Si les petites phrases du « Cavaliere » Berlusconi font régulièrement la Une des médias, l’ordonnance anti-chiens que vient de présenter le ministre de la santé italien le 15 septembre dernier, est curieusement passée sous silence… Pourtant des centaines de milliers de foyers italiens sont concernés !
Qui va piano va sano…ou plus précisément, comment un pays comme l’Italie pond un texte répressif visant une centaine de races canines reconnues sans tenir compte des erreurs et de l’expérience acquise en la matière par ses voisins européens…
C’est pourtant ce que vient de faire le ministre italien de la santé, Girolamo Sirchia, qui n’y est pas allé « de main morte ». L’Ordonnance qu’il vient de publier (voir ci-après) – et qui entrera en vigueur le 9 septembre 2004 respectant ainsi le délai d’un an après publication – se base sur des accidents provoqués par des Pit Bulls (16 000 sujets seraient recensés en Italie). Mais alors pourquoi avoir étendu la portée de son texte aux races des Groupes I et II en les assimilant de facto à des chiens potentiellement dangereux ?
Si le Welsh Corgi, l’Affenpinscher ou le Bouvier Bernois sont considérés comme tels, franchement, les cynophiles italiens ont de quoi s’inquiéter… Quand on examine les statistiques de naissances publiées par l’ENCI, rien que dans le Top 30, Berger Allemand en tête avec plus de 25000 naissances déclarées chaque année, la plupart des races sont concernées. Précisons que des races comme l’American Staffordshire Terrier ou l’English Staffordshire Terrier, habituellement au cœur des législations répressives, ne font pas partie des races visées…
L’Ente nazionale cinofilia italiana a vigoureusement réagi au texte listant nommément près d’une centaine de races répertoriées dans son livre des origines. Les mesures immédiates visent à interdire aux mineurs (personnes de moins de 18 ans) et aux délinquants le droit de posséder l’une des races des Groupes I et II. D’autres obligations figurent au programme : muselière, assurance responsabilité civile, etc.
Le responsable délégué de l’ENCI, Sergio Berlato, stipule à ce sujet « qu’il est inconcevable que des races sélectionnées depuis des générations sur l’équilibre comportemental puissent être indexées dans des listes de chiens potentiellement dangereux ». Selon lui, la portée du texte du ministère de la santé risque de provoquer de sérieux problèmes économiques et moraux dans l’élevage canin italien, alors que ces éleveurs sous la conduite de l’ENCI s’évertuent à sélectionner des chiens stables et faciles à éduquer.
Autre prise de position, celle du Dr Pezzano, « ponte » de la sélection du Dobermann en Italie qui explique : « Il est nécessaire de se rappeler que les éleveurs de races canines reconnues par l’ENCI sont constamment contrôlés par la Société Canine italienne et les chiots qu’ils vendent sont examinés par des experts avant d’être inscrits au LOI. De plus, dans leur grande majorité, les femelles autorisées à reproduire doivent au préalable avoir passé des tests garantissant un comportement docile et un bon caractère ».
Souhaitons que le ministre Girolamo Serchia puisse également passer ces tests et que son ordonnance ne quitte pas le tiroir dans lequel elle est archivée…