Christine Anderson Smith élève des Lévriers Afghans depuis 1967. D’Australie, sa vie l’a conduite à s’installer aux Etats Unis. Plus de 40 champions sont sortis de sa sélection Aries installée aujourd’hui près de Boston. Elle a accepté de nous raconter l’histoire de sa passion.
« Si j’ai envie de vous raconter cette histoire, c’est que je pense qu’il est important de parler des nombreux éleveurs qui, comme moi, consacrent une grande partie de leur temps et de leurs moyens à essayer d’élever pour le bien et l’évolution d’une race. Certains d’entre nous perdent même de l’argent en vendant ou en donnant leurs meilleurs chiens, sachant qu’il est important d’encourager les débutants en leur offrant la chance de posséder un excellent chien.
J’ai travaillé avec plusieurs lignées et j’ai grandement admiré plusieurs versions de l’Afghan tel que nous le connaissons. Selon moi, il n’existe pas un seul type correct d’Afghan : un bel Afghan aura certainement plusieurs lignées dans son pool génétique, et cela me semble parfaitement légitime. Je suis d’accord avec Richard Souza quand celui-ci dit qu’un Afghan doit avoir l’air de pouvoir chasser du gibier dans un terrain difficile. Et selon qu’il s’agit d’un terrain montagneux ou plat, il existera plusieurs types d’Afghans. En tant qu’éleveur, ma philosophie consiste à vouloir préserver les individus majestueux qui existent dans la race. C’est ce que j’essaie de faire en incorporant des chiens magnifiques dans mes lignées, pour aboutir à des pedigrees comprenant plusieurs reproducteurs reconnus pour leurs qualités. En conclusion à cette introduction, je dirai qu’il est alors très important de savoir si les différents ingrédients sont compatibles avant de vouloir les mélanger.
Au début, il y eut Khaser Shih K’ai. A 21 ans, je commençai à devenir obsédée par l’idée d’avoir mon Lévrier Afghan. Je trouvai mon chien de départ grâce à une petite annonce dans un journal. Yama avait été élevé par Victorine Szomanski. Elle me l’avait vendu, d’après ce que j’ai su plus tard, à cause de sa couleur rouge et de son masque noir. Yama avait des yeux dorés, ce que je n’ai jamais retrouvé dans la race. Après avoir totalement ruiné sa robe à cause de mon ignorance, j’emmenai Yama à une exposition canine, et je me rendis très vite compte qu’il n’était pas fait pour la compétition, et pas seulement à cause de son mauvais poil. Je réalisai aussi qu’il n’y avait que très peu de chance pour qu’on vende un bon chien à un débutant. Je décidai donc d’élever mes propres champions, me lançant dans le projet corps et âme et contre l’avis de tous mes proches à cette époque. Je partis de cette évidence : Yama avait un mauvais poil, cotonneux. J’achetai donc à Phillip Mulhall une femelle avec un masque noir et un poil fantastique, que je fis reproduire plus tard avec Yama. Dans cette portée il y eut Aries Picketty Witch, la mère de mon premier Best In Show, Aries Pentagram. Le père de Pentagram était un chien importé, un descendant de Ophaal of Crown Crest. En dépit de ma relative inexpérience, j’emmenai Pentagram vers de nombreuses victoires en expositions ; il fut même sacré Meilleur Puppy du jour lors d’une exposition à Sidney, sous les jugements de Hans Lehtinen. Plus tard, je louai à mon amie Margaret Muir, Woofghan Biridja, la grand-mère de Mazari of Carloway, que je fis reproduire avec Pentagram. De cette union naquit Ch Aries in Copper, la mère de cinq futurs BIS individuels, en deux portées. Parmi ces BIS, citons Aust. Ch Aries Acacia et American Ch Aries Southern Cross. Acacia fut la mère du très beau BIS Champion Calahorra in Cahoots.
A l’époque à laquelle j’exposai Pentagram, je pris contact avec Terry Wilcox. Il venait d’importer un mâle de Grande-Bretagne et il me suggéra de lui rendre visite pour voir son chien avant de le réserver pour une saillie. C’est comme ça que je vis le remarquable fils de Coastwind Holyman, le Champion Alaqadar de Fauves. Cette rencontre marque ma conversion à la lignée de Old Coastwind. Finalement, je n’utilisai pas le chien anglais, mais je louai pour saillie une de ses sœurs, Alaqadar Chardin, que je fis reproduire avec un des fils de Holyman, le BIS Aust. Ch Dzum Darktown Strutter, et qui me donna la très belle femelle domino BIS Aust. Ch Aries Gay Abandon.
A cette époque, j’étais (et je suis encore) toiletteuse canine. Un jour que je toilettai une femelle Afghan noire pour un client, je me rendis compte qu’elle était absolument remarquable et qu’elle possédait de nombreuses qualités primordiales à la race. Je demandai donc à ses propriétaires si je pouvais leur louer, car je voulais absolument utiliser Ch Quom Star Spangl’d Banner, un petit-fils de Holyman. De cette portée naquit deux sœurs BIS, Ch Aries Blonds Havmor Fun, et Ch Aries My Stars. Mon projet était de rassembler un petit nombre de femelles remarquables et d’importer un chien de la lignée Coastwind afin de le faire reproduire avec toutes ces femelles et de créer ainsi le type Aries. Je pris alors contact avec Kabik, qui possédait à cette époque Coastwind Ultra Violet, Coastwind Celebration et un fils de Coastwind Abraxas.