Vétérinaire (CIFV) à Compiègne, pour devenir cynotechnicien militaire. L'endroit est en fait idéal pour lui : nulle part ailleurs on ne peut trouver un plus grand intérêt pour le dressage du chien, avec autant de disciplines et autant de races. Pendant quinze ans, il va instruire des cadres de l'armée au dressage, ce qui fait d'ailleurs qu'il connaît aujourd'hui bon nombre de responsables cynotechniques dans les diverses institutions qui utilisent le chien de travail !
Parallèlement à cette carrière militaire, André s'investit également beaucoup dans le milieu associatif. Il participe à l'organisation de colloques, intègre les Canines régionales. A cette époque, c'est aussi l'organisation, avec le dresseur Michel Roland et l'éleveur Luc Vansteenbrugge, d'une Rencontre Internationale du Chien d'Utilité. Des réflexions sur l'homogénéisation des programmes de travail qui vont aboutir à la mise en œuvre du Mondioring.
En 1989, André Varlet va relever un nouveau challenge. Il intègre la Mairie de Paris pour mettre en place une unité cynophile chargée de surveiller le patrimoine de la ville. Elle est aujourd'hui constituée de 50 maîtres-chiens. Il va également participer, en liaison avec Jean-Michel Michaux, aux réflexions naissantes sur l'insertion du chien dans le tissu urbain.
Déjà impliqué au sein du club du Berger Belge, dont il est aujourd'hui le vice-président et où il a participé à la mise en place de la commission d'utilité, il est également un membre actif de la Société Centrale Canine d'Île-de-France. Un parcours classique, explique-t-il, qui le conduit à intégrer le comité, pour finalement être élu président en 1995. Le dynamisme d'André Varlet porte ses fruits, la SCIF est en effet une organisation active qui œuvre réellement pour le chien de race, tant dans le domaine de la Beauté que dans celui du chien de Travail. L'exposition internationale qui devient le Paris Dog Show, parfaitement organisée dans les locaux du Parc Floral de Vincennes, ou encore le championnat de France de travail pratique en campagne à Bois-le-Roi ne sont que deux exemples parmi d'autres, significatifs de sa volonté de faire venir le public à la rencontre du chien.
On connaît la passion d'André pour le Berger Belge Malinois. D'ailleurs, il s'implique largement dans l'élevage de Marie-France, son épouse. La Terre Aimée, compte quelques champions à son actif ! On peut citer Hulan de la Terre Aimée, Malinois champion National de travail en ring, ou encore Jéronimo de la Terre Aimée, Teckel à Poil Dur champion international de travail (un fameux tueur de renard !). Car il est loin d'être un monomaniaque : il possède toujours un équipage de teckel pour le déterrage, chasse avec des Springers ou des Setters. Quand on demande à André Varlet comment il trouve le temps pour toutes ces activités, il répond que c'est juste une question d'organisation. Son implication dans le milieu associatif est pour lui indispensable : « Je me suis rendu compte qu'il existait dans le milieu du chien des esprits brillants et novateurs, dont les propositions pouvaient parfois être bridées par les institutions. C'est en toute logique que je me suis investi pour défendre mes idées en matière de méthode ou d'organisation ».
Dans la continuité logique de sa carrière, savamment organisée autour du chien, André Varlet vient de rejoindre la Société Centrale Canine en tant que Directeur de la Cynotechnie. Il n'hésite d'ailleurs pas à abandonner ses mandats de Président de la SCIF et de membre du comité de la SCC. L'enjeu est de taille, le Président Renaud Buche a entrepris avec les membres de son comité une rénovation de la vénérable institution pour l'adapter aux contraintes actuelles. Au titre de ses nouvelles fonctions, la gestion du chien LOF et de son élevage. Avec comme préoccupation la défense des intérêts d'une cynophilie française et un rôle plus actif au sein de la Fédération Cynologique Internationale. Il fallait bien un homme proche du terrain de la trempe d'André Varlet pour cette mission de confiance !