En pénétrant dans l'enceinte d'une exposition féline, le visiteur néophyte aura ainsi le plaisir d'admirer de beaux chats de race dont certains seront jugés et récompensés à la vue et aux applaudissements de tous les participants. Mais qu'ont-ils ces chats que l'on déclare " Meilleurs de race " ou " Meilleurs de l'exposition " ? La clé du mystère réside dans un seul mot : le standard.
Alors, qu’est-ce qu’un standard ? C’est la description précise et complète de ce que doit être un chat parfait pour une race donnée. Cette description idéale est composée d’une échelle de points où toutes les parties du chat, y compris la fourrure et la couleur se voient attribuer des points et d’une autre partie rédigée, descriptive.
Les points permettent d’évaluer l’importance d’une qualité ou d’un défaut et de les relativiser. Ainsi le standard du Bengal prévoit 40 points pour la couleur et le dessin de la robe tandis que les mêmes critères appliqués au Rex Cornish ne retiendront que 10 points : on comprend d’emblée que la couleur chez le Bengal est d’une importance primordiale. Si les points du standard sont une valeur brute qui permet de fixer un cadre, la description permet de visualiser ce que doit être une race. Le Persan a une tête ronde, un corps massif et une fourrure longue et soyeuse. L’Oriental a une tête triangulaire, un corps longiligne et une fourrure courte et serrée. Sans avoir les chats sous les yeux, un bon standard doit permettre à celui qui le lit d’imaginer de manière très précise à quoi doit ressembler telle ou telle race.
Outre cette description du chat parfait, le standard rappelle en exergue les défauts à éviter pour chaque race. Cette partie est un négatif de ce que l’on recherche chez un chat de race. Certains défauts sont spécifiques à la race décrite, d’autres sont communs à toutes les races : un manque de condition ou un mauvais caractère sont toujours pénalisés par le standard.
Pour celui qui recherche un chat d’apparence de race pour avoir un chat de compagnie agréable à vivre et à regarder, le standard ne sert pas à grand chose. En revanche, pour tous ceux qui élèvent et sélectionnent des chats de race, le standard est la base de tout.
L’éleveur de chat est un démiurge qui tente de soumettre la nature à sa volonté pour tendre vers un idéal décrit par … le standard. Dans cette quête de la perfection la nature se défend bien et il faut énormément de persévérance pour tendre au but fixer. Le standard permet à l’éleveur de ne pas perdre son objectif de vue. Pour lui, c’est un guide.
La sélection des chats de race passe par les expositions félines. Les concours de rapport de souris et les courses de chats n’étant pas encore très au point, les expositions sont uniquement un concours de beauté. Les chats sont examinés par des juges dont la formation les qualifie pour qu’ils puissent déterminer le plus beau chat dans une race. Sur quels critères ? Ceux décrits par le standard. Le standard est le bréviaire du juge qui s’y rapporte constamment. Il n’y a guère de fantaisie dans la manière de juger : le meilleur chat est celui qui se rapproche le plus du standard de sa race. Les critères subjectifs existent, mais ils ne servent qu’à séparer des animaux très proches les uns des autres et ils n’interviennent qu’en dernier lieu.